12 mai 2008
Le défi aux Fanes - 3
Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue...
Aujourd'hui, ce sont les Fanes au grand complet qui se livrent à l'exercice et vous offrent un kaléidoscope de points de vue sur le 3e épisode du feuilleton "Joyeux anniversaire, Georges !"...
Absolument pas comme tous les matins, et au contraire comme bien rarement, je fus sortie, dans un beau déroulé de soie, de mon tiroir. Ce n'est certes pas souvent que je vois la lumière du jour, mais les doigts de mon porteur, bien que légèrement tremblants, n'eurent pas de difficulté à me mettre en place comme il se doit.
Ah, quel beau noeud il a fait là ! Et la veste est assortie, que c'est classe. Dans l'univers de la mode il est si rare de croiser des gens ayant si bon goût. Je n'ai jamais eu à regretter d'avoir ce porteur.
Quelle cérémonie vais-je ainsi orner ?
Étonnamment, rien de bien officiel ne se profile. C'est face à une femme, dans une tenue bien négligée (le style se perd, c'est terrible), que je fais apparition. (Une cravate)
Tous les matins, Solange Verdier se plante quinze minutes avant le début de la classe à l’entrée de l’école, d’où elle décoche aux parents d’élèves un signe de tête énergique. Parfois elle se plaît à arrêter l’un d’eux et à commenter d’une voix forte les exploits de son rejeton. C’est un épisode très redouté au sein des familles car, en cas d’apostrophe, il est difficile de se soustraire à ce bourreau, et la voix claire de l’institutrice, rodée par des années d’enseignement dans des classes bruyantes, domine le brouhaha avec une facilité confondante.
Aussi est-ce avec soulagement que, ce matin du mercredi 19 mars, les parents de Maxime (leader dans l’affaire récente de la bataille d’eau dans les toilettes des garçons), de Sarah (surprise en train de voler les barrettes de sa meilleure amie), de Jérémie (qui éprouve certaines difficultés à apprendre à lire) et de Chloé (que son institutrice qualifie de « véritable chipie ») virent Madame Verdier en grande conversation avec un jeune homme vêtu comme un représentant, que certains reconnurent comme le professeur de l’une des classes de CM2. Elle lui décochait de sa voix claire, entendue si distinctement par tous les parents d’élèves de passage : « Ne recommencez pas ! », comme à un gamin pris en faute. Le gamin n’en menait pas large, dans son beau costume. « Et briffez un peu vos élèves ! » ajoutait-elle du même ton sans réplique. Madame Bégonia (la mère de Sonia) remarqua cependant qu’elle tempérait cet ordre d’un demi-sourire et d’un effleurement encourageant de l’épaule, ce dont aucun parent d’élève n’aurait jamais osé rêver. (Les parents d'élèves)
- T'as vu, il a pas osé la garder.
- Tu m'étonnes. L'a l'air d'un vrai pingouin.
- Chuuut! Taisez-vous sinon on va se faire gronder.
- Toi la chouchou, écrase.
- N'empêche, je suis sûr que ses chaussures lui font mal aux pieds.
- Et t'as vu comme il transpire! Il est peut-être malade? Oh! pourvu qu'il soit malade.
- J'espère que j'irai en répartition chez Mademoiselle Julie.
- T'es fou, avec les nains du CP?
- Pasque tu préfères aller avec les grands chez la mère Solange, peut-être?
- Mais chuuuut!
- Léa, tu vas te faire choper si tu continues à nous crier dessus.
- Ah t'as vu, elle est devenue toute rouge.
(En classe)
« Les enfants, ouvrez votre livre de mathématique à la page 37 et faites-moi les exercices 2 et 3 ».
