31 janvier 2008
Les auteurs de Janvier
Retraitée de l'enseignement de SVT. J'ai deux grands enfants.
Je partage mon temps entre la lecture, des promenades dans la nature avec mon homme, des activités associatives, et ma passion des fleurs.
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COCJE
Aurait pu naitre en Italie. Née une première fois en France puis d'autres fois après.
A d'abord testé la musique, pour continuer dans la photo en passant
par le cinéma. Quelques expérimentations culinaires viennent s'ajouter depuis peu.
La tête toujours remplie de questions et de rêves, espère parcourir le monde avec sa moitié.
BLOG : le cahier virtuel
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EKWERKWE
Toute petite, je voyais rarement les lampadaires à temps pour les éviter. Adulte, je continue à rêver debout, et n'évite pas toujours les obstacles qui se sont faits plus subtils.
Ecrire? Non, surotut pas. Mais jouer, oui, toujours, dans le bac à sable de Fanes de Carottes où je me sens si bien - tant pis pour Georges, pour Ursula, pour Paco, pour Alain... S'amuser, ce n'est pas vraiment trahir.
* * *
J’erre de lieux en lieux, de livre en livre, de site web en site web…
J’ai parcouru une bonne part de l’Est de la France du Nord, au Sud, puis retour au Nord, et mon parcours ne veut pas s’arrêter… bien malgré moi parfois.
Mes yeux quant à eux se promènent un peu sur tout ce qui se lit, science fiction, fantasy, policier, romans d’un peu partout dans le monde, parfois en anglais, ou en allemand. Sur la toile, je fréquente quelques blogs, quelques forums et espaces de discussion assimilés.
BLOG : InFolio dans tous ses formats
KLOELLE
J'ai déjà 37 ans et trois enfants sympas.
Je travaille dans une administration...
Je suis pianiste à mes heures perdues...
Lectrice à d'autres heures perdues...
Et j'aime jouer avec les mots et les émotions à des heures que je cherche encore.
BLOG : Une valse des petits riens
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Grisette, de passage auprès de ses géniteurs aux anges, s’installe en tailleur sur le canapé prune. Sa boîte d’aquarelle à ses côtés, elle entreprend de fournir quelques illustrations pour le texte de son Papounet.
— Mon petit papa, tu as choisi la formule la plus absconse, je te reconnais bien là !
Carottes donc qu’elle interprète à sa sauce. La consigne lui semble hermétique, qu’importe ! D’anonymes grand-mères se prêtent à la pose et surgissent de la caresse du pinceau sur le cube de peinture.
Son crayon, son pinceau, elle ne les a pas lâchés dps ses premiers bonhommes têtards.
La voilà livrée à la quête inlassable de contrats éphémères : intermittente du spectacle. Son vœu ? Trouvez-lui un cirque ou un théâtre itinérant, elle l’habillera de ses costumes et de ses fantaisies.
Le carnaval de Marseille, en 2008, devrait voir évoluer quelques marionnettes géantes dont les costumes seront sortis de son carnet à croquis puis de son aiguille alerte.
MALAURIE
Genre terrien, avec yeux et bouches sur le visage, dix doigts formatés au pianotage sur clavier, cervelet en panade, bédéfilôvent, buveur de génépi modéré et cueilleur d'argousier les matins d'hiver par moins dix degrés celsius. Le poil doux et clairsemé ce mâle ô rit vous donnera entière satisfaction si vous ne l'agressez pas.
BLOG: Le génépi et l'argousier
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MAP
Amie de la nature et des jeux de mots pour lutter contre tous les maux !
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Conçu une nuit de Saint-Sylvestre porté une demi-douzaine d'heures, il est né un matin de janvier 2007 à 6 h 01, déjà vieux, chauve et sage !
Il se ressource au contact de l'humus et s'oxygène en plantant un genou en terre.
Physiquement c'est la silhouette de Don Quichotte, sa curiosité s'apparente à celle de Pinocchio, son âme s'inspire de l'épopée de Lancelot du Lac et le Philémon de Fred est son camarade de jeux.
