Fanes de carottes

Un blogzine de (science) fiction

09 novembre 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand l’humain s’habille du robot

Exosquelettes : usage civil

Pour donner aux hommes des capacités de robots, l’une des pistes mise en œuvre actuellement est l’emploi d’exosquelettes. Un exosquelette est un dispositif mécanique dans lequel la personne s’installe, comme Icare dans sa gangue de cire pour avoir des ailes et voler dans la mythologie grecque. « Vous le portez, c’est tout. Comme votre peau, comme vos vêtements » spécifie Juan Rico dans « Etoiles, Garde à Vous ! » (Starship Troopers) de R. A. Heinlein « Il prend ses ordres directement de vos muscles et il fait plus qu’eux ». En accompagnant les mouvements des muscles, il augmente les capacités physiques de celui qui le porte comme le font les bottes de sept lieues du Petit Poucet dans conte. Ce système emploie une source d'énergie embarquée (autonome) et trouve des applications à la fois dans le domaine civil et militaire.

Les usages civils permettent soit une aide simple, soit une restauration de fonctions dégradées, soit une amélioration de fonctions existantes [1]. « A l’intérieur, se trouvent des capteurs de pression, par centaines. Supposons que vous appuyiez sur quelque chose avec la paume : le circuit perçoit cette pression, il l’amplifie, il appuie avec vous pour supprimer la pression exercée sur les récepteurs qui ont, justement, déclenché l’ordre d’appuyer. » détaille Juan Rico dans « Etoiles, Garde à Vous ! ».

Au japon, l’Université de Nagoya a ainsi proposé un système permettant de soulager les muscles d’ouvriers travaillant en permanence les bras en l’air [2]. L’exosquelette ReWalk [3] développé par la société Argo Medical Technologies est destiné à faire marcher des paraplégiques. Le Power Pedal de Matushita Electric [4] aide le déplacement de personnes affaiblies des jambes et permet d’amplifier jusqu’à sept fois la puissance musculaire fournie. Pour des personnes ayant des difficultés à faire certains mouvements, HAL (Hybrid Assistive Limb) [5] [6], développé par une société japonaise Cyberdine, apporte une aide musculaire sur les membres inférieurs et supérieurs. Et un modèle de l’Institut de Technologie de Kanagawa [7] autoriserait de soulever une masse de 100 kilos comme si elle n’en pesait que 50. Les tenues complètes sont relativement lourdes à porter, mais le poids est également compensé par le système lui-même, comme le décrit très bien R. A. Heinlein : « Tout équipé, il doit peser dans les deux mille livres. Pourtant dès qu’on vous a bouclé à l’intérieur, vous courez, vous sautez, vous pouvez vous étendre, prendre un œuf sans le casser […]. »

Dans le film « Apple Seed - Ex Machina » de Shinji Aramaki qui s’inspire du manga « Appel Seed » de Masamune Shirow, des travailleurs portent eux aussi de tels équipements, par exemple, pour décupler leur force au transport de lourdes charges. Dans ce même manga, les deux personnages principaux faisant partie des forces de l’ordre, Deunan et Briareos portent des exosquelettes pour combattre et se déplacer (modules volants).

Ainsi, l’usage des exosquelettes ne se limite pas à l’aide aux personnes handicapées ou l’aide aux travailleurs, il présente également un intérêt pour les militaires qui vient en eux un moyen d’améliorer les soldats.


[1] http://pagesperso-orange.fr/jp.guihard/memoire/biard/Biard.pdf

[2] http://www.physorg.com/news122543315.html

[3] http://www.argomedtec.com/

[4] http://www.gizmodo.fr/2007/06/18/un_exosquelette_pour_les_gambe.html

[5] http://www.cyberdyne.jp/English/robotsuithal/index.html

[6] http://robotimpact.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=427&Itemid=1

[7] http://www.gizmodo.fr/2007/10/08/un_exosquelette_de_superheros.html

01 novembre 2009

Numéro de novembre - An III

P5140282
photographie : InFolio

Posté par rose_alu à 08:00 - n°26 : Fanes de novembre an III - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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28 octobre 2009

Bûchers - 8

Corvée de bois

InFolio


Lorsque j’étais petit garçon, mes parents, mes deux petites sœurs et moi vivions dans une modeste maison. J’étais alors très impressionné par le feu qui s’animait dans la cheminée. Il se nourrissait de divers restes de repas, épluchures et os ainsi que de fagots ou de grosses bûches.

