Fanes de carottes

Un blogzine de (science) fiction

31 août 2008

Auteurs d'été

EKWERKWE

Auteurs___photo___ekwerkwe

Toute petite, je voyais rarement les lampadaires à temps pour les éviter.
Adulte, je continue à rêver debout, et n’évite pas toujours les obstacles qui se sont faits plus subtils.

Ecrire ? Non, surtout pas.
Mais jouer, oui, toujours, dans le bac à sable de Fanes de carottes où je me sens si bien
– tant pis pour Georges, pour Ursula, pour Paco, pour Alain… s’amuser, ce n’est pas vraiment trahir.

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INFOLIO

Auteurs___photo___InFolio

L’InFolio est un mammifère bipède nomade social à tendance asociale.
Lors de sa lointaine jeunesse, l’InFolio a rencontré un autre mammifère bipède appelé le professorus de françus. Celui-ci était doté d’un don de voyance, et lui avait prédit une carrière littéraire et non scientifique. Ce savant n’avait ni tout à fait tort ni tout à fait raison. L’InFolio dévore les livres autant que les sciences dévorent l’InFolio. Parfois l’InFolio essaye d’attraper en vol des photons pour leur demander leur numéro de matricule. L’InFolio mène aussi, à ses heures perdues, des recherches sur la relativité du temps liée l’évasion par l’imaginaire et le rêve, et sur le dépôt en couches minces de pigments sur un substrat à base organique.

BLOG : InFolio dans tous ses formats

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JEAN-LIN FATTY

Auteurs___photo___Fatty

Après avoir dompté des petits, des moyens et des grands enfants, et ensuite des adultes, il est devenu dompteur d’abeilles, et essaye de dompter aussi des bois noueux qui travaillent. Il n’empêche que sa vie est pleine de trous.

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JOSEFA

Auteurs___photo___Josefa2

J’aime me lever tôt, traîner dans un peignoir rouge et vert, Pastroudis en décembre, me faire avoir par les trompe-l’œil, manger des fish&chips à la sortie du cinéma. Je relis régulièrement les mêmes livres. J’ai pleuré à mon premier concert. J’ai longtemps rêvé d’habiter au bord de la mer.
Quand il faut faire quelque chose, je barbouille, je gribouille, je griffonne, je rature, et je m’arrête en principe avant d’arriver au point ou au trait final.

BLOG: Le Monde 1900

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MAP

Auteurs___photo___MAP

Amie de la nature et des jeux de mots pour lutter contre tous les maux !

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PANDORA

Auteurs___photo___Pandora

Je suis une gourmande et une passionnée, en vrac, de voyages, de chocolat, de jeux vidéo et de lectures allant de la poésie (Baudelaire) à la fantasy (Robin Hobb, Guy Gavriel Kay, Tolkien…) et à la science fiction (Bradbury, Philip K Dick, Asimov…) en passant par le polar que j’adore sous toutes ses formes, très noir (Chesbro, Ellroy, Connely, Tabachnik, Liebermann…), dépaysant (Benacquista, Mc Call Smith, Mankell…), amusant comme Westlake ou inclassable comme Vargas …

Et quand tout cela ne suffit plus à me faire rêver, je prends ma plume et m’invente de nouveaux univers pour m’évader au travers de mes personnages et de mes histoires…

BLOG : Les poèmes de Pandora

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PAPISTACHE

Auteurs___photo___Papistache

Conçu une nuit de Saint-Sylvestre porté une demi-douzaine d'heures, il est né un matin de janvier 2007 à 6 h 01, déjà vieux, chauve et sage !
Il se ressource au contact de l'humus et s'oxygène en plantant un genou en terre.
Physiquement c'est la silhouette de Don Quichotte, sa curiosité s'apparente à celle de Pinocchio, son âme s'inspire de l'épopée de Lancelot du Lac et le Philémon de Fred est son camarade de jeux.