Le os de l'Espagnol, les articulations de l'Italien, la candeur du Breton, et l'épaisseur de papier du dernier, vous vous doutez que derrière s'agite un montreur de marionnettes.
Mais devant le spectacle de Guignol et Gnafron, qui se soucie d'apercevoir la tête de celui qui, par nécessité professionnelle, se tient derrière le castelet ?
BLOG: Papistacheries
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Nouvelle variété fraîchement éclose, coloris exclusif pour blogzine de (science) fiction. En promenade entre les feuilles et les fanes.
BLOG : Ce que dit Rose
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STELLA SABBAT
Elle, c’est Adèle*. Et Adèle, elle est infiniment moins socialement conforme que moi, plus évidemment anarchiste, plus radicalement féministe, plus résolument dans l’action, plus courageuse aussi…, mais j’y travaille.
* Adèle Blanc-Sec, dont Jacques Tardi conte et illustre avec talent les Aventures Extraordinaires.
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Je suis née le 23 juin 1964 à Paris, dans un milieu artistique. C’est pourquoi je pratique encore deci delà la sculpture sur ballons.
« Petite dernière » d’une famille de 6 enfants. J’ai été prénommée Vanina grâce à une superbe danseuse mi-corse mi-berbère que mon père allait « croquer » (dessiner) dans l’atelier du chorégraphe Malkovsky.
A 15 ans, je me suis retrouvée paraplégique suite à un accident de sport. La cavalière que j’étais a renoncé à l’équitation, pour, 20 ans plus tard, devenir meneuse (atteler des chevaux).
J’ai un D. E. A. d’arts plastiques et travaille comme directrice artistique en P. A. O.
« On » me dit collectionneuse de collections...
J’ai un fils né en 1987 dont le père est décédé en 1995.
J’ai retrouvé en 2005 mon premier Amour ; il est l’homme de ma vie !
Deux aphorismes qui accompagnent ma vie :
« Il ne faut jamais oublier ses rêves… »
« Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence. »
Sourire
BLOG : Art'moureusement vôtre
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A 50 ans passés, je me demande encore pourquoi la "lecture" reste mon plus mauvais souvenir d'enfance et de scolarité...
BLOG : Veron fot'
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Voilà 8 ans que Zag s’ennuie dans son labo de socio : compter les gens, disséquer leurs habitudes et échafauder des théories alambiquées sur leurs comportements n’ont jamais fait beaucoup rêver...
Alors un jour, Zag a emporté avec lui un carnet et un crayon. Un trait, un mot, une idée, et le voilà lancé dans la blogologie illustrée et appliquée !
Il ne sait pas très bien ou tout cela va le mener, mais pour le moment, il s’amuse beaucoup, et c’est bien cela le plus important !
Blog: http://www.lescarnetsdezag.canalblog.com
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Ce numéro a été réalisé par
Cocje
Ekwerkwe
InFolio
Rose
et StellaSabbat !
Le courrier de janvier des lecteurs
Ce fut un mois terrible, Janvier. Nous l'avions placé sous le signe des horloges, et en effet nous avons couru, couru, et parfois nous ne sommes pas arrivées à temps. Et puis les carottes dans le jardin de Papistache ont gelé. Mais il y a eu de bons moments aussi, la preuve...
Fanes de janvier
Sommaire
En réponse à l'appel thématique,
les horloges découpent de petites tranches de création:
RTT: Récit du temps de travail
(Annick Bot)
Heures labyrinthiques
(Vanina)
Les treize coups de minuit
(Vanina)
La chambre 13
(Rose_Alu)
Microcosme de comptoise, suite et fin
(InFolio)
Le feuilleton de Saute-Dragon passe d'auteur en auteur...
Episodes trois (InFolio), quatre (Kloelle), cinq (Vanina)
et six (Malaurie).
Quelques fées exaucent des voeux,
c'est de saison...