On entend le bruit des livres qui s’ouvrent puis un silence où l’on perçoit la concentration de vingt-quatre petites têtes blondes, brunes et rousse, qui n'auraient jamais rêvé se voir confier, seules, la résolution d'un problème, avant le 2ème trimestre du CE1, au moins... 24 petites têtes blondes, brunes et rousse moins deux têtes brunes :
Romain : « T’as vu, Jules, la maîtresse on dirait qu’elle rêve… »
Jules : « Il a pas l’air marrant son rêve. »
Et de fait, l’esprit de Julie n’est plus dans la classe de CP3 :
« George n’avait pas l’air mieux ce matin. Je ne sais pas ce qui lui arrive en ce moment… Et ce costume… Son inspection, c’est demain ?!? Et il a fallu que Solange le sermonne encore une fois. Ah, elle n’a vraiment pas de cœur… Et si au moins, elle m’avait laissé lui parler. Mais non ! J’essayerais de lui parler pendant la récréation… »
Soudain l’œil de Julie est attiré par un détail insolite qui la fait sortir de sa torpeur : Romain et Jules sont tous deux en train de tirer l’une des tresses de Chloé qui tente vainement de libérer ses cheveux des mains de ses assaillants.
Julie : « Romain, Jules, au piquet !
Romain : « Au pi… quoi ? »
Julie sent la sueur ruisseler sur son dos. Comment, elle, qui est née après mai 68 et qui en est bien contente d’ailleurs, a-t-elle pu invoquer une telle punition ? L’état de Georges serait-il contagieux ?… (la classe de Julie)
11 mai 2008
Le feuilleton du dimanche : "Matins anachroniques"
Joyeux anniversaire, Georges
par Papistache
Résumé de l’épisode N° 2
Georges démontre scientifiquement qu’un état fébrile a affecté ses perceptions de la veille. A peine commence-t-il à s’en réjouir qu’un concierge saugrenu l’informe que dans moins de vingt-quatre heures l’inspecteur primaire souhaite le jauger, lui ainsi que sa classe. L’instituteur assure tant bien que mal sa classe du matin et disparaît en plein après-midi.
Episode N° 3
Mercredi 19 mars 2008
Costume strict, cravate sombre, joues lisses, Georges se tient au pied des escaliers qui mènent à sa classe. Solange s’entretient avec lui.
— Georges, je n’ai pas signalé l’incident d’hier et je ne compte pas le faire. Je vous couvre. On a plaidé votre cause. Ne recommencez pas !
— Oui, Solange. J’ai paniqué. Vous avez bien fait de m’appeler chez moi. Merci de me laisser cette chance. Je ne me reconnais pas. Pardon !
— Bon, n’en faites pas trop non plus, réplique-t-elle, ne pouvant cependant s’empêcher de remarquer qu’ainsi rasé de près, le bougre a du charme. Ah ! Monsieur l’inspecteur départemental a téléphoné... il projette de vous inspecter jeudi après-midi. Profitez de la matinée pour briffer un peu vos élèves.
— Jeudi ? Mais c’est aujourd’hui que l’inspecteur primaire vient !
— Un mercredi matin ? Ce serait une première. D’où tenez-vous cela ?
— Mais le concierge de l’école...
— Le concierge ? Mais vous m’effrayez mon petit Georges. Un concierge ? Vous pensez que l’Éducation nationale a gagné au loto. Un concierge !
Solange s’éloigne en écartant les bras et en soufflant fort : “Un concierge ! Un concierge !” Elle se retourne et lance : “Oh ! et puis, apprenez que même au début de ma carrière l’appellation inspecteur primaire était déjà tombée en désuétude.” Et se dirigeant vers son bureau, elle ne peut s’empêcher de marmonner : « Et venir en classe habillé comme pour un enterrement ! Non, mais... vivement la retraite… »
Georges comprend soudain le ridicule de sa tenue vestimentaire. Pourvu qu’on ne le voie pas ainsi. Il ôte sa cravate, la roule dans sa poche et il quitte sa veste pour la porter négligemment sur l’épaule. Il frissonne. En mars, l’air est encore frisquet. Qu’importe ! Les élèves franchissent déjà la grille.
Toute la matinée, l’instituteur essaie de mettre à jour les connaissances de ses élèves. Il a beau savoir que c’est lui qui sera évalué et pas les enfants, il tremble que cet inspecteur n’anticipe sur les projets du Président de la République. La presse ne manque pas de rappeler que les maîtres seront désormais évalués sur les connaissances et progrès de leurs élèves.
— Qui peut me dire en quelle année Clovis est devenu roi des Francs ? Oui…Tristan ?
— Vous avez vu Astérix avec Depardieu, M’sieu ?
Georges surjoue sa réponse :
— Game over, Tristan, essaie encore une fois ! Alors ? Qui le sait ? Léa ? Vas-y !
