Fanes de carottes

Un blogzine de (science) fiction

25 août 2008

L'été en liberté

Enfin la solution!

Sur le mur, Papistache-le-navigateur voyait... un portulan!

Papistache___portulan_1_

Vous avez vu :

- sur la droite, la tête d'un éléphant et sa trompe qui vient puiser dans un bidet (InFolio) ; un éléphant assoiffé qui passe sa tête par la fenêtre pour boire dans un bidet (kloelle).

- dans une vue plus globale de ce qui se trouve sur la droite, près de la porte la tête d'un homme qui semble flotter dans le ciel, il se penche sur un nuage (en bas) dont il croque un bout, et un ver à nuage sors légèrement contrarié qu'on lui mange sa maisonnée... (sandrine) ; ou bien un éléphant qui éternue et ses oreilles se soulèvent, un serpent qui prend peur et s'envole sous la déflagration, et à la suite de cela un bain de mousse qui déborde et fait plein de bulles (MAP).

-  en bas à droite, un escargot avec une coquille porte qui a l'air effrayé car un bison - dont on ne voit que le bas du corps et les pattes.... - ne va pas tarder à l'écraser... (miss-ter)

- à gauche,  E-T en train de jongler avec des balles de tennis (val) ;  ou encore quelqu'un qui fait sauter des crêpes... (Adi)

- et enfin, la réponse plus proche, la carte d'Europe qu'elle dessinait les yeux bandés (joye)...

ce qui ne gâche rien à la belle imagination de tous nos lecteurs !

* * *

La règle du jeu
c'est
la liberté!

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23 août 2008

L'été en liberté

Papistache___d_ailleurs_1_

Sur un mur, dans les Landes, Papistache-à-l'oeil-joueur voit...

Non, finalement, nous n'allons pas vous dire ce qu'il voit, pas avant lundi en tous cas.
Nous allons plutôt jouer, et vous allez dire, vous, ce que vous voyez...
et nous publierons vos réponses et vos images commentées!

* * *

La règle du jeu
c'est
la liberté!

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23 juin 2008

Le jour de la solution du rébus

Une dépêche de l'AFP de haute importance est tombée sur nos transcripteurs samedi soir.

A cause de contraintes de planning, l'information capitale à propos de l'envahissement de notre planète a pris le pas, et c'est en ce beau lundi que nous vous faisons part de ce message : 

"Bon, mainteant ça ne sert plus à grand chose, Tilu est trop forte et merci à toutes celles qui ont apporté une pierre au mur du moulin.

Papistache"


Conformément à l'engagement que rose, disparue dans une faille temporelle durant le week-end, avait pris, courageusement je reprends, au péril de ma vie, sa mission en publiant ce jour la solution du rébus :


rebus_soluce_fanes_1


rebus_soluce_fanes_2


rebus_soluces_fanes_3


"J'ai pensé qu'un rébus plairait aux fans des fanes"

"J'ai pensé encore qu'un magazine divertissant ses abonnés et les remplissant de joie apporterait"

"détente et gaité"


Merci à Papistache pour ce moment de détente et de gaité. On en reprend une part quand vous voulez.

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20 juin 2008

Le jour du rébus

Papistache,
pour ne pas laisser nos neurones au repos,
a composé un rébus
en trois planches
(que vous pouvez agrandir
_ en cliquant)

Chers lecteurs,
qui déchiffrera
les propos codés de Papistache ?

Vous avez
jusqu'à dimanche
à l'heure du thé
pour nous proposer vos réponses.

Amusez-vous bien !

rebus_fanes_1

rebus_fanes_2

rebus_fanes_3

***
un avant-goût d'été en liberté

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02 juin 2008

Le défi aux Fanes - 6

Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue... 

Pour ce dernier épisode du feuilleton "Joyeux anniversaire, Georges !", InFolio nous ouvre le journal intime de la voisine de Georges...