J’allais souvent avec mon père ramasser ces derniers dans la forêt. Un travail d’homme disait-il avec un clin d’œil. C’était l’occasion de faire un pique-nique au milieu de la nature. Et quelques heures plus tard, nous revenions fièrement, lui avec sa huche remplie sur le dos, et moi avec quelques fagots dans les bras. Une fois à la maison, il emportait le tout dans le bûcher, territoire dangereux et interdit. C’est salissant disait ma mère. Il y a plein d’outils, tu pourrais te blesser disait mon père.
Ainsi, lorsqu’il fallait remplir le panier à bois qui trônait à coté de l’âtre, c’était en général mon père qui, seul, se rendait au bûcher. Mais il arrivait parfois que je voie mes deux parents s’y rendre en même temps, panier sous le bras. Ils me confiaient alors la surveillance de mes deux sœurs. Ma mère allait aider mon père à fendre à la hache les morceaux de bois trop gros. La hache étant dangereuse, il nous était alors formellement interdit de les y rejoindre. On entendait alors souvent de grands bruits et quelques cris de ma mère. Leur effort accompli, ils revenaient, en sueur, avec le panier plein de bois pour le feu, arborant souvent une mine réjouie et satisfaite.

Le jour où ils partirent s’enfermer dans le bûcher en laissant le panier suspendu à la cheminée, j’eus quelques doutes sur les motivations réelles de leur destination. Mais, de nature obéissante, je n’ai pu franchir l’interdit pour en avoir le cœur net. Par la suite je me fis plus rare à la maison, mes petites sœurs grandirent et nous oubliâmes totalement ce rituel. Ce n’est que bien plus tard, en repensant à ces moments, que j’en vins à m’interroger sur la nécessité d’être à deux pour couper du bois à la hache.

Aujourd’hui, j’ai à mon tour une famille. Mes deux enfants, mon épouse et moi vivons dans une petite maison confortable. Elle est chauffée à l’électricité, mais nous apprécions de faire parfois un feu dans la cheminée. Nous avons, nous aussi, notre panier en osier posé à côté de l’âtre. Certes, plus de ramassage de bois avec les enfants, nous achetons les bûches et le charbon que nous stockons, tout naturellement, dans un bûcher…. Et nous disparaissons, ma femme et moi, de temps en temps, dans ce bûcher pour fendre quelques rondins… Bien sûr, l’ainée à pour consigne de surveiller son petit frère et de ne jamais pénétrer dans le bûcher. C’est salissant répète ma femme, il y a plein d’outils, c’est dangereux ! dis-je à mon tour.

Jusqu’à maintenant, ça marche à merveille ! Nous n’avons pas encore omis de prendre le panier et contrôlons nos mines réjouies en revenant au salon…

*   *   *

Ce cache-cache répondait à l'appel du Bûcher

Posté par Sebastien_ à 08:00 - n°25 - Fanes d'octobre an III - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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17 octobre 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand l’homme devient robot

InFolio

Dans notre société, les robots sont déjà très présents dans l’industrie et sont amenés à prendre une place de plus en plus importante dans notre quotidien. Mais l’intelligence artificielle du robot n’en est pas encore à un stade qui lui permette de prendre des décisions complexes. Les neurones issus du vivant ou l’intelligence humaine restent nécessaires pour superviser les machines.