Le os de l'Espagnol, les articulations de l'Italien, la candeur du Breton, et l'épaisseur de papier du dernier, vous vous doutez que derrière s'agite un montreur de marionnettes.

Mais devant le spectacle de Guignol et Gnafron, qui se soucie d'apercevoir la tête de celui qui, par nécessité professionnelle, se tient derrière le castelet ?

BLOG : Papistacheries

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VANINA

Auteurs___photo___Vanina2

Née en 1964 à Paris, dans un milieu artistique,
je suis la « petite dernière » d’une famille de 6 enfants.
« On » me dit collectionneuse de collections…
J’ai un fils, né en 1987, dont le père est décédé en 1995.
J’ai retrouvé en 2005 mon premier Amour ; il est l’homme de ma vie !

Deux aphorismes qui accompagnent ma vie :

- « Il ne faut jamais oublier ses rêves.»
- « Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence. »

Sourire

BLOG: Art'moureusement vôtre 

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VERON

Auteurs___photo___V_ron

À 50 ans passés,
je me demande encore pourquoi la "lecture" reste mon plus mauvais souvenir
d'enfance et de scolarité...

BLOG : Véron'Fot

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Ce numéro a été réalisé par
Ekwerkwe
InFolio
Rose
et StellaSabbat !

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Le feuilleton du dimanche

L'envahie
13ème épisode

InFolio

14 novembre 2006
25 novembre 2006
30 novembre 2006
10 décembre 2006
07 janvier 2007
15 janvier 2007
22 janvier 2007
14 février 2007
28 février 2007
30 avril 2007
09 septembre 2007
11 février 2008

29 Février 2008

Encore trois semaines viennent de s’écouler. Il n’y a plus de manifestation visible de leur part, ils ne zappent plus. Je m’interroge sur les répercussions de la télévision sur leur état actuel.

Ils sont là, chacun dans son pot respectif. Une feuille a jauni il y a quelques jours sur celui de droite. Les autres me semblaient en berne et ternes. Comme par réflexe, j’ai arrosé avec un peu d’engrais, et de nouveau les feuilles ont bonne mine.

FIN

***
la règle du jeu (c'est la liberté)

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30 août 2008

Le courrier d'été des lecteurs

Nous avions décider de passer un été calme.
De vous faire un grand numéro double à feuilleter à l'ombre.
Et de vous laisser quartier libre.

Et puis voilà que nous nous retrouvons avec un beau numéro bien lourd dans la main,
et plein de créativité.

Certaines ont eu des regrets, et ont trouvé le temps de répondre à d'anciens appels:

Véron, Vert Mouton

Vanina, L'écarlate mante de la Faux Soyeuse

InFolio, Passager clandestin

Jean-Lin Fatty, L'avis d'un enfant d'Ecosse

Map, Rencontres anachroniques
(épisodes un, deux, trois, quatre, cinq, six et sept).

Mais dans l'ensemble, cet été a été placé sous le signe des voyages:

Pandora a visité le pays des fées
(La petite fille qui voulait savoir,
épisodes un, deux, trois, quatre et cinq);

Vanina nous a emmenés sur Mars la Rouge;

Ekwerkwe et Véron ont pris la fusée
pour voyager dans le temps
(Aliocha);

se fiant à une carte inhabituelle,
Papistache a navigué par procuration
sur un portulan inhabituel;

InFolio, dans un étrange Sommeil paradoxal,
est allée... ailleurs...

Véron est partie sur le Nouveau Monde
et en a ramené un, deux et trois souvenirs.

Dans le port-folio,
InFolio a ensorcelé des arbres
ou bien sont-ce les arbres qui l'ont ensorcelée?

A l'ombre des Fanes de carottes
Josefa a fait se rencontrer une vamp et un pirate

InFolio a tenu le journal d'une Envahie
(épisodes 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13);

Et nous avons passé des petites annonces...