17 mars 2008
Petit journal, ça fait maintenant 3 jours que je suis dans mon nouvel appartement. Je m’y sens bien, c’est agréable. La rue est calme. Et j’ai enfin fini de déballer tous mes cartons et d’emménager.
Cette semaine, je ne travaille pas encore, je vais pouvoir prendre du temps pour me promener et lézarder sur mon balcon.
J’ai croisé, en allant acheter du pain vers le milieu de la matinée, le charmant voisin qui habite en vis-à-vis de chez moi.
Il me semblait pourtant qu’il était instituteur ? En tout cas, c’est ce que m’avait raconté la boulangère qui est deux immeubles plus loin.
Comment est-ce possible qu’il soit de retour chez lui si tôt ? Ce ne sont pourtant pas les vacances.
Quand je l’ai croisé sur le trottoir au sortir de sa voiture, il était pâle comme un linge, et chancelant. Il semblait sur une autre planète, il est passé sans un regard et n’a pas répondu à ma salutation. Avant-hier, il avait eu un sourire et un geste de la main. Il doit être malade.
Ca a un peu modifié mes envies de lézardage insouciant. J’ai acheté mon pain rapidement pour vite revenir chez moi et transformer mon balcon en discret poste d’observation.
Je ne l’ai pas vu pendant un bon moment. Mais plus tard, en fin d’après-midi, il était penché sur son bureau. Il se trouve que l’une des fenêtres de son appartement (celle de son salon j’ai l’impression, je ne vois qu’un bureau avec son fauteuil, un coin de table et un canapé) est en vis-à-vis de la mienne. Il me faisait peine, on aurait dit que la journée l’avait transformé en vieillard, tant il était voûté, tant il avait l’air fragile.

18 mars 2008
Quelle belle journée ! Le soleil m’a fait le plaisir d’être encore de la partie.
J’ai manqué le départ de mon voisin ce matin, je dormais encore, toute à mes vacances.
Mais je l’ai vu revenir vers 14h cette fois. Je ne comprends vraiment pas. Il était aussi pâle que la veille, c’est un véritable zombie que j’ai vu s’avancer dans la rue et rentrer dans son immeuble alors que je finissais de manger sur le balcon.
Alors qu’il était dans son appartement, j’ai pu le voir s’effondrer comme une masse sur son canapé, et j’aurais juré qu’il pleurait.
Vers 14h, j’ai entendu par la fenêtre ouverte son téléphone sonner. Je n’ai capté que quelques bribes. Trop peu pour comprendre, mais au ton de sa voix, il semblait bouleversé et désorienté.
Le soir, je l’ai à nouveau vu penché sur son bureau. J’aimerais savoir ce qu’il peut bien écrire comme ça tous les soirs ?

19 mars 2008
Un nouvelle journée qui a commencé tôt pour moi. J’ai mis mon réveil pour surveiller mon voisin. Il m’inquiète vraiment, il est si craquant… C’était un coup de poker, travaille-t-il le mercredi matin ou le samedi matin ?
J’ai été surprise de le voir tourner dans son appartement comme une tornade. Ca ne lui ressemble pas. Quand la lumière de son salon s’est éteinte, j’étais moi aussi habillée et je suis stratégiquement descendue poser ma poubelle dans le container qui avait été placé au pied de l’immeuble.
Je l’ai donc vu sortir de son immeuble, rasé de frais, cheveux bien peignés, costume gris sombre, chemise blanche, cravate noire… Avec ses grands yeux tristes, ça lui donnait un air enfantin attachant. Mais allait-il à un enterrement ? Ca pourrait expliquer pourquoi il avait eu l’air si renversé dernièrement.
Le midi, à son retour, n’avait plus sa cravate.
Cette fois encore, il s’est assis d’un air abattu sur son canapé. J’ai de plus en plus envie de le réconforter.
Il a encore écrit ce soir. Tient-il un journal, comme moi ? Rêve-t-il lui aussi dans son journal de faire connaissance avec sa nouvelle voisine d’en face ?

20 mars 2008
Etrange, malgré mon réveil et ma surveillance, j’ai manqué mon voisin ce matin. Sa voiture était déjà partie, et l’appartement éteint à l’heure à laquelle, la veille, je l’avais vu se préparer. Encore une énigme à propos de mon mystérieux voisin.
Aujourd’hui, j’ai découvert le bureau de poste le plus proche de chez moi. La promenade dans le quartier a été très agréable. J’ai également trouvé un square, où j’ai annexé un banc pour l’après-midi, avec un bon livre. Vers 16h30, j’y ai vu arriver plusieurs parents avec des enfants ce qui a ramené à ma mémoire mon pauvre voisin. Je me suis alors dépêchée de rentrer pour tenter de le croiser au moment de son arrivée.
Je l’ai manqué, sa voiture était déjà là quand je suis arrivée chez moi. Je n’ai pu qu’apercevoir de loin ce qui semblait être son dos, s’engouffrant dans son immeuble. Tant pis.
Au moment où j’écris, il est de nouveau penché sur son bureau. Il a veillé tard ce soir. Une lumière filtrait encore sous la porte que je devine être celle de sa chambre quand je me suis moi-même couchée.
Et moi, cher journal, il faut que je me calme, j’ai rêvé de lui la nuit dernière, alors qu’il m’est inconnu.