"Le jeu des carottes"
(MAP & Véron)
"Carotte que elle dise nos grands méres"
(Papistache & Grisette)
"Les jolies jambes des secrétaires"
(Zag)
"Chuuuut"
(InFolio)
"Vertueuses fanes de carottes"
(Ekwerkwe)
Tapis sans volant
(MAP & Véron)
Rose cuisine des Carottes orientales
Véron nous explique ce qu'est une mandoline,
Vanina se penche sur la carophonie
Stella Sabbat analyse la notion de travail,
de l'autre côté de minuit
et le fan-art de Josefa
nous appelle au large...
30 janvier 2008
Fanes de carottes vous embarquera!
Si ceci n'était pas un blogzine de (science) fiction, je pourrais vous raconter comment des dieux jaloux et des ancêtres engloutis lors de l'immersion de l'Atlantide ont mêlé leurs malédictions au point qu'aujourd'hui encore moi, qui n'ai rien à voir avec leurs querelles, je ne puis avoir un commerce agréable, rapide et sans histoires avec les labos photos. Je vais donc me contenter de présenter mes plus plates excuses, merveilleusement repassées, aux chanceux (?) du mois de décembre: les chanceux de janvier recevront probablement leurs fan-arts avant eux, grâce à Stella qui n'est nullement maudite et qui accepte de s'en occuper. Mais tous ceux qui nous ont envoyé leur adresse recevront le joli monsieur adossé à une carotte, c'est promis (quand? quand? je ne sais pas!).
En attendant, fanes de carottes vous appelle au large...

Un joli commentaire dans ce billet et hop! quasiment instantanément, votre nom apparaîtra dans la liste ci-dessous, preuve que vous faites bien partie des élus.
Série IV
- 1/IV Cocje
- 2/IV MAP
- 3/IV Papistache
- 4/IV Vanina
- 5/IV Véron
- 6/IV Kloelle
- 7/IV Tilu
- 8/IV Rose
- 9/IV
- 10/IV
- 11/IV
- 12/IV
29 janvier 2008
Tapis sans volant
Dim. à l'arrêt : 28 x 15 cm environ
Dim. en vol : laissées au choix de l'utilisateur.
GPS en option ou utilisation d'une adresse postale
valide .
Carburant : eau
Consommation aux 100km : +/- selon la saison, trois fois rien en hiver
Recyclage possible en cas de maux des transports (dessous de verres si on aime le jus de carottes, litière pour lapin nain de ville, chiffon à cirer les bottes de jardinier...)
Vous aimeriez beaucoup conduire ce tapis sans volant? Véron-la-généreuse, artiste et fan de Fanes de carottes, nous en a fait don. Et nous, nous avons imaginé une façon très équitable de le faire gagner au plus poète d'entre vous...
Rendez-vous ici
le samedi 16 février 2008
à partir de 8h00
pour une journée d'enchères poétiques!
28 janvier 2008
Le petit jeu d'atchoum - 6
MAP et Véron ont sorti une deuxième fois leurs baguettes magiques pour nous donner la notice d'un "petit tapis volant à fabriquer". Voici leur méthode (MAP au stylo, Véron à l'aiguille et à l'appareil photo) :
Tapis sans volant
Une jeune femme portant un badge sur lequel on peut lire « Brigitte » se présente à Madame Bernard et à ses élèves :
- Bonjour Madame, bonjour les enfants, je suis votre guide.
- Bonjour Madame, répondent les jeunes visiteurs tous en chœur !
- Si vous voulez bien me suivre nous allons commencer la visite. Passons d’abord dans cette pièce. Entrez, il y a de la place pour tout le monde, ne vous bousculez pas ! Vous voyez ici dans ces vitrines nos principales spécialités : les poupées de chiffon aux visages peints à la main, les ours de toutes les tailles, chacun habillé de façon différente, les « garçons » en gilets et pantalons, les « filles » en robes à volants, les pantins acrobates vêtus de couleurs vives …
- Madame … où sont les tapis volants ?
- Ah, bien sûr, c’est surtout cela qui vous intéresse ! Nous les présentons à part. Il vous faudra attendre encore un peu pour les découvrir … Patience ! Allez, commençons la visite. Suivez-moi !