_ Clovix, M’sieu !
_ Non, Clovis !
_ Clovisse, c’est un coquillage ! On en a ramassés en classe de mer, l’an dernier, à Concarneau.
Il a bien fait de quitter sa veste. La sueur ruisselle le long de son dos. L’inspection sera catastrophique. Il le sent. Cependant, les propos de la directrice ont été clairs, il doit son pardon à la médiation de Julie. Plus de fuite possible, il doit assumer. Assurer sera une autre paire de manches. L’exemple des martyrs chrétiens, dont il a usé, par le passé, pour se motiver, sera-il suffisant ?
à suivre...
09 mai 2008
Le dictionnaire illustré de la SFFF
Point spatio-temporel sur lequel s’intersectent un rêve /un espoir/un projet et la réalité des faits.
L’Enfer, terme générique, est le lieu imaginaire où tous ces points pourraient être rassemblés.
(par ekwerkwe)
Expression résultant de la contraction de « Et qui es-tu donc ? ».
Elle a été popularisée par l’hologramme filmique « Et Zonyva » de Tlim Thmoson en 2567 ajD. Elle est rentrée dans le langage courant et le dictionnaire l’année suivante.
(par InFolio)
1 - (scientif.) Objet céleste formé de gaz à très haute température. Des éléments légers (hydrogène, hélium…) fusionnent en son sein, libérant une quantité énorme d’énergie qui est rayonnée dans l’espace.
Les étoiles sont classifiées en fonction de leur masse et de leur composition chimique selon la théorie unifiée des étoiles (TUE) qui regroupe les théories développées dans différents systèmes de la confédération galactique.
Quelques rares étoiles sont peuplées. On peut citer, Karibbe et Cillàh, dont les habitants entretiennent des relations commerciales avec la confédération galactique.
~ filante : Ce terme désigne deux types de phénomènes.
D’une part, il désigne les étoiles ayant une vitesse de déplacement au travers de l’espace anormalement élevée (par ex : 100 km/s, alors que classiquement cette vitesse se limite à quelque dizaines de km/s).
D’autre part, il désigne des corps massifs se consumant dans une atmosphère oxygénée. De nuit, à la surface de la planète entourée de cette atmosphère, une trainée lumineuse est alors brièvement observée.
2 – (géom.) forme géométrique (pentagramme), composée de 5 branches réparties uniformément autour d’un centre.
Cette forme géométrique est reprise en tant que symbole dans de nombreux domaines.
Dans le domaine militaire, le nombre d’étoiles visibles au front des soldats de la confédération représente le nombre de combats auxquels ils ont pris part. Plus son nombre est élevé, plus leur mérite est reconnu.
Dans le domaine de l’hébergement touristique des humanidés, le nombre d’étoiles augmente avec les services et le luxe proposés dans l’établissement d’accueil. Un même système de notation est mis en place avec des salamandres pour les aquatidés, et des flammes pour les fusionnidés.
En politique et en religion, l’étoile a souvent été employée du fait de sa puissance symbolique.
3 – (biol.) Etoile de mer : espèce aquatique de la Planète Terre. Elle vivait dans un milieu aqueux essentiellement composé d’eau (H2O) et riche en chlorure de sodium (NaCl) appelé mer ou océan. N’ayant pas développé de vie intelligente, et aucune peuplade de la confédération ne lui ayant trouvé d’application commerciale, cette espèce a été éradiquée peu après la prise de contact de la confédération avec la Terre.
4 - (hist.) Guerre des étoiles : grande guerre inter-galactique qui s’est déroulée il y a plusieurs millénaires, opposant les chevaliers psychiques de l’ordre du Jedi aux forces obscures manipulées par les maîtres des Siths. Cette époque fut marquée par de violents combats, de grandes tensions politiques avec l’avènement de l’Empire Galactique (avec l’appui de la fédération du Commerce) en remplacement de l’Ancienne République, Empire lui même remplacé ensuite par la Nouvelle République. Les faits marquants de cette guerre, sont la désintégration de la planète Alderaan par le faisceau installé sur la première Etoile Noire ; la destruction de ladite Etoile Noire, ainsi que du second modèle de cette arme ; et l’épisode guerrier entré dans l’Histoire galactique sous le nom de Guerre des Clones.