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29 août 2008

L'été en liberté

Sommeil paradoxal

par InFolio

Episode 3 : Epilogue


Résumé : Après cette semaine cauchemardesque, me voici perdu dans un environnement menaçant. D’abord poursuivi par un monstre, je réussis à trouver un refuge et de quoi me désaltérer. Mais je trébuche…

C’est un objet de forme étrange, à moitié enfoncé dans le sol qui a fait obstacle à mon pied. Ce n’est pas un rocher, la matière est tout autre. Je n’en vois dépasser qu’une grosse pointe arrondie.
Une étrange sensation de déjà vu s’empare de moi et me décide à creuser le sol meuble pour  dégager l’objet.
Petit à petit, il apparaît devant moi. Un rouage. Un rouage comme celui qui avait cassé dans mon entreprise.
Oubliant l’endroit où je me trouve, et le danger qui peut surgir à tout instant, je finis, de manière frénétique, de le dégager. Puis, j’estime son diamètre. Il correspond à celui dont nous avions besoin. C’est notre engrenage. Intact !
Un grand sentiment de découragement et de solitude s’empare de moi. Tout ça ne m’aide guère, au milieu de cet environnement étrange. Et en tout cas, ça ne se mange pas. Je décide quand même de le conserver avec moi, comme artefact de mon ancienne vie, dans l’éventualité où je survivrais. Et accessoirement comme arme si nécessaire, pour augmenter mes chances de survie.
Puis je retourne à l’amas rocheux. En l’observant un peu mieux, je constate que je peux atteindre une plateforme qui se trouve très haut sur la paroi d’un bloc abrupt. Je m’y installe comme je peux et observe la lente descente de l’astre local sur l’horizon, embrasant le ciel de pourpre.
Assis sur cette saillie rocheuse, j’espère passer la nuit sans me faire dévorer par je-ne-sais-quel animal resté tapi dans la végétation ou la grotte durant la journée. Il faudrait être un véritable acrobate pour venir grimper ici. Je ferme les yeux, partiellement rassuré. Puis je songe à mon chat, que j’ai retrouvé un jour perché sur mon armoire. Oh… misère… Je décide de ne pas m’endormir, et je serre le rouage, à m’en faire mal aux articulations, pour me défendre en cas de nécessité.

Une sensation de gêne et un bruit qui ressemble à un miaulement me tirent de mon sommeil. Dans ma semi-conscience, je me gratte le nez. Alors ma main rencontre un pelage. J’ouvre brutalement les yeux en me recroquevillant dans un mouvement brusque. Il faut quelques secondes pour que mon cerveau terrifié constate que ma chambre est revenue à sa place. Le radio-réveil me nargue de son affichage rouge : 5h30. Mimi, après s’être sauvée du lit à cause de mes mouvements brusques, revient sur la couverture et me regarde d’un œil interrogatif. Sur mon oreiller, à côté de moi, quelque chose de froid. Un rouage. LE rouage.


* * *

La règle du jeu
c'est
la liberté!

28 août 2008

L'été en liberté

Sommeil paradoxal

par InFolio


Episode 2 : Panique 

Résumé : Alors que les vacances approchent, un engrenage défaillant sur une chaîne de production a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’une semaine déjà atroce. Le vendredi soir, enfin, je me couche… pour me réveiller dans un environnement étrange…