Le groupe traverse tout d’abord la salle de découpe des tissus et observe au passage comment les ouvrières se servent de gabarits en fin métal pour obtenir rapidement les formes désirées. Dans la salle suivante les élèves assistent à l’assemblage des différentes pièces qui, sous les doigts experts des ouvrières, deviennent rapidement des jouets aux formes reconnaissables. Le travail se fait ici à l’ancienne : entièrement à la main.
Dans la troisième salle, c’est le rembourrage et la finition. Les enfants ne prennent pas le temps d’observer les panneaux indiquant les différentes étapes de fabrication, comme leur professeur le leur avait recommandé. Ils se précipitent vers les jouets terminés :
- Oh la belle poupée !
- Et ce gros nounours avec son bonnet rouge !
- Moi j’aime bien celui-là, il est mignon avec son gilet à carreaux et son pantalon vert !
- Moi je voudrais bien voir les tapis volants ! réclame Corentin.
- Oui, oui, les ta-pis vo-lants, les ta-pis vo-lants ! scandent alors toute la classe !
Madame Bernard a du mal à les rappeler à l’ordre !
Brigitte alors intervient en leur disant que cette partie de la visite doit se faire dans le plus grand silence, sinon cela ne sera pas possible … L’effet est immédiat, bien sûr, et c’est dans le plus grand calme que les enfants, après avoir traversé un couloir aux murs décorés de photos de tapis tous plus beaux les uns que les autres, pénètrent dans un atelier rempli de rouleaux de tissus rangés soigneusement sur des étagères, couleur par couleur.
Corentin –désigné comme reporter du groupe pour la fabrication des tapis volants- prend en photo différents accessoires : tissus colorés, fils, dé, ciseaux … disposés sur une table.
Photo N°1 : Différents accessoires.
Brigitte intervient alors :
- Voyez-vous, les enfants, vous avez de la chance car vous allez pouvoir assister aux différentes étapes de la réalisation des tapis volants. Actuellement nous avons une commande spéciale de 50 tapis volants sur le thème de la carotte qu’un industriel de l’agro-alimentaire veut offrir en cadeau à ses clients. Les tapis sont réalisés en patchwork. Ce que tu viens de photographier, Corentin, ce sont les tissus et les fils que nous avons choisis pour réaliser cette commande exceptionnelle. Je vous laisse admirer le travail de patience de Madame Blanchard.
Puis Corentin, avec ses camarades, suit Brigitte vers l’atelier électronique, où une demi-douzaine d’ouvriers travaillent sur des postes de soudure. Corentin prend une photo du petit outillage disposé près d’un poste de travail non sans avoir ajouté une plume qu’il avait dans sa poche –comme ça …« pour faire beau ! »-
Photo N°2 : Petit outillage avec plume.
- Maintenant, Corentin, tu ne pourras pas photographier l’étape suivante c'est-à-dire la mise en place du montage électronique, car c’est un procédé secret. Tout ce que je peux vous dire c’est que nos techniciens y ont travaillé pendant deux ans. Par contre vous allez tous pouvoir admirer un « Tapicarotte » -comme nous l’avons appelé- que Madame Blanchard vient de terminer. Il passera ensuite dans les mains de nos spécialistes qui lui « apprendront » à voler !
- Oh, qu’il est beau ! Les belles couleurs !
- Si j’étais un lapin, j’aurais bien envie de le croquer !
- On pourra voir voler un tapis ?
Photo N°3. « TAPICAROTTE ».
- Oui, bien sûr, il va y avoir des essais dans quelques instants.
- Ah ! Chic alors !
- Oui, c’est super !
- Youpi !!!
- Prépare ton appareil, Corentin !
- Ah ! les voilà ! On peut y aller ?
- Oui, vite, suivez-moi à l’extérieur. L’essai va commencer.
Un jeune homme posté sur « la piste d’envol » pointe alors une télécommande vers un tapis posé au sol et celui-ci se met à planer le plus naturellement du monde.
Corentin réussit à prendre deux superbes photos de l’exploit.