21 mars 2008
C’est vendredi aujourd’hui. Encore trois jours de repos. Je commence lundi. Maintenant que j’ai repris le rythme de me lever tôt, je le garde pour arriver en forme lundi au travail.
Ca m’a permis de voir mon voisin se lever bien plus tard qu’il ne l’avait fait ces derniers jours (mais qu’est-ce qui relève de la norme avec lui ?). Il s’est habillé en trombe et a filé en un clin d’œil. C’est en courant qu’il a rejoint sa voiture. De plus en plus surprenant.
Pour moi, rien de bien passionnant. Un peu de ménage, et une visite au supermarché pour remplir réfrigérateur et placard, en prévision de la reprise du travail qui réduira mon temps libre pour ce genre de contraintes ménagères.
Le voisin, pour revenir à lui, est revenu vers 17h, une pochette rouge à la main qu’il a posée sur son bureau. Du travail pour le week-end ?
En tout cas, le soir même, il n’a pas touché à la pochette. C’est de nouveau ce que je suppose être son journal qui a eu ses faveurs lorsqu’il s’est installé au bureau. A un moment, il s’est levé, a empoigné son téléphone, puis l’a remis à sa place, avant de revenir à son bureau gribouiller je ne sais quoi… Ce soir, plus que tout autre, j’aurais aimé être un espion dans son cerveau, une araignée au plafond de l’appartement pour comprendre ce qui se passe chez ce beau gosse. Il est vraiment déroutant, et je me perds en conjectures.
Si c’est à un enterrement qu’il est allé, il m’a semblé très bouleversé les deux jours qui l’ont précédé, mais s’est semble-t-il remis bien vite d’aplomb. Si c’est uniquement son travail qui le tourmente, alors pourquoi ce costume ? Mais tout cela n’explique pas ce manège avec le téléphone.
Tout ceci aiguise ma curiosité et m’attire de plus en plus !

22 mars 2008
Pas très courageuse ce matin. J’ai eu du mal à me réveiller.
C’est devenu un rituel de curiosité, j’ai jeté un œil par la fenêtre et j’ai vu mon voisin, penché sur son bureau. C’étaient des copies d’élèves cette fois qui le retenaient à sa table. Celles qui devaient être dans la grande pochette.
Sa fenêtre était de nouveau ouverte, ce qui me permettait d’avoir une vue imprenable sur son salon. Pendant que je buvais tranquillement mon thé, assise sur le balcon, camouflée derrière mon bambou, je l’ai vu se lever plusieurs fois, et s’approcher du téléphone, puis retourner à son siège avec un air abattu. Il semble attendre un appel ou hésiter à en passer un.
Puis j’ai été témoin d’un étrange manège qui m’a une fois de plus plongée dans une grande perplexité. Il saisit quelque chose que je ne parvins pas à voir, et il se mit à pleurer. D’un regard éperdu il se mit à chercher une boite de mouchoirs pour sécher ses yeux et cacher son visage tandis qu’il se recroquevillait sur son canapé.
Oserais-je le héler ? Oserais-je aller sonner à sa porte pour lui proposer de venir boire un thé avec moi et lui changer les idées tout en en profitant pour faire connaissance ?

Ca y est, je sais tout : alors que j’étais plongée dans la lecture d’un magazine, j’ai entendu son téléphone sonner. Tout ce que j’en ai entendu c’est comme un cri qu’il a poussé « Solange ! Je suis heureux ! » avant qu’il ne raccroche.
Ainsi, il y avait donc une femme, cette Solange, qui l’a torturé depuis tous ces jours. Pauvre de moi, dire que je commençais à rêver d’une aventure à travers la rue !