(par InFolio)
Petit objet rectangulaire, plan et fragile, d’aspect désuet, sur lequel on peut encore deviner, très délavé, un texte rédigé dans une écriture antique, et un dessin représentant un humain et une sorte de végétal aujourd’hui disparu. Son utilité s’est perdue, les historiens se perdent en conjectures : ticket alimentaire, prospectus de jardinerie…
Lors de la Cérémonie de la Grande Porte d’Or, cet artefact des temps passés fut confié au jeune Roch-1910 en tant que présent-mémoire.
(par InFolio)
1 - n. fém.
Si l’on se réfère aux iconographies d’avant la 4è guerre mondiale, la fossile est un outil utilisé en agriculture par les paysans avant la mécanisation. Cet instrument a également une haute teneur symbolique, autant sur un plan mythologique car il était employé lors de cérémonies par des représentants religieux, que sur un plan politique car il est souvent représenté en jaune sur fond rouge entrecroisé avec un morteau comme symbole de la confrérie de l’Est au 22è siècle.
2 – n. masc.
Prothèse constituée de matériaux organiques employée par les femmes et de plus en plus par les hommes pour donner du volume au système pileux situé juste au-dessus de leurs yeux. Initialement artifice esthétique, le fossile est devenu un élément de confort pour protéger les yeux des rayonnements solaires.
(par InFolio)
* * *
Vous aussi vous avez envie de participer à l'élaboration du dictionnaire
de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique?
Jouez donc avec nous!
08 mai 2008
Le fanzine de Fanes de carottes !
Il y a ceux qui font de longs voyages en train. Ceux qui vont tous les jours au boulot en métro. Ceux qui aiment lire aux toilettes. Ceux dont les yeux se fatiguent vite sur l'écran. Ceux qui n'ont pas envie de lire Voici dans la salle d'attente du dentiste. Ceux qui voudraient faire découvrir Fanes de carottes à leur vieille Mamie dans sa maison de retraite.
Pardon ? Quoi donc ? Où ça ? Vraiment ?
Nous n'y sommes pour rien : l'association "De textes en images" de Vanina et JF nous a proposé d'éditer le fanzine de Fanes de carottes. Et bien sûr, nous avons dit OUI!
Pour retrouver les fichiers pdf téléchargeables des anciens numéros, il vous suffit d'aller fouiller dans les sommaires mensuels, ou dans le sommaire général (catégorie "Comment ça marche?").
07 mai 2008
Taupe et monte-en-l'air - 1
La quête du Graal
Annick Bott
Dans la voiture qui les a amenés par une petite route discrète, ils ont troqué leur tenue de jeune mâle occidental (jeans Lewis, tee-shirt vantant les charmes d’une station de sport d’hiver, baskets), contre un pagne court, pour la fabrication duquel ils ont dû acheter un palmier assez déplumé.
Il a bien fallu en passer par là. Les essais avec des feuillages de chêne, d’érables ou de tilleul s’étaient révélés lamentables. Même les feuilles de vigne, malgré leur réputation et leur usage ancien par les sculpteurs et les censeurs, ne s’étaient pas montrées pratiques.
En complément, des peintures corporelles s’avéraient nécessaires. Le rayon peinture d’une grande surface leur en offrit toute une gamme de couleurs bien violentes et de qualités diverses. Le choix fut difficile. Ils optèrent pour un rouge et un vert particulièrement vifs. Pour la chevelure, des perles, faciles à trouver dans un rayon jouets pour fillettes. Pour les plumes, là, gros problème. Finalement, ils avaient investi dans l’achat d’un coq superbe mais vivant. Leurs mains garderaient longtemps les cicatrices de ses coups de bec. Toutefois, ils avaient réussi à lui emprunter les plus belles rectrices de la queue. Puis ils avaient relâché l’animal, furieux et penaud, en pleine campagne, l’accompagnant de leurs excuses, de leurs prières et vœux de longue vie, confus d’avoir atteint à sa virilité.