Cette idée est développée en fiction avec les Mécha que l'on peut voir dans de nombreux animes et mangas comme « Neon Genesis Evangelion » de Yoshiyuki Sadamoto ou « Mobile Suit Gundam » de Yoshiyuki Tomino et Hajime Yadate. Dans « Neon Genesis Evangelion », les Eva sont des « robots » de chair qui possèdent un cœur (le Koa), une circulation sanguine, un système nerveux, ainsi que des parties mécaniques et électroniques alimentées en énergie par un cordon ombilical. Il leur manque cependant la capacité de décision et ont par conséquent besoin d’un pilote humain placé en eux dans un « plug » pour les mouvoir par la pensée. La synchronisation nerveuse entre le pilote et l’Eva est effectuée grâce à un lien nerveux appelé A10 situé dans le cerveau du pilote. Quand l’Eva perd un membre, le pilote croit l’avoir perdu lui aussi tellement la connexion nerveuse est intime. Bien avant cela, H.G. Wells dans « La Guerre des Mondes » en 1898 avait mis en scène les tripodes et machines à main des Marsiens selon le même principe : « L’intelligence vivante, le Marsien qui habitait la tête avait été tué et lancé aux quatre vents du ciel, et l’appareil n’était plus maintenant qu’un simple assemblage de mécanismes compliqués tournoyant vers sa destruction. »

Mais les Méchas restent de grandes créatures de Frankenstein appartenant au domaine de la fiction. Pour effectuer certaines tâches nécessitant soit une réflexion poussée que les robots n’ont pas, soit des capacités physiques que les hommes ne possèdent pas nécessairement, une autre stratégie est envisagée : améliorer l’homme.
Plusieurs moyens peuvent être employés pour augmenter les capacités soit physiques, soit intellectuelles des hommes et ils sont exploités aussi bien par la science qu’en fiction. Ainsi, dans les deux univers, on rencontre des exosquelettes, des prothèses et des implants.
Un exosquelette est un dispositif totalement externe, installé sur le corps, qui permet de démultiplier les capacités physiques de celui qui le porte en accompagnant les mouvements des muscles et éventuellement aussi de le protéger de son environnement. Ce système est autonome et emploie une source d'énergie embarquée.
Les prothèses sont, par contre, des éléments mécaniques qui viennent s’installer sur et dans le corps, tandis que les implants sont en général des éléments électroniques de plus petite dimension.

Dans notre réalité, les exosquelettes motorisés sont au stade du développement tandis que les prothèses et implants sont d’usage courant et deviennent de plus en plus sophistiqués. Tous trouvent des applications dans le domaine militaire, pour aider des personnes handicapées, des travailleurs ou des personnes âgées.
En fiction, les exosquelettes sont très souvent des combinaisons de combat facilitant le déplacement des personnages et les aidant à porter leurs armes, comme dans « Etoiles, Garde à Vous ! » (Starship Troopers) de Robert A. Heinlein (1959).
Les prothèses et implants sont légion dans les univers cyber-punks tels que ceux développés dans le roman « Le Neuromancien » de William Gibson, ou des jeux vidéos ou de rôle tels « Shadowrun ». La fiction va même bien au-delà avec des personnages complètement modifiés qui deviennent alors des cyborgs. Ainsi dans « Appel Seed », le manga de Masamune Shirow, Briareos est complètement cyber.
La fiction la plus récente suit les évolutions des connaissances en matière de miniaturisation et met en œuvre également les nanotechnologies. Ainsi, par exemple une « nano-suit » est employée dans le jeu vidéo « Crysis » [1] . Cette combinaison possède diverses fonctionnalités, comme un mode « armure » qui crée une carapace résistante aux coups autour du corps, ou un mode caméléon qui rend invisible. Mais surtout, elle fonctionne par l’injection de nano-machines [2] dans le corps de celui qui l’a revêtue lorsque qu’il utilise les modes « vitesse » (augmentation de la vitesse de déplacement) et « force » (pour booster les muscles du porteur).

Dans la nano-suit, il n’y a donc pas réellement d’élément mécanique externe en mouvement mais comme un exosquelette, une prothèse ou un implant, la combinaison utilise une technologie non-organique qui supplante le fonctionnement normal du porteur. Dans tous ces cas de figure, les hommes se parent d’éléments mécaniques ou électroniques qui les font ressembler à des robots.


[1] http://www.crysis-france.com/index.php?option=com_content&task=view&id=394&Itemid=44

[2] http://fr.youtube.com/watch?v=2-lLjN-h6Bc

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16 octobre 2009

Portraits inattendus de lecteurs - 2

Lecture d'outre-ombre

InFolio



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Ce chemin de lecture a été dessiné en marge du plan touristique intitulé : "Portraits inattendus de lecteurs"

02 octobre 2009

Edito d'octobre

Octobre marque le début de la troisième année d'existence du blogzine.