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30 mai 2008

Le dictionnaire illustré de la SFFF

Papistache___Th_thé

n. masc.
1- Végétal arbustif de la famille des théacées également appelé théier, Camellia sinensis ou arbre à thé. Il était cultivé sur Terre dans la région appelée Asie. Ses feuilles ont longtemps été consommées en infusion.
2- La boisson issue de l’infusion dans de l’eau chaude des feuilles séchées du théier. Cette boisson a été interdite suite à un décret paru au 21è siècle. La consommation importante et régulière de cette boisson avait engendré de graves vagues de folie littéraire.

(par InFolio)

vaironV_ron

adj.
Se dit des yeux quand ils sont de couleurs différentes.
Deux écoles s’affrontent pour tenter d’expliquer ce phénomène.
Les recherches du professeur Makin couplent génétique, psychologie et aptitudes physiques et intellectuelles. Elles démontrent que la distribution des couleurs est significative du développement neuronal du sujet : l’activation différenciée des deux hémisphères du cerveau impacte la pigmentation oculaire selon un code-couleur précis.
Les études récentes du professeur Biddùl, à l’inverse, partent du postulat que ce type de données génétiques (innées) ne saurait influer sur le développement intellectuel et affectif des sujets (acquis). Il soutient que les interprétations couramment admises relèvent autant de superstitions ancestrales que de pré-requis culturels et subjectifs. Ses études, réalisées dans des conditions validées par le Haut-Conseil Scientifique (H.C.S.), ont mis en lumière le caractère strictement aléatoire et a-signifiant de ces rares « incidents de parcours » génétiques, pour reprendre sa propre terminologie.

(par ekwerkwe)

Kloelle___valsevalse

n. fém.
1 - Danse exécutée lors des parades amoureuses des peuples humanoïdes d’avant le troisième millénaire.
2 - Par extension, mouvement ondulatoire anormal adopté par les atomes soumis à une forte concentration de rayons Lm (cause supposée du Ravage selon la thèse du Dr K. L. Oel dans son ouvrage controversé « La Valse des riens »).

(par Rose_Alu)

elisala___vert2vert

adj.
1 - qui manque de maturité, d’expérience, qui est relatif à la jeunesse : les vertes années, un soldat vert de l’armée de terre (abrév. un “vert de terre”)
2 - qui éprouve des sensations désagréables au point de développer certaines manifestations de dyschromie : être vert de peur, de maladie, de jalousie
3 - anciennement, adjectif de couleur évoquant la teinte des plantes à chlorophylle (couleur tombée en désuétude, à laquelle on préfère le gris ou le beige, considérés par les chromologues comme plus apaisants pour le psychisme humain ; couleur devenue rare depuis le milieu du 22e siècle et l’obligation d’obtenir un laisser-passer pour visiter les réserves naturelles, et par conséquent délaissée par les créateurs graphiques par ordinateur)

n. masc.
Nom pris par un groupe de militants réclamant une réhabilitation dans les écoles de la « langue verte » (langue de l’enfance, voir sens 1 Adj.) : les Verts.

(par Rose_Alu)

Zag___ZigZagZig-Zag

Surnom donné à Zongla Zinopon, célèbre héros des guerres zombiques, en raison de sa démarche titubante. Gravement blessé au laser mégatronzique dans la galaxie Zettajaun, il fut amputé de trois de ses cinq appendices ambulatoires et refusa toute tentative de greffe ou d’appareillage, préférant se servir de son handicap pour sensibiliser les citoyens à la cause des vétérans de guerre.

(par InFolio)

* * *

Vous aussi vous avez envie de participer à l'élaboration du dictionnaire
de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique?
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26 mai 2008

Le défi aux Fanes - 5

Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue... 

Aujourd'hui, Rose donne le point de vue de Léa sur les évènements survenus durant le cinquième épisode...