Tout cela ne les satisfaisait pas totalement, à leur tenue manquait un élément essentiel : un étui pénien. Aucun matériau disponible au supermarché, rayon bricolage, rayon arts ménagers, ne remplissait les conditions requises. Tuyaux, tubes divers, P.V.C., métal… Trop mou ! Trop rigide ! Trop large ! Trop étroit ! (Aïe!) Trop court ! Trop long ! Et bien encombrant pour se déplacer. Ils avaient dû y renoncer, à leur grand regret.
Maintenant, ainsi vêtus, ils s’avancent vers leur objectif : la petite porte du modeste musée de province. Munis de quelques outils adaptés, ils l’ouvrent rapidement et pénètrent dans un long couloir. Les carrelages glacent leurs pieds nus mais ils marchent courageusement vers la salle d’exposition où ils savent trouver l’objet de leur quête : Talpa Cookii. La taupe de Cook, du nom du célèbre navigateur, qui en 1770, a découvert l’île de Petimathou, où vivait cet animal exceptionnel, totem du peuple de nos deux monte en l’air.
Talpa Cookii, est un petit mammifère de vingt centimètres environ, au pelage gris et ras, aux longues pattes postérieures capables de se détendre comme des ressorts et de la propulser par bonds prodigieux sur la terre ferme.
Cette bestiole était tellement stupide qu’elle se faisait prendre dans les pièges les plus rudimentaires, tels que des filets ouverts fixés en haut des plus grands totems de bois sculpté. Ainsi, on en captura beaucoup car on appréciait sa chair au goût de lapin et sa fourrure très chaude. Une entreprise, basée en Nouvelle-Zélande s’était même spécialisée dans la confection de moufles en peau de Talpa Cookii, moufles achetées massivement par les membres des expéditions polaires.
Résultat, plus aucune taupe de Cook vivante n’avaient plus été observée depuis des décennies.
Le gouvernement tribal de l’île réclamait donc avec vigueur qu’on lui rendît les rares spécimens empaillés conservés dans des musées européens. Ces demandes restées sans réponse, de guerre lasse, les chefs avaient décidé de récupérer, par la force si besoin était, ces animaux sacrés.
Voici donc le but de nos deux visiteurs. S’ils ont revêtu leurs tenues traditionnelles, reconstituées si difficilement, c’est qu’ils se savent investis d’un devoir sacré.
Enfin, ils trouvent la vitrine où se trouve l’objet désiré. Vite, lire les étiquettes. Talpa Cookii, voilà ! Vite, dans le sac ! Course dans le couloir. La voiture. Retour rapide dans leur chambre d’hôtel. D’abord se laver. La peinture est vraiment de bonne qualité. Ils frottent, s’usent la peau. Ils sont presque à vif, mais l’honneur de leur peuple est sauf.
Enfin, ils peuvent prendre le temps de contempler avec vénération le Saint Graal retrouvé. Avec dévotion, ils déchiffrent l’étiquette. Soudain, ils pâlissent. Qu’est-ce qui est écrit en si petite lettres ? « SPECIMEN FEMELLE » Une femelle ! Honte sur nous ! Mission ratée. Les chefs vont être furieux. Une femelle ne saurait être un animal sacré !
Ils se regardent. Une solution s’impose. D’un seul geste, ils jettent l’étiquette à la poubelle.
Depuis le retour de son totem, l’île de Petimathou jouit d’une prospérité inattendue.
06 mai 2008
Le jeu du diclustré - 1
Cri de guerre du peuple Boldos visant à intimider ses ennemis millénaires, les Uxites. Il semblerait que ce terme soit issu de la déformation de « Haro sur les Uxites! ».
(texte Ann Bott, illustration MAP)
1/ v. tr.
agric. Pendre des oignons, des haricots ou autres légumes, et par extension ses ennemis, dans une pièce à laquelle on accède par une trappe (généralement la cave ou le grenier).
2/ se ~ (v. pr.)
Se suspendre à un trapèze porté par un câble tendu entre deux montagnes escarpées, afin de traverser rapidement une gorge sauvage. Ce terme est propre à la planète Sierra – Galaxie Neva-Da.
(Ann Bott)
De “bal” et “layette”.
Sur les colonies lunaires, désigne un bal à la suite duquel les couples formés durant la fête se rencontrent intimement, et inaugurent, neuf mois plus tard, une layette bleue ou rose.
