16 mars 2010

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les humains prennent leurs oreilles aux robots :

Implants auditifs

A l’heure où l’on fait fuir les jeunes de moins de 25 ans, à l’ouïe trop fine en jouant sur le fait qu’ils perçoivent certains ultrasons[1], la recherche tente, à l’opposé, de rendre l’ouïe aux personnes malentendantes. Ainsi, les progrès récents ont déjà permis le développement de prothèses et d’implants auditifs s’orientant non seulement vers une meilleure correction, mais aussi vers une miniaturisation.

L'oreille est composée principalement de trois parties : l’oreille externe est composée du pavillon, du conduit auditif, et du tympan ; l'oreille moyenne est une petite cavité contenant 3 osselets – le marteau, l'enclume et l'étrier ; l’oreille interne qui comporte la cochlée.

Dans l’oreille moyenne, les trois osselets transportent les vibrations du tympan causées par les ondes sonores vers l'oreille interne. Dans l'oreille interne, des milliers de cils ressentent les vibrations en fonction de leur fréquence et déclenchent un message électrique, qui est ensuite envoyé par le nerf de l'audition (nerf auditif) jusqu'au cerveau.

Si les jeunes sont indisposés par certains ultrasons proches de l’audible c’est que leurs cils correspondant à ces fréquences sont encore fonctionnels. L’âge avançant, ces cils fragiles se détériorent et l’acuité auditive diminue, pouvant aller jusqu’une surdité chez certaines personnes parmi les plus âgées.

Il existe d’autres causes de surdité qu’un endommagement ou une absence des cellules ciliées dans la cochlée. Certaines personnes ont des problèmes d'oreille externe (conduit auditif obstrué), moyenne (au niveau des osselets), ou encore leur nerf auditif peut être lésé.

Par conséquent, il existe différents types de corrections mises en place.

Historiquement, les premiers modèles électroniques (pas les cornets que l’on rencontre dans les westerns, donc) emploient des prothèses externes comportant un microphone pour capter les sons et un écouteur placé dans le conduit auditif pour les ré-émettre une fois amplifiés.

En 1998 [2] apparaissent les dispositifs semi-implantables intervenant sur l’oreille moyenne. L'implant qui transmet les vibrations est sur un des osselets. La pile et le microphone restent à l’extérieur, tandis qu’un émetteur transmet les informations de l’extérieur vers l’intérieur du corps.

En 2006, apparaît le premier dispositif intervenant sur l’oreille moyenne entièrement interne, le rechargement des batteries se faisant par un système de bobinage. Le système captant les sons est alors placé sous la peau derrière le pavillon de l'oreille.

Pour les problèmes d'oreille interne (cochlée, ou nerf auditif endommagé), les implants sur les osselets (en amont de l’oreille interne) ne sont pas adaptés. C’est dans ce cas de figure qu’interviennent les implants cochléaires [3] ou les implants auditifs du tronc cérébral. Ces systèmes comportent, placés sous la peau du crâne derrière l’oreille, un récepteur microphonique qui capte les sons ; un processeur vocal qui convertit les sons en signaux électriques ; et un stimulateur qui transmet l’information électrique par des petits fils à des électrodes. Dans le cas de l’implant cochléaire, les électrodes stimulent directement le nerf auditif. Les implants du tronc cérébral sont employés lorsque le nerf auditif est endommagé, et c’est alors directement le noyau cochléaire, dans le tronc cérébral (dans le cerveau) qui est stimulé.

Il existe également des prothèses à ancrage osseux [5]pour faire parvenir les sons dans l'oreille interne sans passer par le conduit auditif ou l'oreille moyenne. Ces prothèses comportent d'un implant en titane de 3-4 mm inséré dans le crâne, juste derrière l'oreille. Il transmet les sons à l'oreille interne à l'aide d'une petite prothèse qui vibre, remplaçant ainsi les osselets.

Ces techniques s’améliorent encore, les implants réduisant en taille, et s’adaptant également aux enfants. C’est ainsi qu’en avril 2008 [6] fut annoncé pour la première fois la mise en place d’un implant auditif sur un bébé par une équipe de la Clinique Universitaire de Navarre. L’opération qui a eu lieu en octobre 2007 a permis à la petite fille de percevoir les sons extérieurs, augmentant ainsi son éveil.

Comme tout ceci le montre, ce type d’implants auditifs est désormais assez répandu. Il n’intervient alors que pour rétablir une partie des capacités auditives d’une personne. Elle n’ont aucun but d’amélioration d’une ouïe déjà fonctionnelle.

A l’opposé, la Science-Fiction s’aventure peu dans le soin auditif, mais se montre très imaginative pour pousser encore plus loin les capacités sensorielles de ses personnages.

Les êtres modifiés de la Science-Fiction et du Cyberpunk possèdent souvent comme « Superman » un spectre auditif naturellement plus vaste, ou encore des implants leur permettant de capter des gammes de fréquences sonores élargies vers les infrasons et les ultrasons. Par exemple, dans « Marionettes humaines » de Robert Heinlein (1951), qui se déroule en 2007, le super-agent secret est équipé d’un implant lui servant de téléphone : «  Les téléphones dont on se sert à la Section ne sont pas d’un modèle standard : l’audiorelais est inséré chirurgicalement sous la peau, derrière l’oreille gauche, les os jouant le rôle de conducteur ».

Plus récemment, cette idée est reprise dans les jeux de rôles Cyberpunk tels que « Shadowrun », les mercenaires combattants peuvent posséder, implantés dans leur cerveau, des appareillages sophistiqués tels des émetteurs-récepteurs leur permettant également de communiquer entre eux sans être entendu par un tiers.

Mais la Science-Fiction va bien plus loin en terme de communication, avec la télépathie comme le font par exemple Ursula Le Guin dans le cycle d’Eukumen (Genly Ai est télépathe dans « La Main Gauche de la Nuit »), ou A.E. Van Vogt dans « A la Poursuite des Slans ». Plus de paroles prononcées, que des pensées échangées, une solution à explorer pour soigner des problèmes d’audition ? En sommes nous si loin, d’ailleurs ? Certains implants sont reliés directement au nerf auditif. N’est ce pas là une sorte de transmission de pensées puisque l’information est transmise directement au cerveau ?

 

[1] http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=24369

[2] http://www.senioractu.com/Esteem-un-nouvel-implant-auditif-invisible-et-sans-microphone_a8451.html

[3] http://www.surdite.net/documentation/appareils/cochleaire.html

[4] http://french.hear-it.org/page.dsp?page=2022

[5] http://french.hear-it.org/page.dsp?page=2020

[6] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53875.htm

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