Si monsieur B*** l’avait désignée pour réciter cette fable, Léa en était sûre, c’était pour lui rabattre le caquet. « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf »… « Une Grenouille vit un Bœuf /qui lui sembla de belle taille. » Une belle façon de la traiter de minus, de vermisseau. De lui refuser le droit de montrer l’étendue de ses connaissances. C’était déjà ce qui se passait dans la cour, à la récréation. Elle s’approchait, elle voyait Sarah exhiber un bracelet vaguement tressé et déclarer fièrement que son papa le lui avait ramené d’Inde, où il était parti la semaine précédente. « Ca m’étonnerait qu’il soit allé en Inde la semaine dernière, assenait Léa, je l’ai vu sortir de chez la maman de Tommy, qui habite en face de chez moi. » «Madame Je-sais-tout, d’abord tu dis n’importe quoi », essayait d’articuler Sarah au milieu de ses larmes. Ou encore elle interrompait le pilote d’une navette spatiale en plein décollage des escaliers de la cantine d’un « Tu n’as pas lancé le moteur, on n’a rien entendu, là. Recommence. »
Léa détestait l’à-peu-près. Aussi, quelques jours auparavant, lorsque monsieur B*** avait inscrit au tableau une date en 19**, avait-elle lancé : « Monsieur, vous retardez carrément, on n’était même pas nés. » D’habitude, quand elle se permettait ce genre de remarques, monsieur B*** était pris d’une colère froide qui le faisait bafouiller et qui amusait beaucoup la classe. Mais ce jour-là, il n’avait absolument pas réagi, si ce n’est qu’il avait donné aux élèves un exercice de mathématiques que personne n’avait su résoudre. Les boulettes de papier avaient volé, vers le tableau mais aussi dans sa direction. Quant à monsieur B***, il avait dû ourdir sa vengeance et elle éclatait ce matin-là, avec cette histoire de grenouille.

« Elle n’était pas grosse comme un œuf… » Léa déteste l’à-peu-près, mais hier, absorbée par un énième visionnage de « Pinocchio », son film préféré, elle n’a pas pensé à redire ses poésies. « Elle s’étend, elle s’enfle, elle travaille »… Léa peine aussi, mais elle connaît le moyen de faire diversion : elle gonfle ses joues, élargit sa poitrine, éloigne les mains de son corps, imite le dandinement de monsieur B*** au tableau. « Regardez bien, ma sœur ; est-ce assez ? j’y suis ? » Léa frôle l’asphyxie et son texte se transforme en bouillie, mais l’effet escompté est produit : les élèves rient, le brouhaha s’installe, on n’entend plus ses erreurs. « La chétive pé… (elle passe la fin du mot, introuvable) / s’enfla si bien qu’elle en creva. » hurle-t-elle à bout de souffle tandis que la classe explose de rire.

Mais son triomphe est interrompu par des coups tambourinés à la porte, qui s’ouvre sur la directrice tordant l’oreille à un élève de sa classe. C’est Kevin, un garçon bien connu de l’ensemble de l’école, un expert en croche-pieds. L’instituteur se tourne vers Léa :
- Il n’y a personne à côté de toi ; Kevin, tu vas t’installer là, Léa t’aidera à faire tes exercices !
- Eh ! Je ne m’appelle pas Pinocchio !
Mais cette protestation cinéphile est perdue pour la classe et le dépit envahit Léa : monsieur B*** a finalement réussi à se venger, et elle ne peut que ronger son frein, tandis que son nouveau camarade lui envoie en douce des coups de stylo bille, maculant sa chemise impeccable de taches sombres. Son seul réconfort vient des borborygmes du professeur à l’approche de l’heure du déjeuner : ces gargouillis ressemblent à s’y méprendre au bruit de l’explosion de cette pauvre grenouille, qui « s’enfla si bien qu’elle en creva ». Voilà sa revanche.

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23 mai 2008

Le dictionnaire illustré de la SFFF

Dona___Rom_oRoméo (syndrome de)

Nom donné au syndrome des patients souffrant d’amnésie passagère et ayant oublié jusqu’à leur propre nom, trouble le plus souvent lié à une pathologie amoureuse ou aux séquelles de coups ayant fait sauter le module identitaire placé en zone B6 du cerveau gauche.
Pathologie et soins décrits dans la partie II,2 de l’œuvre du docteur Chuck Spear « What’s in a name ? ».

(par Rose_Alu)

Rose___roserose

n. fém.
Fleur multicolore, d’odeur puissante et suave, poussant sur de longues tiges épineuses. Des documents nombreux et variés font état de la prolifération de cette fleur sur l’Ancienne Terre, très utilisée en parfumerie, en littérature, en poésie, en peinture, etc.

Adj.
Par extension, s’applique en tant que qualificatif aux tissus chatoyants, aux couleurs douces et changeantes.
Ex : « Quand elle dansait dans sa longue robe bleue, taillée dans un vaporeux tissu rose, elle semblait virevolter sur la mer. »

(par ekwerkwe)

InFolio___spetzlesspetzles
n. com., pl. inv.