Par extension, ce terme désigne également les filles issues de ces rencontres, les garçons étant désignés sous le terme de balai-brosse, en référence à leur future barbe.
(Ann Bott)
Einstein
1 - ~ (Albert)
(Ulm, 1879 – Princeton, 1955)
Botaniste réputé, spécialiste du langage des fleurs. Lorsqu'il effeuillait des marguerites, on l'entendait dire « Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, tout est relatif ».
2 - Surnom donné à Ulrich Van Stein, géologue d'origine germanique spécialisé dans la recherche de la pierre philosophale, qui répétait durant ses fouilles " Ein Stein, Zwei Steine, Drei Steine".
(Jean-Lin Fatty)
Agressivement, brutalement. Ce terme a été forgé d’après le film "Orange Mécanique", dans lequel Malcolm Mac Dowell interprète le rôle d'un voyou qui viole et assassine orangement.
(Jean-Lin Fatty)
* * *
(La règle du jeu du diclustré)
05 mai 2008
Le défi aux Fanes - 2
Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue...
Les Fanes ne se sont pas dérobées et cette semaine Ekwerkwe s'est penché sur le deuxième épisode du feuilleton "Joyeux anniversaire, Georges !" en imaginant la version de mademoiselle Julie :
Tout en repassant sa jupe pour le lendemain, mademoiselle Julie repensait à la journée écoulée, et elle était perplexe. La veille, Georges était si pâle quand il était entré dans la salle des professeurs, à la récréation du matin, qu’elle avait cru qu’il allait s’évanouir. Elle s’était précipitée vers lui et elle l’avait vu reculer, oui, reculer de plusieurs centimètres lorsqu'elle s’était penchée vers lui et avait posé la main sur son front. Il avait peut-être une légère fièvre mais, qu’elle sache, elle n’avait pas une haleine de troll. Elle qui croyait qu’il lui suffisait d’un battement de cils pour faire rougir Georges plus qu’un soleil couchant, elle en avait été profondément vexée. Il est vrai qu’il avait l’air malade : rien de tel qu’une gastroentérite pour anéantir un grand gaillard.
Et voilà qu’aujourd’hui, Georges l’évitait ! Il avait les yeux fuyants quand elle lui parlait, et ce midi il avait déjeuné dans sa classe – l’équivalent, dans le petit monde clos de l’école, d’une déclaration de guerre. Et pour finir, il avait tout simplement disparu, abandonnant ses élèves au professeur de musique et perturbant le fonctionnement de l’école toute entière. Que lui arrivait-il donc ?
Dans d’autres circonstances, mademoiselle Julie aurait mené l’enquête à domicile, après l'école, et aurait éventuellement joué les infirmières avec beaucoup de dévouement. Mais mademoiselle Julie était fiancée, et elle n’avait nullement l’intention de faire des infidélités à son taciturne et bientôt cossu sous-directeur de banque – du moins, pas pour l’instant. Simplement, elle était aussi terriblement coquette, et jouer les ingénues aux joues roses avec ce grand benêt de Georges mettait dans ses pauses cantine un piquant auquel elle n’avait pas l’intention de renoncer.
Au fond, elle était plutôt brave fille… et puis, elle le préférait en amoureux transi : elle sauverait Georges malgré lui ! Et on verrait bien alors s’il osait ne pas se transformer en coquelicot quand elle le frôlait dans un couloir !
Les plis de la jupe éliminés à grandes presses de vapeur rageuse, sa décision prise, mademoiselle Julie se sentait mieux. Elle s’empara du téléphone.
04 mai 2008
Le feuilleton du dimanche : "Matins anachroniques"
Joyeux anniversaire, Georges
par Papistache
Résumé de l’épisode N°1
Georges, instituteur remplaçant, note par inadvertance sa date de naissance au tableau noir. Non seulement ses élèves ne remarquent rien, mais le jeune homme a l’impression d’effectuer un bond en arrière dans le temps. La tête lui tourne. Poussé par une collègue prévenante, secouriste à ses heures, et malgré des signes évidents de désorientation, il quitte l’école au volant de sa voiture.
Episode N°2
Mardi 18 mars 2008
Georges a dormi comme une masse. Le lendemain matin, il gare sa voiture sur le parking réservé aux enseignants — entre les containers à verres usagés et ceux dévolus aux vieux papiers — et marche d’un pas peu assuré vers sa classe.