Photo N°4 : Essai de vol.
Photo N°5 : Suite des essais de vol.
Les enfants sont surexcités, ils crient leur joie et applaudissent le technicien qui fait voler devant eux ce magnifique « Tapicarotte » !
- Eh bien, dit Madame Bernard, voilà une visite particulièrement réussie, n’est-ce pas, les enfants ?
- Oh oui !
- Si seulement on pouvait avoir un tapis volant nous aussi !
- Vous feriez comme Aladin !
- Aladin ? Qui c’est ?
- Nous verrons cela en classe demain, je crois que cette histoire vous plaira !
- Vivement demain alors !
27 janvier 2008
Le feuilleton du dimanche
Saute-Dragon
Sixième épisode
Malaurie
Résumé de l'épisode précédent
Les relations de Barnabé et de Le Black s'annoncent plus subtiles que prévu, et ce dernier voit pointer les difficultés...
- Hé ! Le Black !
- Ouais !
- Réponds ! Quelle chiloupette veux-tu prendre ce soir ?
Il n'y avait que deux chiloupettes. Je me doutais bien que le piège qu'il me tendait était imparable. Comment allais-je m'en sortir ? Soudain, je me souvins que Barnabé n'avait jamais vu Lolita pas plus qu'Ajdar, je pourrais alors lui dire combien ces fameuses chutes noires avaleraient sans aucun doute chacune des deux chiloupette sans distinction, il n'était alors plus question d'en choisir une ou l'autre et il lui fallu se concentrer sur l'énigme que je m'empressais de lui poser.
- Barnabé, pourquoi la chiloupette de droite est-elle plus petite que Lolita et pourquoi Ajdar, ce dragon impétueux, refuse de croquer la chiloupette de gauche ? Hein, pourquoi ?
A mon grand étonnement, Barnabé n'hésita pas une seconde, il avala une carotte verte, garantie sans OGM, et me répondit sur le pouce.
- Je suis content !
- Ah ?
- Oui, cela faisait si longtemps que ma mère m’interdisait de parler des chutes noires. Je ne pensais pas qu’un jour, quelqu’un d’aussi connu que toi m’accorderait l’occasion d’évoquer leur présence. Je suis flatté.
Je ne savais pas si c’était du flair ou quelque chose d’approchant mais j’étais bluffé. Pourquoi, donc me parlait-il des chutes noires maintenant, connaissait-il leur pouvoir, ne voyait-il pas avec évidence que les deux chiloupettes n’attendaient qu’un signe pour passer à l’action ? Foi de Black, je ne pouvais pas le laisser divaguer aussi loin de son esprit. Je décidai de prendre les choses en main.
A suivre...
24 janvier 2008
Horloges - 5
Microcosme de comtoise
3ème partie
InFolio
Ils étaient exténués, quelques-uns même manquaient à l’appel. Mais ils n’avaient pas trouvé de nouveau refuge. Les matériaux accessibles ne nous étaient pas favorables, pas moyen de les percer.
Nos explorations ne s’arrêtèrent pas pour autant, d’autres missions externes furent mises en place, en vain.
L’étude des vibrations stridentes battait également son plein. En faisant un trou dans la paroi de la galerie lors de chaque grande vibration accompagnée du bruit aigu, nous découvrîmes que ce phénomène se reproduisait toujours le même nombre de fois pendant un cycle d’obscurité.
Petit à petit, une régularité fut même relevée. Sur la moitié de nos pattes, ce qui fait trois fois de suite, il y avait un son bref. La fois qui suivait avait une durée variable.
En étudiant ce son de durée variable, une nouvelle observation fut faite. Sa durée était d’abord croissante, le nombre de saccades augmentant d’une unité à chaque fois. Il croissait jusque mes pattes ajoutées aux pattes d’un autre colon, pour revenir ensuite à un seul son bref. Le retour à une seule saccade ayant lieu deux fois par cycle d’obscurité.