Aliment à base de blé, fabriqué exclusivement sur la planète Terre.
Les convoitises suscitées par ce mets recherché ont donné lieu à plusieurs conflits majeurs, militaires et économiques, tout au long du XXIème siècle, jusqu’à ce que la grande unification du XXIIème siècle, qui a permis son exportation dans l’ensemble des planètes habitées, et surtout sa synthétisation par les laboratoires Progusto, ne l’aient banalisé.

(par ekwerkwe)

Steak VertEkwe_Steack6
Nom propre. Litt.

Ancienne dénomination d’une collection de romans. Lorsque les informations étaient recueillies non pas sous forme numérique mais sur du papier, ce terme désignait des romans pour la jeunesse. Voir également, le Steak Rose, le G-Lu, et le Rit Noir.

(par InFolio)

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19 mai 2008

Le défi aux Fanes - 4

Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue... 

Cette fois, c'est le tour de  Stella pour le 4e épisode du feuilleton "Joyeux anniversaire, Georges !". Elle nous propose le point de vue du maître-nageur.

Jeudi 20 mars 2008

Ce matin-là, après une nuit où, ne parvenant pas à trouver le sommeil, j’avais renoncé à le chercher, j’avais enfourché mon vélo et pédalais dans les rues vides et silencieuses du quartier des Lilas.

J’aime ces premières heures du jour où tout semble encore endormi autour de moi, le silence et surtout cette impression que ces heures, bien plus que les heures bruyantes que je dois partager avec d’autres, m’appartiennent. Enfin, le temps qui, par essence, est fuyant peut-il appartenir à qui que ce soit ? Et même, peut-on réellement posséder quoi que ce soit ? Quant à posséder quelqu’un… c’est une question que je ne me pose même pas. Et ce matin-là, je n’avais envie de m’en poser aucune, juste de profiter de cette aube qui promettait une vraie journée de printemps ; et un jour avant son arrivée officielle, cela avait - un peu - un goût de plaisir défendu.

Presque sans y penser, je m’étais retrouvé devant la piscine municipale, où j’officie en tant que maître-nageur. Soudain, alors que je venais d’entrer dans la demi-sphère orangée, héritage d’un délire architectural des années 70, j’entendis un bruit sourd suivi par une exclamation elle-même étouffée :

« Fichtre… »

Je me plaquai contre le mur du hall d’entrée de la piscine. Non pas parce que je n’étais pas supposé être là à une heure si matinale, mais plutôt parce que je n’avais plus entendu cette expression depuis… ce mois de mars 1974, où j’avais passé une semaine épique avec mon grand-père Arthur. Avec mes cousins, nous l’appelions Papistache, car il avait toujours dans ses poches des pistaches qu’il distribuait par poignées…

Alors que je me laissais aller à cette nostalgie douce amère, une ombre se projeta à travers la porte de la piscine. Je me renfonçai un peu plus contre le mur. Enfin, j’essayai. Soudain, je vis distinctement le profil du jeune instituteur remplaçant de l’école primaire du centre-ville dont la classe était la première à venir les jeudis matins. Il tenait à la main quelque chose qui, de mon poste d’observation, ressemblait à une petite affiche et qu’il colla sur la porte vitrée de la piscine.

J’attendis quelques minutes après son départ, jusqu’à ce que je sois sûr qu’il s’était suffisamment éloigné pour que nous ne nous retrouvions pas nez à nez. Situation qui aurait été gênante, et pour lui et pour moi : monsieur Georges – je crois que c’est comme ça que l’appellent ses élèves – est un jeune homme discret et sensible. C’est en tous cas l’impression qu’il me donne quand je le vois debout au bord du grand bassin, l’air un peu perdu, presque absent. Durant ces quelques minutes, j’essayais d’imaginer ce qu’il pouvait bien y avoir d’écrit sur cette petite affiche : monsieur Georges ferait-il partie à ses heures perdues – perdues pour qui, au fait ? – d’un groupe de rock amateur et cette affichette annoncerait-elle un concert prochain ? A moins qu’il ne s’agisse d’un tract militant appelant à une alliance entre enseignants et maîtres-nageurs ? Mais une alliance pour quoi ? Peut-être pour la valorisation des heures perdues…

