17 mars 2010

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les humains prennent leurs neurones aux robots :

Implants dans le cerveau

Les implants visuels et auditifs trouvent place, tous les deux, sur le crâne à proximité du cerveau, et parfois en contact direct avec celui-ci lorsque la connexion se fait au niveau du nerf auditif ou visuel. Mais ce type d’implants dans le cerveau n’est pas le seul qui existe, et d’autres sont envisagés pour le futur, ce qui n’est pas sans soulever des problèmes d’éthique [1]. D’ailleurs, cette fois encore la fiction, essentiellement avec le mouvement cyberpunk, se révèle très imaginative.

Actuellement, ces implants ont un usage essentiellement médical. Ainsi, par exemple, le traitement de l’épilepsie ou contrôle de l’humeur en cas de dépression grave est effectué par stimulation du nerf vague. La stimulation cérébrale profonde (SCP) peut être employée pour le contrôle des tremblements chez les patients atteints de la maladie de Parkinson ou présentant des tremblements essentiels (tremblements, qui peuvent toucher les mains, la tête, les jambes, le tronc ou la voix, sans autre symptôme).
Les neuro-prothèses ont aussi des applications dans la réduction de la douleur. L’emploi d’un « Spinal Cord Stimulator » [2] ou « boîtier de neuromodulation » [3] stimule des nerfs à l’aide de pulsions électriques au niveau de la colonne vertébrale. Cela engendre un fourmillement (« paresthésie ») qui masque la douleur existante.
D’un point de vue éthique, ce type d’implant peut mener à des dérives, comme dans « The Terminal Man » de Mickael Crichton. Un homme ayant reçu un implant expérimental pour soigner une zone de cerveau endommagée utilise ses fonctions pour avoir du plaisir. On peut alors se demander quelles pourraient être les conséquences d’une défaillance d’un tel implant.
Les prothèses neuronales sont également employées dans le domaine de la recherche pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. Les petits appareils sont implantés sur des animaux et enregistrent l’activité neuronale en continu pour identifier les zones du cerveau responsable de certaines actions et les interactions entre différentes zones du cerveau.

Dans le futur, il est envisagé d’employer un hippocampe artificiel. Cette glande joue un rôle essentiel dans l’enregistrement des souvenirs, l’hippocampe artificiel pourrait donc améliorer la mémoire pour les personnes dont le cerveau a été endommagé par une attaque, une épilepsie ou la maladie d’Alzheimer. Une puce serait implantée dans le cerveau et serait capable de restaurer ou d’améliorer la mémoire non pas en stimulant l’activité cérébrale, mais en remplaçant la partie endommagée du cerveau.
Des glandes artificielles qui sécrètent des hormones spécifiques en cas de besoin, pour réfléchir plus vite ou se passer de sommeil sont mentionnées dans le cycle de « La Culture » de Ian Banks.
L’action sur la mémoire a également été anticipée dans la fiction. Dans « Le Neuromancien » de William Gibson (1984), considéré comme fondateur du genre cyberpunk, les mercenaires possèdent des implants cérébraux qui leur permettent d’augmenter leur mémoire ou leur force par exemple. D’autres individus possèdent des implants appelés « simstim » leur permettant d’enregistrer des moments qu’ils vivent et de les visualiser ultérieurement. Dans le film « Ghost in the shell », des implants dans le cerveau des membres des forces de l’ordre leur permettent également d’augmenter de la mémoire. Ils conservent le souvenir intégral de tout ce qu’ils ont vécu et ont la possibilité d’aller rechercher des souvenirs comme s’il s’agissait d’un fichier à ouvrir sur un ordinateur.

Ainsi, en fiction, en plus des humains modifiés avec des prothèses et implants visuels ou auditifs, il n’est pas rare de voir mentionner d’autres types d’implants placés dans le cerveau.
Dans « Isolation » de Greg-Egan (1992), le détective privé Nick Stavrianos possède des capacités physiques et mentales accrues grâce aux « mods ». Ce sont de petits éléments électroniques, des nanoprogrammes, implantés dans son cerveau, qui modifient à la fois ses capacités physiques, ses aptitudes à rechercher des informations dans des bases de données, mais aussi sa personnalité.
Avec cette même idée d’enregistrer le vécu des gens, dans le cycle de « La Culture » de Ian Banks, intervient la possibilité de ressusciter grâce à de minuscules dispositifs capables de sauvegarder l’âme des gens. De même, dans « Ange mémoire » de Robert Charles Wilson, une puce implantée dans le cerveau d’un soldat enregistre tout ce que qu’il voit et entend. Dans ce contexte, l’auteur fait également intervenir des connexions entre certains personnages et le réseau par le biais d’une interface cerveau-machine. Ce type d’implant est quant à lui d’un usage fort différent, on s’éloigne véritablement des soins médicaux ou de l’amélioration des performances.


[1] Avis du groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies auprès de la commission européenne, (Avis n°20, adopté le 16 mars 2005), concernant les « Aspects éthiques des implants TIC dans le corps humain ». Prof. Stefano Rodotà et Prof. Rafael Capurro. http://ec.europa.eu/european_group_ethics/docs/avis20_fr.pdf

[2] http://www.youtube.com/watch?v=5YqfmFVlmDE

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%AEtier_de_neuromodulation

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