Aujourd’hui, alors que je vous parle, pour l’histoire et la mémoire de notre groupe, je me fais vieux. Mes cycles sont comptés. Je suis l’ancien auquel vous vous adressez pour les conseils. Alors écoutez-moi. Même si nous ne comprenons ni le sens ni le but de tous ces bruits et de ces mouvements, nous savons aussi que la colonie ne peut, dans l’état actuel des choses, quitter ce bois. Nous devons donc en prendre soin, continuer à nous y adapter. Ce bois est encore grand, il y a un grand volume inexploité pour les générations futures. N’affaiblissez pas trop sa base, ni ses parois comme nous vous l’avons toujours enseigné, il ne doit pas s’écrouler.
Et tout ceci n’est pas mauvais.
Avez-vous remarqué, ceux qui ont connu l’avant, comme moi, que la période froide n’existe pas ici ? Nous n’avons plus cette eau qui parfois ruisselait sur la paroi externe, risquant de noyer nos galeries !
J’ai aussi le sentiment, au fond de moi, d’avoir vécu bien plus longtemps que je ne l’aurais dû, de ressentir plus de choses qu’avant. Peut-être est-ce grâce à la douce température qui règne en ces lieux. Peut-être est-ce grâce à ce poison qui a changé des choses en nous.
Nous ne craignons d’ailleurs plus ses effets. Si nous arrivions à trouver un bois pour fonder une nouvelle colonie, je crois que nous n’aurions plus besoin de le tester. Il n’y a plus de cobayes dans notre colonie, et c’est aussi bien.
Et les plus jeunes d’entre vous, qui n’ont pas connu l’avant, ne sont même pas conscients de la vibration continue du bois. Vous êtes totalement adaptés à cet environnement soumis à de brusques vibrations. Vous n’avez pas peur comme nous avons eu peur, c’est naturel pour vous !
Nous avons commencé à donner des noms à ces coups saccadés, une patte, deux pattes, trois pattes ne suffisant plus à les désigner. Ils rythment nos vies. Combien de fois ai-je entendu l’un de vous dire, par exemple, qu’après le troisième coup simple après le grand tumulte de - attendez, mes trois pattes et deux encore, on avait dit que c’était troi-deu, ou treu comme certains disent déjà ? – vous alliez faire ci, ou arrêter ça… Qui se réfère à l’obscurité maintenant ?
Allez, j’ai trop parlé, trop de coups ont retenti depuis que je vous ai réunis pour m’écouter. Je dois me reposer maintenant. Ne me dérangez pas avant le tumulte de troi-troi-deu.
FIN
23 janvier 2008
Horloges - 5
Microcosme de comtoise
2ème partie
InFolio
Notre bois fut attaqué par ce fameux liquide mortel. Il s’immisça dans l’entrée de nos galeries. Il empoisonna le bois, tuant par la même tous ceux qui se trouvaient trop près de l’extérieur.
Seuls survécurent ceux d’entre nous qui avaient, par hasard et chance, construit leurs abris dans les profondeurs du bois. Je fais partie de ces rares survivants.
Pendant plusieurs cycles, nous luttâmes pour faire revivre la colonie. Nous évitions les zones contaminées, jusqu’à ce qu’un jeune imprudent laissé sans surveillance s’y aventure, et y survive. Etrangement, les nouvelles générations n’étaient plus sensibles au poison de notre bois.
Pendant tout ce temps, notre environnement fut à plusieurs reprises agité de nouveaux soubresauts, nous obligeant à nous terrer dans les profondeurs du bois de crainte de tomber à l’extérieur.
Puis enfin une douce vie se réinstalla progressivement sur la colonie.
Cette accalmie fut là encore de courte durée.
Tout commença par un bruit. Un bruit continu. Mais il ne dura pas très longtemps.
Ça aurait pu s’arrêter là, mais alors une légère vibration prit naissance. Puis un bruit sourd s’y superposa, régulier comme le grattement lors des percées.
Nous n’étions pas au bout de nos peines. Plusieurs fois dans un cycle d’obscurité se déclencha un autre bruit, strident celui-ci, saccadé. Il durait plus ou moins longtemps selon les fois, mourant progressivement, et était accompagné de grandes vibrations.