Le mois dernier, pour cette occasion, nous avions passé des légumes à la casserole. C'était pour nous un faux départ - imprévu - vers ce qui devait être une nouvelle version du blogzine. Mais ce n'est que partie remise.

Alors, en attendant, histoire de bien finir le travail, nous allons carrément tout cramer, carboniser dans de multiples flammes de bûchers ardents : feux célestes, feux intérieurs, feux de joie, feux d'adieu, feux symboliques...

P9080008

De quoi nous mettre le rouge au front, enflammer les joues, pétiller les yeux et réchauffer les mains.

Allez, venez, rapprochez-vous du coin du feu. L'automne est là. Il faut se tenir au chaud ! Et pourquoi pas avec un livre, d'ailleurs ?

Alors, pour se reposer un peu et nous remettre de nos émotions, asseyons-nous calmement pour regarder quelques lecteurs s'adonner à leur passion.

Il sera également temps de voir commencer un nouveau cycle sur les liens entre les sciences et la science-fiction.

Photographie : Ekwerkwe

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21 septembre 2009

Fan de fanes

Fan-art

8Bricoler

Chez les fanes de carottes,

en plus de lire, écrire, photographier...

nous avons également tendance parfois à vous faire bricoler.

Qui est prêt à dégainer son marteau pour ce dernier fan-art ?

1- MAP

2- Cacoune

3- Pandora

4- Mc d'augé

5- Ekwerkwe

6- Vanina

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19 septembre 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les hommes traitent les robots comme des objets

InFolio - Llo - Stellasabbat


Comme nous l’avons vu, de nombreux travaux des chercheurs tendent à donner un aspect humain et des actes humanisés aux robots. Au Japon, un pays où la population âgée est importante, le but de nombreux robots est de tenir compagnie et de venir en aide aux personnes âgées. Par ailleurs, Repliee [1], qui peut être employée pour faire des conférences ou de l’accueil, semble tellement humaine que gens mettent un certain temps pour réaliser qu’il s’agit d’un robot qui s’exprime. De même, Aïbo [2] de Sony est programmé de manière à remplacer un chien dans une famille.

On peut alors s’interroger pour déterminer dans quelle mesure ils peuvent être considérés comme des objets. La Science-Fiction aborde d’ailleurs très souvent ce thème comme dans le film I, Robot (issu d’une nouvelle d’Isaac Asimov) qui porte une réflexion sur l’humanité du robot « Sony » qui a un libre-arbitre et est unique.


Ces interrogations se placent parfois du point de vue des robots, comme dans la nouvelle « L’Homme Bicentenaire » (1976), également d’Isaac Asimov et adaptée au cinéma par Chris Colombus (1999). Elle met en scène Andrew, un androïde qui suite à un disfonctionnement développe des émotions et veut être reconnu comme humain.

De même, dans le film « A.I. » de Steven Spielberg (2001), l’enfant robot, David, est programmé pour donner un amour sans limites à ses parents adoptifs et n’a pas conscience qu’il n’est pas un vrai enfant. Les parents, à l’opposé, malgré l’affection qu’ils lui portent conservent en tête le fait qu’il est une machine.

Mais il arrive également que cette question soit un fait de société. Ainsi, dans les nouvelles du cycle de la « Culture » d’Iain Banks, la société à tendance anarchique nommée « La Culture » possède un degré de tolérance extrêmement élevé. Elle se compose aussi bien d’humains, d’extra-terrestres, que de machines tels des robots dotés d’intelligence appelés drones et des supercalculateurs appelé mentaux. Les intelligences artificielles mécaniques ont exactement le même statut social que les êtres organiques. Ailleurs, dans l’univers d’autres civilisations plus rigides sont en général moins tolérantes envers les machines.