Je dors à même le sol ! Et ce n’est pas la moquette de la chambre !
Suis-je devenu somnambule ? Non, ce n’est pas non plus le plancher du salon. Ce froid ? Alors, le carrelage de la cuisine ? Mais il y manque les rainures…
J’appelle le chat, « Mimi », d’une voix basse, qui tremble légèrement. Tendant la main devant moi, dans l’espoir qu’il vienne s’y frotter. Mais c’est peine perdue.
J’ouvre les yeux. Mais étrangement, je ne vois pas se découper le carré bleu de la fenêtre. Je suis dans le noir absolu.
Je ne suis plus chez moi ! Ma gorge se serre, une sueur froide se propage insidieusement le long de mon épine dorsale, la panique m’envahit. Mais où suis-je ?
Je referme les yeux pour oublier ce noir impénétrable, oppressant. Incapable de réfléchir, mon cerveau est bloqué. Ma respiration est si rapide que mes poumons vont exploser à force de respirer cet air glacial !
Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qui me paraissent interminables que je retrouve mon sang froid. J’oblige alors ma main à continuer son exploration. Je n’ose pas faire de mouvements rapides. Mon corps reste également figé, dos au sol.
Quelle est cette matière sur laquelle je suis allongé ? Autour de moi, le sol froid paraît inégal et légèrement rugueux. Un peu à droite, mes doigts ont rencontré ce qui pourrait être de l’eau. Vers le haut, l’arc de cercle décrit par mon bras n’a pas rencontré de plafond. Mais je n’ose pour l’instant me lever. Il n’y a pas d’étoile, donc il y a forcément un plafond, mais qui sait à quelle hauteur ? Il ne manquerait plus que je m’assomme dans cette obscurité.

Soudain un feulement rauque, menaçant, me fait sursauter.
Me voici sur mes pieds. Pas le temps de penser davantage, la terreur et les instincts primaux ont pris le dessus sur ma réflexion, et je m’élance dans la direction opposée à celle dont provenait ce bruit signifiant, aux tréfonds de mon cortex, danger de mort.
Mes yeux sont soudain grand ouverts, et je n’écoute plus mes différentes sensations tandis que je cours, parfois sur une roche saillante, et parfois sur une matière spongieuse. Tant pis pour les blessures, l’important est de rester vivant. Je me cogne à quelques parois, faute de voir précisément dans quelle direction aller, quand enfin, là-bas, une lumière, pâle et lointaine, me guide.

Un nouveau râle animal se fait entendre derrière moi. Au loin, la tâche jaune-orangé qui s’agrandit est mon seul espoir. Enfin, j’atteins l’extérieur. La lumière est éblouissante. Après un léger vertige, je reprends ma course en direction d’un amas rocheux au loin.
Ce n’est qu’une fois perché en hauteur que je peux enfin me sentir un peu en sécurité. Je me retourne à la recherche de mon poursuivant, pour vérifier que ma position stratégique en est bien une. Mais, haletant, j’ai beau observer longuement la sortie de la grotte que je viens de franchir, aucun animal n’y apparaît.
Une grande étendue rocheuse, jaunâtre, bien dégagée, s’étend devant moi. Elle fait de cet endroit un bon poste d’observation et de défense. D’ailleurs, au loin, je vois ce qui semble être de la végétation aux tons violacés. Assez proche, une sorte de rivière charrie un liquide rose.
Pour l’instant, aucun signe de vie, si l’on exclut le bruit étrange que j’ai entendu dans la grotte. Mais le temps passant, je me demande de plus en plus si je ne l’ai pas rêvé, ou si cela ne provenait pas du vent.
Au bout de ce que j’assimile à deux heures, je commence à ressentir une sensation de faim. Je vais devoir sortir de mon refuge en hauteur pour tenter de trouver de quoi me nourrir.
Un nouveau regard circulaire m’apprend qu’aucun animal menaçant ma sécurité n’est visible. Je me dirige donc prudemment vers le point le plus proche : la rivière, en espérant y trouver des êtres aquatiques.
A part une eau d’un rose magnifique, aucune agitation dans cette eau. Lentement, j’approche mon doigt de la surface, jusqu’à l’y plonger. La température est agréable. Je goûte alors le liquide qui, étrangement, a un goût de grenadine, en moins sucré. Je prends alors sur moi de compter jusqu’à 200. Aucune réaction violente de mon corps suite à l’ingestion de cette goutte. J’en bois donc un peu plus et j’attends à nouveau. Rien ne se passe, si bien que je finis par boire ce liquide en faisant une coupe de mes mains.
Mais cela me permet juste de calmer ma soif et de manière provisoire les réclamations de mon estomac. Toujours aucun signe de vie à l’horizon.
 C’est quand même plus simple quand on peut trouver à manger au supermarché du coin.
Je retourne à mon poste d’observation, en songeant que ma faim attendra bien un peu.
Tout est trop calme. Bien trop calme pour une personne habituée à vivre dans les remous d’une entreprise en pleine activité. Mais d’un autre coté, il n’y a pas de problème de production ici non plus. A la place, il y a trop de choses auxquelles penser plus importantes que la production. Vivre, survivre, se nourrir, observer pour ne pas se faire dévorer par la créature de la grotte.
A force de regarder en haut, à droite et à gauche, en pensant à ma situation, je finis par trébucher, et tomber.