Un grand conseil fut alors mis en place pour décider de ce que nous devions faire. Deux missions furent lancées : l’une devait explorer le bois pour essayer de comprendre, l’autre devait partir à la recherche d’un autre bois.
Quelques membres de la première mission revirent au bout de plusieurs cycles d’obscurité en disant qu’une chose gigantesque qui n’était pas du bois allait et venait, en se rapprochant régulièrement de la paroi, et ce au même rythme que le battement sourd.
C’est alors que le bruit continu fit sa réapparition. Comme la première fois, il ne dura pas longtemps.
La légère vibration, tout comme les battements sourds, ne s’arrêtait pas un instant. Le tumulte strident, quant à lui, revenait encore et encore.
L’observation de l’objet allant et venant se poursuivit.
On vit alors un autre élément, tout aussi imposant, se déplacer brutalement vers le haut alors que le bruit continu retentissait. En l’espace de quelques cycles, ce même objet revint, passa très lentement face à eux, et disparu vers le bas… pour remonter tout aussi vite quand on entendit de nouveau le son continu.
La mission partie à la recherche d’un autre bois revint quelques cycles plus tard.
à suivre...
22 janvier 2008
Horloges - 5
Microcosme de comtoise
1ère partie
InFolio
C’est toujours la même chose, toujours et encore… Ce bruit… Quelle idée ont eue les anciens de nous emmener là ?
En ce temps-là, j’étais jeune. Nous étions nombreux, il y avait abondance. Un groupe de jeunes, dont je faisais partie, a alors été formé pour partir et agrandir notre territoire.
Au fil des générations, nous avions appris à être prudents, certains bois s’étaient avérés empoisonnés. Il y avait donc toujours avec ces groupes de colons quelques ingrats, des ennemis, des voleurs. Ils avaient été jugés et devaient leur survie au fait qu’ils avaient accepté ce rôle : ils étaient nos cobayes pour la première percée.
Plusieurs fois, lors de missions de colonisation, l’ancien qui accompagnait le groupe avait désigné un bois et le cobaye n’avait pas survécu à la première percée.
Cette fois-là, nous avons eu de la chance, celui qui avait entamé la première galerie ne s’était pas tordu de douleur et n’était pas mort. Pourtant on avait attendu quelques cycles d’obscurité, pour être bien sûrs. Le cobaye était toujours vivant. Il avait racheté sa dette au groupe, il put poursuivre la galerie qu’il avait entamée et se lover au fond. Les autres cobayes en étaient pour leur peur et purent eux aussi prendre leur place dans notre groupe, et se faire une galerie. Tel était le marché.
Chacun de nous creusa alors la sienne : nous étions soulagés d’avoir précédé le froid qui arrivait.
Le cycle de froid passé, nous sortîmes de notre torpeur et entreprîmes d’élargir notre emprise sur ce bois. Nous creusâmes nos galeries, elles se rejoignirent, le cycle de vie reprit. Le calme régnait à cette époque. La colonie était prospère, on échangeait de la population et des vivres avec notre site d’origine... J’étais encore jeune alors.
Un nouveau cycle de froid passa sans encombre. Mais immédiatement après, notre habitat subit un gros changement : tout fut secoué ! Certains d’entre nous qui se trouvaient près des sorties de galeries lors des premières secousses disparurent. Nous ressentîmes de grandes vibrations pendant plusieurs cycles d’obscurité. Chacun se terra au fin fond de sa cavité.
Puis tout redevint calme, et nous pûmes reprendre nos activités.
Mais très vite l’anxiété monta dans le groupe : toutes ces choses gigantesques qui formaient notre horizon hors du bois, tout notre environnement avait changé. Les couleurs, les odeurs, l’humidité… tout !
Tout portait à croire que notre foyer avait été déplacé. Les plus anciens de la colonie se souvenaient de ce que d’autres anciens avaient raconté : des événements similaires s’étaient déjà produits. Des colonies avaient disparu, et leur bois également, en l’espace d’un cycle d’obscurité ! Ils attribuaient ça à des forces qui dépassent notre compréhension, des forces capables de déplacer les bois. Ces forces étaient craintes. On leur attribuait la capacité de répandre des liquides capables de tuer des colonies entières, et de rendre un bois mortel.