De même, dans « Blade Runner », le roman de P. K. Dick, ou le film éponyme, certaines personnes militent pour que les réplicants aient les mêmes droits que les êtres humains. Rick Deckard démissionne de la Police car il considère le nouveau modèle, le Nexus 3, trop humain pour être considéré comme un objet. Or, les robots étant bannis de la Terre, c’est le rôle des policiers de les démasquer et de les abattre. Sur d’autres planètes où ils sont autorisés, d’autres désapprouvent le fait que les robots soient traités comme des sortes d’esclaves de caste inférieure. A l’inverse, généralement, les notables (hommes politiques) et les journalistes les décrivent comme des objets.

La même idée du robot reclus dans certaines zones se retrouve dans la version d’Ozamu Tezuka de « Métropolis » : les robots qui quittent la zone sous-terraine vers laquelle ils sont attitrés sont abattus. Étonnant parallèle, dans le « Métropolis » de Fritz Lang, ce ne sont pas des robots mais des ouvriers humains qui sont parqués dans les zones inférieures de la ville.

C’est d’ailleurs sans doute par rapport à la question du travail que les robots interrogent le plus notre société. Le mot même robot, inventé par l’écrivain, journaliste et dramaturge Karel Capek à partir du mot tchèque "robota", signifie dur labeur ou corvée. Si la robotique s’est développée d’abord aux Etats-Unis, son essor y a été stoppé par l’action des syndicats, qui se sont opposés à l’automatisation des procédés de production. De même, dans « Blade Runner » dans certaines usines, les syndicats s’opposent au remplacement des humains par des machines. Au Japon, en revanche, la faiblesse des syndicats a permis le développement de la robotique ce, dans un contexte particulier : celui de la fin de la Seconde Guerre mondiale, où la relance de l’industrie japonaise était grevée par le manque de main-d’œuvre.

Les robots sont déjà très présents dans notre quotidien où ils effectuent les tâches les plus répétitives et les plus dangereuses, souvent sans que nous y prêtions attention (par exemple, l’ouverture automatique des portes). Ils devraient, d’ici une dizaine d’années, accomplir toute une série de « tâches plus mécaniques et plus laborieuses : le nettoyage des rues et des immeubles, l’assistance domestique, le soin aux personnes âgées. Ils seront également très présents dans les interventions à haut risque comme celles de lutte contre le bioterrorisme, la manipulation de substances toxiques, les tâches environnementales. Les robots iront surtout là où l’homme ne doit pas aller : dans les régions extrêmes, pour l’exploration spatiale et sous-marine. » [3]

En ce sens, l’automatisation de la société constitue une solution pour nous libérer de ces tâches répétitives, ingrates et faussement garantes de notre indépendance et de notre autonomie. Pour autant, en dotant les robots d'émotions humaines, ne risque-t-on pas de voir se réaliser le scénario imaginé en 1921 par Karel Capek, dans sa pièce « RUR (Rossum’s Universal Robots) » : les robots, fabriqués par l’homme pour accomplir les tâches les plus pénibles, ne finiront-ils pas se rebeller contre leur créateur ? A moins que le message de Capek ne soit adressé à nous, humains ?


Et traiter les robots comme des hommes a certaines limites. Mais comment statueraient des juges s’ils avaient à juger l’ordinateur HAL de « 2001, l’Odyssée de l’Espace » pour l'assassinat de l'astronaute Frank Poole ? Ils auraient à statuer sur l'aptitude d'une machine consciente à prendre des décisions, et devraient définir sa responsabilité pénale. Inversement, si HAL est jugé conscient de ses actes, Dave Bowman devrait-il être jugé pour l’avoir débranché ? Cela pourrait-il être considéré comme de la légitime défense ?


[1] http://www.sur-la-toile.com/article-758-Repliee-Q1-Un-andro%EFde-tres-realiste.html

[2] http://support.sony-europe.com/aibo/index.asp?language=fr

[3] Kazuhito Yokoi, co-directeur du laboratoire franco-japonais de robotique de Tsukuba, cité in « Hommes et machines doivent apprendre à se comprendre », Publico, Madrid,       article repris dans le supplément technologies de Courrier International, n° 941, 13-19 novembre 2008, p. III.    