à suivre...

* * *

La règle du jeu
c'est la liberté! 

27 août 2008

L'été en liberté

Une réponse estivale à l'appel "Matins anachroniques"...

Sommeil paradoxal

par InFolio

Episode 1 : Une semaine atroce

Encore un jour, un seul ! Et ce sera le moment du repos : des vacances. Les premières depuis 6 mois. Mais il faut d’abord achever cette semaine cauchemardesque.
Lundi, une machine est tombée en panne. Une casse, une véritable belle grosse casse mécanique d’une pièce maîtresse. Un massacre.
Et voilà, toute une production arrêtée pour un engrenage qui a cédé. Usure, fin de vie, qu’il repose en paix.
Le réparateur appelé en urgence n’a pu que constater l’étendue des dégâts. Tel le garagiste face à un moteur dont la courroie de distribution aurait rompu à 130 sur autoroute, il a pu seulement dire : c’était inévitable, mon bon monsieur, usure normale, il fallait remplacer avant, selon les préconisations…
Soit la machine doit être réparée, 4 mois de délai pour avoir les pièces, faites sur mesure, sans parler du temps que prendra la réparation, soit elle doit être remplacée, et là, le délai est tout aussi prohibitif, économie de marché oblige, tout ça doit venir de Chine…

Aujourd’hui, c’était véritablement l’apothéose. Non seulement il a fallu continuer de courir dans tous les sens pour régler ces problèmes et réorganiser toute la production, mais en plus subir les remontrances du patron, jamais satisfait de la rapidité avec laquelle, nous les cadres, nous gérons les situations de crise. S’il nous accordait les crédits pour remplacer les machines au moment où nous signalons qu’elles méritent de l’être, tout ça ne serait pas arrivé. Mais non, il faut que ce soit notre faute. Trois ans que celle-là doit être remplacée ; trois ans que nous la faisons survivre grâce à de petits bidouillages. Mais cette fois, pas de bricolage possible.
Et maintenant, il faut en plus que le service financier chipote face aux devis de réparation et de remplacement. Investissement non prévu au budget. La bonne blague ! Et l’arrêt de la ligne de production, il est prévu au budget ? Plus ils tergiversent pour économiser 1000 euros sur une machine de 95 000 euros, plus l’arrêt sera long, et plus les clients seront mécontents…
Je suis las de tous ces problèmes à résoudre, encore et encore…

Après une heure de transports, me voici enfin chez moi. Je retrouve le chat, Mimi, qui attend patiemment ses croquettes et vient se frotter contre mes jambes en ronronnant. Au moins, lui, il n’a pas de problèmes de production, et me réconforte dans ces périodes difficiles.
J’avale rapidement une soupe en sachet, réchauffée au micro-ondes, et me couche. Encore un jour à tenir et je serai en vacances.

Je suis tiré du sommeil par une sensation de froid et un bruit qui ressemble à un miaulement. Dans ma semi-conscience, j’essaye de tirer vers moi la couverture qui semble me manquer. Je tâtonne en vain le long de mes jambes. La prospection de ma main s’oriente vers l’extérieur de mon lit, vers le bas, vers le sol… que mes doigts rencontrent anormalement haut, et bien trop froid…

à suivre...

* * *

La règle du jeu
c'est
la liberté!