Rien de tout ça. L’affichette comportait un « simple » avertissement : « FERMER POUR CAUSE DE VARIOLE ». Ce qui me frappa tout d’abord ce fut la faute d’orthographe. Puis, tout de suite après, je fus à nouveau frappé cette fois-ci par l’utilisation du terme « faute » : pourquoi donc qualifiait-on de « faute » une erreur d’orthographe, de grammaire ou d’accord ? Et pourquoi cela ne m’avait-il jamais frappé jusqu’ici ? Ensuite, mais seulement ensuite, le sens de l’avertissement parvint jusqu’à mon entendement. Fermé pour cause de variole… Pas un seul instant, l’idée de décrocher l’affichette ne traversa mon esprit. Si monsieur Georges avait choisi d’afficher un tel avertissement, et par là même d’échapper à une séance de piscine, il devait avoir une raison, une raison qui m’échappait et qui m’échapperait toujours, mais une raison quand même… Mais pourquoi avoir invoqué la variole ? Une maladie qui devait être éradiquée depuis la fin des années 70, au moins ! Pourquoi n’avait-il pas choisi la champignonnite ? Fermé – ou Fermer, si ça lui faisait plaisir – pour cause de champignonnite aigue, voilà qui aurait été plus convaincant.

J’en étais là de mes réflexions quand une claque résonna sur mon épaule alors qu’une voix, que j’identifiais comme celle de mon collègue Lucien, résonnait, elle, à mon oreille : « Qu’est-ce que tu lis ? » Je m’écartai et le laissai lire à son tour « FERMER POUR CAUSE DE VARIOLE ». Lecture qui plongea Lucien dans une profonde perplexité qu’il décida de résoudre en appelant le directeur, monsieur Crainlô, qui, me dit-il, saurait sûrement quoi faire.

Alors que Lucien était en train de transmettre sa perplexité à monsieur Crainlô, j’entendis quelques voix enfantines, parmi lesquelles je reconnus celle de la vive et effrontée Léa. Je me précipitai à l’intérieur de la piscine, où je repris mon poste d’observation.

« - Mais, c'est quoi la variole, m'sieu ?

- Moi, je sais. C'est une maladie disparue qui était responsable de nombreuses morts et même que si on mourrait pas, ben on était défiguré. »

Monsieur Georges tenta d’expliquer à ses élèves ce qu’était la variole et pourquoi la présence de cette maladie infectieuse dans le grand bassin les privait de piscine. En fait, il me semble qu’il cherchait surtout à détourner leur attention puisque l’instant d’après il leur parlait de lucioles, de scrabble, d’Histoire de France et de Shreck II. Paroles dont le sens ne me parvenait pas tant j’étais fasciné par le manège de sa main gauche qui arrachait, sans en avoir l’air, l’affichette qui, il y a quelques instants encore, focalisait toutes les attentions. Après l’avoir arrachée, il la fit glisser dans la poubelle qui était à la droite de la porte vitrée de la piscine.

Une fois monsieur Georges et ses élèves disparus au bout de l’allée qui mène à la piscine, je me précipitai, sur une impulsion, vers la poubelle, y récupérai l’affichette et la recollai sur la porte vitrée. Quelques secondes plus tard, monsieur Crainlô, rouge et essoufflé, apparut au bout de l’allée, où il se figea dirigeant son regard vers l’endroit où les silhouettes de monsieur Georges et de ses élèves étaient en train de s’estomper.

Ayant repris sa course vers la piscine et après avoir lu l’affichette, dont il semblait bien qu’elle constituait le point déclinant de sa carrière, il me demanda, avec quelque chose dans la voix qui ressemblait à un vague espoir : « Ce n’était pas la classe du CM2 B de l’école primaire du centre-ville que j’ai aperçue en arrivant ? » Puis : « Ils ne venaient pas de la piscine ? » Et : « Dîtes-moi qu’ils n’ont pas vu l’affiche. » Suivi d’un « Ah, c’est fâcheux… » Estimant qu’il était effectivement « fâcheux » que monsieur Georges et ses élèves aient pu lire l’affichette et qu’il en allait de la réputation de la piscine et de son directeur, monsieur Crainlô nous demanda, à Lucien et à moi, de prévenir les directeurs et directrices des écoles qui ce jour-là devaient envoyer des élèves à la piscine qu’un « problème technique mais néanmoins anodin » la rendait pour ce jour infréquentable. De son côté, monsieur Crainlô informa les services sanitaires qui décidèrent, au nom du principe de précaution, d’analyser l’eau du grand bassin et du petit bassin aussi. On ne sait jamais avec les épidémies… Monsieur Crainlô nous accorda notre journée, qu’il décompterait de notre solde de congés payés, cela va sans dire.