Il garde un souvenir confus de sa journée de lundi mais, au travers du brouillard qui nimbait son esprit, une décision a grandi.
— Je vais adopter la méthode scientifique de mes maîtres de L’IUFM. Toute expérience qui ne se renouvelle pas ne peut pas être considérée comme probante.
Georges, de sa belle écriture, trace, en haut et à droite du tableau : Mardi 18 mars 1974.
La horde qui se bouscule dans les escaliers annonce l’ouverture de la ménagerie.
— Ah ! M’sieu, on commence par l’histoire aujourd’hui ?
— M’sieu, M’sieu, en 1974, mon grand-père a fait le tour de la Corse en planche à voile !
— Eh ! Banane, les planches à voile, ça existait même pas au Moyen-Âge.
— Ziva, euh, l’autre, j’ai même la photo !
— Ah ! Parce qu’en plus il avait un appareil photo sur sa planche ? Et c’est qui qu’appuyait sur le bouton ? Hein ? Vas-y ? Qu’est-ce que tu réponds à ça ?
— Ouiiinnn !
Il ne s’est rien passé hier. Un état grippal fulgurant et éphémère. Maintenant, il lui faut trouver les paroles qui ramèneront un semblant de calme dans sa classe.
Le claquement métallique de la jambe artificielle du concierge tient lieu d’admonestation. Le Père Pilon frappe et entre avant que Georges ait le temps de l’y inviter.
L’invalide tient dans sa main droite un pli décacheté :
— Tiens, gamin ! M’ame Solange veut qu’tu lises ça. Paraît qu’c’est urgent. C’est arrivé hier après-midi !
Les élèves se sont assis et ont entrepris d’échanger leurs impressions sur le débat télévisé de la veille. Georges perçoit qu’il a été question du danger des morsures d’araignées irradiées accidentellement. Au moins, les parents de ses élèves savent choisir des programmes éducatifs pour leurs rejetons.
Il sort la lettre manuscrite de l’enveloppe bleue et sent toute sa substance s’évaporer par chacun des pores de sa peau.
"Cher Monsieur Georges B***,
J’ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention d’inspecter votre classe
mercredi 19 mars 2008, à partir de 9 heures.
Je vous prie de tenir à ma disposition tous les documents
afférents à la conduite de votre enseignement.
Signé,
L’inspecteur primaire,
Robert Dicodor"
Occuper les enfants ! Occuper les enfants, le temps de se ressaisir.
— S’il vous plaît, vous allez déchirer une page de votre cahier de brouillon et me raconter en 800 mots maximum ce que vous avez retenu du danger des irradiations nucléaires sur les araignées.
— ... ?
Ah oui ! La Constante Macabre ! La Constante Macabre !
— Euh, oubliez ce que j’ai dit ! Vous allez dessiner, faire un dessin… libre, un dessin libre, enfin, non, pas libre... qui se rapporte à l’émission... que vous venez, que vous avez... lue... vue.... hier soir !
— Ouais !
Georges s’appuie au radiateur glacé et reprend le feuillet écrit à l’encre violette.
Le cauchemar. Son cauchemar.
Une inspection surprise ou peu s’en faut !
Il relit sa condamnation à mort pour la cent-vingt-cinquième fois quand Julie, sa jeune collègue du CP 3, frappe hardiment au hublot de la porte.
— Georges ? Ça va ? Non ? Toi, tu as repris trop tôt !
— Bab... beu... bbbe...
Déjà, en temps normal, Georges perd ses moyens devant ce petit bout de femme énergique aux cheveux blonds, si différente de sa maîtresse de CP à lui, qui, disait-on, aurait inspiré Walt Disney pour un personnage de Banche-Neige et les sept nains, et ce n’était pas la princesse.
— Georges ? s’inquiète-t-elle.
_ Je vais être inspecté.
— Ah ! Ce n’est que ça ! Ne te mets pas martel en tête. J’ai été inspectée en novembre, l’inspecteur est un homme charmant. Bourru en grand groupe mais très humain en comité restreint.