25 août 2008

L'été en liberté

Enfin la solution!

Sur le mur, Papistache-le-navigateur voyait... un portulan!

Papistache___portulan_1_

Vous avez vu :

- sur la droite, la tête d'un éléphant et sa trompe qui vient puiser dans un bidet (InFolio) ; un éléphant assoiffé qui passe sa tête par la fenêtre pour boire dans un bidet (kloelle).

- dans une vue plus globale de ce qui se trouve sur la droite, près de la porte la tête d'un homme qui semble flotter dans le ciel, il se penche sur un nuage (en bas) dont il croque un bout, et un ver à nuage sors légèrement contrarié qu'on lui mange sa maisonnée... (sandrine) ; ou bien un éléphant qui éternue et ses oreilles se soulèvent, un serpent qui prend peur et s'envole sous la déflagration, et à la suite de cela un bain de mousse qui déborde et fait plein de bulles (MAP).

-  en bas à droite, un escargot avec une coquille porte qui a l'air effrayé car un bison - dont on ne voit que le bas du corps et les pattes.... - ne va pas tarder à l'écraser... (miss-ter)

- à gauche,  E-T en train de jongler avec des balles de tennis (val) ;  ou encore quelqu'un qui fait sauter des crêpes... (Adi)

- et enfin, la réponse plus proche, la carte d'Europe qu'elle dessinait les yeux bandés (joye)...

ce qui ne gâche rien à la belle imagination de tous nos lecteurs !

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La règle du jeu
c'est
la liberté!

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24 août 2008

Le feuilleton du dimanche

L'envahie
12ème épisode

InFolio

14 novembre 2006
25 novembre 2006
30 novembre 2006
10 décembre 2006
07 janvier 2007
15 janvier 2007
22 janvier 2007
14 février 2007
28 février 2007
30 avril 2007
09 septembre 2007

11 Février 2008

Ça fait aujourd’hui environ un an et trois mois que ces pseudo-végétaux sont arrivés. Et depuis leur intrusion dans mon salon ils n’ont plus bougé. Je leur ai parlé pendant plusieurs semaines en leur décrivant le programme du soir. Avant de me lasser.
Je leur laisse la liberté de voir ce qu’ils veulent quand rien ne m’intéresse, mais quand je souhaite voir quelque chose de bien précis, ils sont priés de ne pas zapper de façon intempestive. La nuit, ils doivent baisser le son. Telle est la règle !
Notre cohabitation se passe bien. J’ai mis de la terre dans le pot, leur expliquant que ça paraîtrait moins étrange. J’invite de nouveau des amis chez moi. Le vaisseau dans le jardin s’est progressivement laissé envahir par les liserons et les hautes herbes, et si l’on me questionne, je parle d’une œuvre d’art achetée à un artiste sur une foire…
Initialement, et pendant à peu près deux mois, ils « regardaient » des programmes culturels sur l’histoire, les sciences, la littérature. Ces quatre derniers mois, ils avaient tendance à regarder, un peu trop à mon goût, des divertissements tels que des émissions de talk show, voire des dessins animés. 
Puis, il y a un mois et demi, j’ai remarqué qu’au fil du temps, leur zapping devenait moins fréquent, jusqu’à cesser totalement il y a deux semaines.

29 février 2008

***
la règle du jeu (c'est la liberté)

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23 août 2008

L'été en liberté

Papistache___d_ailleurs_1_

Sur un mur, dans les Landes, Papistache-à-l'oeil-joueur voit...

Non, finalement, nous n'allons pas vous dire ce qu'il voit, pas avant lundi en tous cas.
Nous allons plutôt jouer, et vous allez dire, vous, ce que vous voyez...
et nous publierons vos réponses et vos images commentées!

* * *

La règle du jeu
c'est
la liberté!

