18 mars 2010

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les humains communiquent avec les robots :

Les interfaces cerveau-ordinateur ou Brain-Computer Interface

Les implants dans le cerveau ont de multiples usages et objectifs dans le monde de fiction. Alors que dans le monde réel, les usages sont jusqu’ici destinés à des soins médicaux, en fiction, ils servent à améliorer les performances des humains, mais également à les connecter à des ordinateurs.
Cette connexion a deux conséquences principales. D’une part, ils peuvent agir sur des choses à distances, et d’autre part, ils entrent dans un monde virtuel. Ainsi, tout un pan de la science-fiction fait référence à des humains directement connectés aux réseaux informatiques par le biais d’interfaces appelées BCI (Brain-Computer Interface), les interfaces cerveau-ordinateur ou contrôle cérébral direct.

Ainsi, dans le jeu de rôle « Shadowrun » de 1989, ces BCI sont désignés sous le terme de "datajack". Selon les romans (par exemple « Spin State » de Chris Moryarty), il est parfois également question de wetware [1] pour designer des appareillages et périphériques informatiques implantés dans le corps d’un homme.

Dans le film « Matrix » les personnages sont des humains vivant dans un monde totalement virtuel (la matrice), sous le contrôle de machines. Seuls quelques uns d’entre eux se sont échappés et ils se connectent à la matrice par une prise qu’ils ont dans la nuque.
D’ailleurs, le terme de « matrix » (matrice) pour désigner le réseau auquel sont connectés les humains à l’aide d’implants et celui de connexion « jack in » correspondant à des électrodes ou des implants posés sur le cerveau ont été inventés par William Gibson dans le roman « Le Neuromancien ». Il met en scène un computer hacker qui peut aller trafiquer le cerveau des gens grâce justement à ce réseau qui les relie tous. Dans le film « Ghost in the shell », ou le manga du même nom de Masamune Shirow, le « cyberbrain hacking » est un élément principal de l’intrigue. Le ghost (l’âme des gens, en quelque sorte) est transférée dans un corps performant. Ainsi, le Major Kusanagi possède un corps en titane cybernétique qui, entre autres, peut se connecter au réseau, conduire un véhicule ou communiquer mentalement par le réseau. En contrepartie, le hacker peut pirater la mémoire, l’altérer, parler dans la tête des gens, voir à travers ses yeux, ou modifier ce que la personne voit et ressent. Ainsi, on constate que l’électronisation des corps ouvre la voie vers le contrôle d’objet par la simple pensée.

En vrai, l’utilisation des signaux cérébraux à des fins de commande et de contrôle d’appareils externes pour assister, réparer ou améliorer des capacités humaines est réalisable. Il existe des puces qui peuvent être positionnées sur le cerveau pour capter des influx nerveux, toute la difficulté étant de capter les bons signaux et de les décoder.
Des études sont en cours depuis plusieurs années à l'Université de Duke (Caroline du Nord) et ont déjà permis en 2000 de contrôler des curseurs sur un écran [2] [3] ou encore en 2003 d’amener un singe à apprendre à contrôler par la pensée le mouvement d’un bras mécanique [4]. En 2008, à l’Université de Pittsburgh [5], avec un implant d’une centaine d’électrodes, un singe a pu contrôler encore plus finement un bras jusqu’à parvenir à se nourrir avec.

Il y a également le cas de Mattew Naggle [6], un tétraplégique, qui, en 2005 a été le premier homme à contrôler une prothèse de main à l’aide d’un implant cérébral composé de 96 électrodes. Avant cela, il avait pu lui aussi déplacer un curseur de souris, changer les chaînes, allumer et éteindre une télévision. Mais de nombreuses années de développement et de tests cliniques seront encore nécessaires avant que des dispositifs ne soient disponibles pour le grand public.
Il existe également des recherches portant sur la « subvocalisation » [7] qui permettent déjà de déplacement de chaises roulantes simplement en pensant à certains mots bien précis. Ce système capte les signaux électriques envoyés aux muscles du larynx et déchiffre les mots auxquels le patient a pensé. L’étape suivante consisterait à reconnaître des phrases et non simplement des mots.
Dans tous ces cas, l’équipement est relativement lourd, et la connexion cerveau-ordinateur est câblée. Les développements futurs visent à améliorer ces systèmes et à leur permettre de communiquer sans fil.

Dans le jeu de rôle « Shadowrun », les personnages peuvent piloter des véhicules à distance, mais comme ils font corps avec l’engin, en cas d’accident, ses dommages sont répercutés sur le pilote et engendrent une souffrance psychologique dans son cerveau.

Mais la Science-Fiction va bien plus loin en terme de communication, avec la télépathie comme le font par exemple Ursula Le Guin dans le cycle d’Eukumen (Genly Ai est télépathe dans « La Main Gauche de la Nuit »), ou A.E. Van Vogt dans « A la Poursuite des Slans ». Xavier, l’un des personnage du comics « X-Men » possède également des pouvoirs télépathiques qui lui permettent d’entre en contact et de localiser des gens.

Grâce à ces implants, l’homme se dirige-t-il aussi vers la transmission de pensée ? Vers la vie dans une matrice, avec tous les risques que cela comporte en termes de différenciation entre monde réel et imaginaire d’une part et d’autre part le hacking du cerveau ? Au fur et à mesure du développement de ces technologies, on peut voir d’ores et déjà poindre l’avènement d’humains cyborgs.

 


[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Wetware#Science_Fiction_Usage

[2] http://www.youtube.com/watch?v=qCSSBEXBCbY

[3] http://www.automatesintelligents.com/labo/2000/dec/singe.html

[4] http://www.plosbiology.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pbio.0000042

[5] http://www.imaginascience.com/actualites/accueil_actualites.php?action=fullnews&showcomments=1&id=362

[6] http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthew_Nagle

[7] http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=4519

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