12 août 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les robots ont mal

InFolio - StellaSabbat - Llo

Les robots ont besoin comme les humains de ressentir des émotions. Cela leur permet aussi de mieux vivre en société en adaptant leur comportement en fonction des situations. Par exemple, non seulement la peur mais aussi la douleur sont des émotions particulièrement importantes pour éviter de refaire sans cesse les mêmes erreurs.

La souffrance et la douleur chez les robots, dans la fiction ou dans la réalité, si elles s'expriment sont programmées. En effet, un robot peut souffrir : il suffit de créer cet accès à la douleur en mettant les bons capteurs au bon endroit. C'est d’ailleurs très nécessaire à sa protection afin d’adapter son comportement si sa peau est percée ou si l’un de ses moteurs se casse. Un robot sans souffrance a un apprentissage limité des dangers de la vie… tout comme une personne dont les connexions nerveuses défaillantes ne lui donnent pas de sensation de douleur. Elles ont de nombreux problèmes de santé : fractures, brûlures, coupures, hématomes...

En pratique, dans notre monde, certains êtres mécaniques sont conçus pour exprimer la douleur pour entraîner les étudiants en médecine, tel le mannequin électronique simulant un accouchement appelé NOELLE [1] [2] qui simule les contractions et exprime la douleur d'une femme ou encore le robot composé d'un visage humain qui va grimacer sous la roulette du dentiste [3]. En science-fiction, on trouve le cas de R2D2 dans « Star Wars » qui couine quand il se prend des décharges électriques.

Dans « Blade Runner » de P.K. Dick (ou le film de Riddley Scott qui en est tiré), après une révolte sanglante de réplicants dans une colonie martienne ceux-ci sont bannis de la Terre. Ceux qui tentent de revenir sur Terre en situation irrégulière sont détruits (subissent un « retrait ») un à un par des chausseurs de robot (comme Blade Runner). Or, même s’ils ont été programmés pour arriver à simuler ce qu'aurait ressenti un être humain (bien qu'ils ne ressentent pas de « vraies émotions »), comme ils n'ont pas d'enfance et sont créés directement en tant qu'adultes, leur manque d'expérience peut trahir leur nature robotique. Cependant, il existe un modèle très perfectionné, le « Nexus 6 ». Certains spécimens ont développé de « vraies émotions », et d'autres peuvent être dotés de souvenirs. Le Blade Runner doit donc se fier aux maigres différences entre les replicants et les humains, et emploie pour cela le test de Voight-Kampff qui permet de déceler l'empathie. En effet, les replicants n'ont aucune empathie et ne réagissent pas quand ils se font prendre. Ils n'aideront pas l'un des leurs qui serait capturé. Et ils ne souffrent pas si, par exemple, on met à mort un animal face à eux. On peut cependant noter que dans l'adaptation au cinéma, les robots vont voir leurs créateurs parce qu'ils veulent vivre plus longtemps. Ils ont peur de mourir si vite et sont en colère contre leurs créateurs qui leur ont donné une vie si courte.

Les humains peuvent ressentir des émotions pour les robots, et pour leur propre apprentissage les robots auront besoin de plus en plus de développer des sentiments pour les vivants, eux-mêmes et les autres robots. L'existence d'empathie et de souffrance est pour l'instant un critère offert par la Science-Fiction pour conserver une distinction entre les humains et les robots, mais la réalité est plus complexe. L'absence de douleur chez les robots permet aux humains de leur rendre leur statut de simple objet. Pourrons-nous continuer longtemps à considérer les robots comme des objets ?

[1] http://www.ledroideenchaine.com/news+article.storyid+3564.htm
[2] http://www.gaumard.com/viewproducts.asp?idproduct=40&idcategorie=62
[3] http://www.ledroideenchaine.com/news+article.storyid+3667.htm

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21 juillet 2009

fan de fanes

Fan-art

7Lireb

Chez les fanes de carottes,
en été, nous vous proposons des activités au calme et au frais.
Comme durant le reste de l'année,
il s'agit ici de dévorer des yeux
les textes qui remplissent nos étagères, de mois en mois.

Alors, quel volume piocherez vous dans la bibliothèque ?

1- MAP

2- Vanina

3 - Ekwerkwe

Posté par InFolio à 08:00 - n°22/23 - Nouvelles fanes d'été - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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