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22 août 2008

L'été en liberté

Aliocha

texte : Ekwerkwe ; photo : Véron

    Aliocha joue dans la cour, sous le prunier en fleurs. Je la regarde à travers la vitre, et je suppose que Piotr, derrière moi, la regarde aussi. A moins qu’il n’ait fermé les yeux, le nez dans mes cheveux, ses bras autour de moi.
     Aliocha joue sous le prunier à attraper les pétales qui tombent, comme le chat jouait, cet hiver, à attraper les flocons de neige.
    « Allons faire sa valise » me dit Piotr, sans bouger. C’est moi qui lui prends la main et l’entraîne dans la chambre. Notre fille n’a pas grand-chose, ses vêtements sont vite pliés, et je m’interdis de les trouver petits et pathétiques.
   
    Puis nous descendons à la cuisine, et je mets des pommes et un couteau entre les mains de Piotr. Les pluches sont épaisses, mais je ne dis rien, je me contente de pétrir la pâte, un peu trop longtemps peut-être. Pour son dernier repas à la maison, nous préparons à notre fille son gâteau préféré. En mangera-t-elle un autre un jour ? Et qui le lui aura préparé ? Je voudrais que nous ayons un peu de temps, pour la voir grandir, pour faire avec elle d’autres tourtes aux pommes, jusqu’à ce qu’elle soit capable de les pâtisser elle-même.

    Elle est terriblement excitée par le grand voyage qu’elle va faire. Elle rit, piaille de sa jolie voix comme une petite caille, reprend une part de gâteau, et s’endort sur le canapé entre son père et moi, épuisée. Nous n’allons pas nous coucher. Nous la gardons au chaud, serrée entre nous, toute la nuit. Chaque seconde passée avec elle compte.

    A l’aube, il pleut quand je me lève. Avant de préparer le pain et le café, j’arrache soigneusement une page blanche à l’un de nos derniers livres, et j’y écris la recette de la tourte aux pommes, avant de la glisser dans sa valise. Trois pommes, trois poignées de farine… Ses mains seront-elles grandes et souples comme celles de son père ? courtes et carrées comme les miennes ?

    Les odeurs du déjeuner la réveillent. Je suis heureuse que cela fasse partie des souvenirs de cette matinée qu’elle emportera. Sans remarquer notre silence, elle nous décrit la belle fusée d’argent qui va l’emmener dans le ciel. Nous ne lui avons rien dit, rien expliqué.  Elle est bien trop jeune – que pourrait-elle comprendre à tout ça ? Peut-être sommes-nous lâches, aussi, et ne voulons-nous pas être ceux par qui elle apprendra que l’horreur ne se conjure jamais pour très longtemps. Que les traditions de persécution et de massacre ont ramené la peur, une fois de plus – et qu’elle se fait chaque jour plus concrète, plus proche. Et nous ne saurions pas lui expliquer l’idée de ces fusées remplies d’enfants qui voyagent plus vite que le temps, que l’on envoie au loin pour qu’ils reviennent en des jours forcément meilleurs, forcément lointains.

    Nous savons que si nous gardons notre fille, elle souffrira avec nous et mourra, bientôt, avec nous. Et nous savons aussi que le projet dément d’envoyer nos enfants à l’abri, protégés par l’espace et le temps, est leur seule infime chance de pouvoir grandir. Ils partiront tout-à-l’heure. Quand ils reviendront, pour eux, quelques semaines auront passé. Ici, il se sera écoulé plusieurs siècles. Merveilles de la science. Piotr me regarde par-dessus la tête brune d’Aliocha. Sur la table, entre les tranches de pain et la cafetière, nos deux cœurs arrachés palpitent faiblement. Quelques mots, le moindre prétexte suffiraient. Une question anodine comme : « Crois-tu qu’avec la pluie, la fusée pourra décoller ? »

    Le chat se frotte à mes jambes en miaulant, Aliocha mord dans le pain à belles dents, il est l’heure d’y aller.

Aliocha


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La règle du jeu
c'est
la liberté!

Posté par rose_alu à 08:00 - n° 10/11 - fanes d'été - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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