Je repris mon vélo et, plutôt que d’aller m’enfermer chez moi, je décidai de passer le reste de la matinée dans le Parc André Antibi. Je m’allongeai sur l’herbe à l’ombre d’un grand chêne et ouvris le livre que, sur une inspiration, j’avais pris avant de quitter mon appartement : « Dans l’S, à une heure d’affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus… »[1]


[1] Raymond Queneau, Exercices de style, Folio, 2007 (1947), p. 7.

16 mai 2008

Le dictionnaire illustré de la SFFF

MalaurieG_n_piGenepi
1/ n. masc.
Tord-boyau astral ayant un goût de plantes macérées dans de l’alcool pur.

2/ interj.
Fam.
Passé dans le langage courant sous forme d’interjection grâce à un dialogue historique entre Maroonaa et Lalalo, deux personnages intersidéralement célèbres des images animées.
« Tu me donnes de ta médecine aux herbes des montagnes ?
- Genepi.
- Moi non plus, j’en ai plus. Et fais donc un effort pour prononcer correctement. C’est pas poli de s’exprimer comme ça, et le fait que tu sois fin saoul n’excuse rien ».

(par InFolio)

JF___John_FitzgeraldJohn Fitzgerald
(Axiopolis, 2070 – Atlanta, 2111)
Ecrivain, homme politique

Ecrivain adulé, il tenta de fixer dans ses œuvres les errances de ce qu’il appelait la « cyber-génération » et d’analyser la désintégration irrémédiable de l’identité au troisième millénaire.
Grand séducteur, il eut une liaison tumultueuse et passionnée avec Vanina, célèbre actrice avec laquelle il forma un couple très en vue dans les soirées inter-mondaines.
Il s’essaya un temps à la politique, sans grand succès, car ses interventions désabusées tranchaient avec les codes de communication politique établis depuis le siècle précédent et ne le faisaient pas apparaître comme une personnalité rassurante en ces temps d’instabilité intergalactique.
A l’aube du 11 décembre 2111, il fut assassiné par un mathématicien mystique (obsédé par les chiffres, cet homme considérait cette date comme fatidique) en plein lancement de son dernier roman, un thriller d’anticipation qui fut retiré des rayonnages le temps de l’enquête, ne les réintégra pas lorsqu’elle fut achevée et est resté une énigme littéraire depuis lors.

(par Rose_Alu)

facekLondres
n. propre

Cité d’importance mineure de la planète Terre, située sur une île appelée Albion. Cette cité fut jadis prospère, sa population ayant atteint 3 millions d’habitants. Elle est maintenant redescendue à une population de 15 000 âmes, parfois errantes.
Les âmes les plus obscures sont réfugiées dans  les bas-fonds de Londres, connus grâce aux écrits du sieur G. Neil. Il y est vivement conseillé d’éviter les endroits obscurs et souterrains, et de faire attention à la bordure du quai de métro. Il y est par ailleurs dangereux de suivre les jeunes filles qui apparaissent devant vous en traversant un mur.
Historiquement cette ville était connue pour ses brouillards ; désormais, c’est pour son fleuve asséché, La Tamise. Les hauts-lieux mémorables de Londres sont le Tower Bridge, le London Bridge, enjambant le lit de La Tamise. A voir également les ruines de la Tour de Londres, et les vestiges de la Muraille de Londres.

(par InFolio)

TiluMichka

Premier ours connu doté de la parole. Il l’a acquise suite aux expérimentations du Pr Tuli en 2328 de l’Ere du Grand Teddy. La légende en fait l’ancêtre de nos ours parleurs contemporains.

Cet ours doré, de grande taille, est réputé pour son intelligence, son courage et son sens de la justice, au point que son nom, employé comme adjectif, est couramment utilisé pour désigner une personne dotée de ces qualités.

Ex : « Face à l’injustice, à la tyrannie, à l’exploitation, nous nous dresserons, nous, femmes et hommes michkas, et nous ne plierons pas. » (Excipit célèbre du Discours aux Grecs lors de la volte générale de 2057)

(par ekwerkwe)

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Posté par InFolio à 08:00 - n° 08 - fanes de mai - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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