D’ailleurs, ce qui devait arriver arriva - comme une conséquence de notre déplacement. Alors que notre bois commençait à bien sécher et redevenir agréable, notre colonie fut de nouveau la victime de ces forces supérieures.
à suivre...
21 janvier 2008
Le petit jeu d'Atchoum - 5
Ekwerkwe a cherché à savoir, avec l'aide d'InFolio, comment additionner Fanes + carottes + vertu. Voici sa réponse, en texte et en image :
Le champ de carottes psychosensibles, un ancien stade traversé d’une allée étroite en terre battue, était d’une banalité de jardin potager, mais personne ne se laissait prendre à son aspect anodin et inoffensif. Les questions de vertu qui se réglaient sur ce champ d’honneur finissaient trop souvent en compost pour que l’on prenne l’épreuve à la légère.
Au bord du champ attendait une jeune fille. Elle se tenait très droite, un peu raide peut-être, mais elle souriait. A côté d’elle, son père fronçait les sourcils, et sa mère regardait droit devant elle, les lèvres pincées. Elle était soupçonnée d’avoir fauté… L’honneur de la famille était en jeu.
Plus loin, un homme était assis sur les gradins bondés, les mains crispées sur les genoux. Il savait, pour la meilleure des raisons, que l’assurance de la jeune fille n’était pas due à sa virginité intacte mais bien au souvenir d’une satisfaction supérieure.
Les sifflets, les hurlements et les insultes faisaient trembler les gradins. Les autorités avaient l’habitude de fermer les yeux sur les règlements de compte qui avaient lieu sur les champs de carottes. Les foules avides qui s’entassaient à leurs abords tenaient moins à l’établissement d’une vérité qu’au spectacle du châtiment. Escrocs, tricheurs, assassins… un soupçon suffisait pour y être traîné, et tenter d’échapper à l’épreuve équivalait à un aveu. Pourtant, la coutume avait beau être dure aux femmes, c’était la première fois qu’une jeune fille était convoquée sur un champ de carottes – quelles rancoeurs, quelles jalouses mesquineries avaient abouti à une telle bassesse ? Aucun des hommes qui tempêtaient sur les gradins ne semblait plus le savoir, seule comptait l’épreuve à présent, et son issue si certainement fatale.
Les oreilles rouges, ses parents regardèrent la jeune fille entrer sans une hésitation dans le champ de carottes. Une légère brise sembla d’abord agiter l’extrémité de leurs fanes. Puis les témoins stupéfaits virent les carottes, bouleversées, tendre leur feuillage vers la jupe dont l’ourlet les balayait. Un cercle frémissant dont la jeune fille était l’épicentre parcourut le champ de part en part : elle marchait sur une écume herbeuse, sans paraître se soucier des caresses qui alourdissaient sa jupe. L’éclat orange des carottes perçait parfois entre les vagues, mais il était aussitôt enfoui sous les fanes délirantes, qui mêlaient leur vert sombre au vert plus clair, plus secret, de l’envers de leurs feuilles. Au-dessus du champ, l’air vibrait et ondulait comme sous l’effet d’une forte chaleur.
La traversée achevée, la jeune fille adressa un clin d’œil à l’homme assis dans les gradins, et rejoignit ses parents rayonnants qui la serrèrent dans leurs bras avec honte et soulagement avant de l’emmener en toute hâte, comme craignant que les carottes ne se ravisent. Un silence pénible était tombé sur le stade, qui se vida rapidement de ses derniers citoyens. L’homme qui semblait avoir un intérêt si personnel au résultat de l’épreuve finit lui aussi par partir.
Dans le champ, les carottes fiévreuses et pâmées ne bougèrent plus jusqu’à la nuit, ne secouèrent pas même leurs fanes, molles d’épuisement.

