Le pauvre instituteur en liquéfaction veut lui dire : “Certes, Julie, qui pourrait s’approcher de toi plus de trente secondes sans ressentir les effets de ton charisme ? Tu ferais fondre un iceberg plus vite que toute la pollution d’Amérique du Nord.” Il se contente de :
— C’est vrai ?
— Oui, je t’assure. Euh, tes élèves sont descendus en récré tout seuls tout à l’heure. Solange n’a rien vu mais je te conseille de les rejoindre. Je file ; mes petits sont rangés.
Tous les mardis, de 13 h 30 à 14 h 30, l’intervenant en musique prend sa classe. L’école possède une chorale de premier ordre. Il aura donc une heure pour s’assurer que ses préparations, progressions, programmations sont à jour et présentables. En attendant, il faut tenir jusqu’au déjeuner.
Une histoire ! Il va leur lire une histoire. Tous les enfants en sont friands. Le “Voyage au centre de la terre” de Jules Verne ne quitte jamais son cartable fatigué. Georges sait captiver son auditoire. La seule chose qu’il se targue de maîtriser à merveille est précisément la lecture.
Un jour, un élève lui a dit :
— Oh ! M’sieu c’est pas tellement c’que vous racontez qu’est bien, c’est comment qu’vous l’faites !
Il a reçu cet aveu comme le plus beau compliment du monde.
Cette classe ne fait pas exception, à peine le manuscrit runique découvert, elle s’équipe pour l’aventure et suit l’instituteur en Islande.
L’heure du déjeuner apporte la délivrance. Croiser le regard de Julie étant un supplice, Georges s’en est affranchi après deux jours de repas à la cantine scolaire. Il déjeune désormais d’un sandwich et d’un verre d’eau tiède dans sa classe.
* * *
A quatorze heures quarante, quand le professeur de musique, lassé d’attendre que Georges vienne chercher ses élèves, raccompagne les jeunes choristes dans leur classe, il est bien surpris de ne pas trouver l’instituteur à son bureau.
Une rapide recherche diligemment effectuée par la directrice ne permet pas de le retrouver. Pour la seconde fois de la semaine les vingt-neuf élèves sont dispersés dans les autres classes de l’établissement.
à suivre...
03 mai 2008
APPEL : Feuilleton du dimanche
Votre participation est vivement demandée afin de faire saliver nos lecteurs tous les week-ends !
Allons un peu au pays des rêves...
Nous vous demandons d'écrire un
feuilleton sur le thème
"Avec le peuple des fées".
Le feuilleton qui fera vivre nos dimanches fera entre quatre et douze épisodes,
d'un maximum de 3000 signes chacun.
Attention : l'appel à texte porte sur un feuilleton, et non une novella.
C'est-à-dire que vos épisodes doivent être construits de façon indépendante,
doivent avoir une chute,
et laisser planer le suspense jusqu'à l'épisode suivant.
Vous devez donc envoyer un feuilleton complet,
clairement découpé et, si possible,
écrire des petits résumés en tête de chaque épisode.
Votre texte devra être envoyé en format word.
Notez que vous pouvez également interpréter cet appel sous forme graphique
(format JPG, GIF ou BMP).
Votre oeuvre est à envoyer à fanesdecarottes(chez)yahoo(point)fr,
avant le 30 juin 2008.
Pensez, si vous êtes un nouvel auteur,
à joindre à votre mail, une photo et une biographie.
Et vous recevrez, comme d'habitude, un accusé de réception dans la semaine.

APPEL : Fanes de septembre
Pour septembre,
appel horrifique !
ou séducteur ?
Proposez-nous des oeuvres sur le thème :
Vamp et vampire
Vous pouvez répondre à cet appel
de deux façons:
- sous forme de texte
(10000 signes maximum, format word
pas de genre obligatoire)
ou bien
- sous forme d'oeuvre graphique
(dessin, bande dessinée et strips, photo, collage, etc.
format JPG, GIF ou BMP)
Vous devez envoyer votre oeuvre
à l'adresse fanesdecarottes(chez)yahoo(point)fr
avant le 15 juin 2008
en précisant à quel appel thématique vous répondez.
N'oubliez pas de joindre
(comme d'habitude)
une courte biographie et une jolie photo.
Vous recevrez un accusé de réception dans la semaine.
D'avance merci pour toutes vos contributions !















