Fanes de carottes

Un blogzine de (science) fiction

30 septembre 2009

Les auteurs de septembre

INFOLIO

Auteurs___photo___InFolio

L’InFolio est un mammifère bipède nomade social à tendance asociale.
Lors de sa lointaine jeunesse, l’InFolio a rencontré un autre mammifère bipède appelé le professorus de françus. Celui-ci était doté d’un don de voyance, et lui avait prédit une carrière littéraire et non scientifique. Ce savant n’avait ni tout à fait tort ni tout à fait raison. L’InFolio dévore les livres autant que les sciences dévorent l’InFolio. Parfois l’InFolio essaye d’attraper en vol des photons pour leur demander leur numéro de matricule. L’InFolio mène aussi, à ses heures perdues, des recherches sur la relativité du temps liée l’évasion par l’imaginaire et le rêve, et sur le dépôt en couches minces de pigments sur un substrat à base organique.

BLOG : InFolio dans tous ses formats

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LLO

hubert_graphismeM_canique

Geekette amoureuse des robots, naviguant entre la mécanique, l'électronique et l'informatique.

BLOG : famille de geeks

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MAP

Auteurs___photo___MAP

Amie de la nature et des jeux de mots pour lutter contre tous les maux !

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PANDORA

Auteurs___photo___Pandora

Je suis une gourmande et une passionnée, en vrac, de voyages, de chocolat, de jeux vidéo et de lectures allant de la poésie (Baudelaire) à la fantasy (Robin Hobb, Guy Gavriel Kay, Tolkien…) et à la science fiction (Bradbury, Philip K Dick, Asimov…) en passant par le polar que j’adore sous toutes ses formes, très noir (Chesbro, Ellroy, Connely, Tabachnik, Liebermann…), dépaysant (Benacquista, Mc Call Smith, Mankell…), amusant comme Westlake ou inclassable comme Vargas …

Et quand tout cela ne suffit plus à me faire rêver, je prends ma plume et m’invente de nouveaux univers pour m’évader au travers de mes personnages et de mes histoires…

BLOG : Les poèmes de Pandora

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SEBASTIEN

S_bastien

Petit, Sébastien eut un rêve issu du monde du silence : devenir océanographe. Aussi il fit des études littéraires. La vie souffle souvent vers l'inattendu mais la vie, souvent, a ses raisons : son expérience aquariophile fut un désastre sans nom. Enfin, surtout pour les poissons.

Abandonnant le rêve de l'océan pour l'océan des rêves qu'est la lecture, il fit des expériences d'immersion totale dans les livres, lisant tout ce qui le touchait, et même au-delà. Il testa également l'écriture en caisson isobare : souvent seul, à mille mètres de profondeur, bien loin des regards. Il fit quelques clapotis en surface, coanimant un atelier d'écriture dont il co-diffusait les travaux oulipiens sur les ondes joyeuses de la radio universitaire.

Puis il quitta l'océan des rêves pour la terre ferme : lire ne fait pas manger et il entreprit d'avoir un travail. Ce qu'il fit, loin des livres. Parmi les petits et les grands bonheurs de sa vie terrestre il cite volontiers la naissance de son petit Matisse.

De temps à autre, on le voit vaquer dans de drôles de labyrinthes, à la recherche sans doute de ces embruns dont il garde le souvenir du parfum enivrant.

L'observateur attentif notera qu'il fréquente depuis peu un drôle de potager. D'ailleurs son profil suggère qu'il devrait se mettre, dare-dare, au régime de carottes.

BLOG : Labyrinthes avec vue

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SHI MAY MOUTY

Mouty_1_

 

Après avoir enseigné à des grands enfants, elle a entrepris de déterrer des ancêtres et de lire tous les livres achetés par ses deux enfants et une bibliothèque municipale en entier. Il n’empêche que sa vie est pleine de trous.

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STELLA SABBAT

Auteurs___photo___stella

Elle, c’est Adèle*. Et Adèle, elle est infiniment moins socialement conforme que moi, plus évidemment anarchiste, plus radicalement féministe, plus résolument dans l’action, plus courageuse aussi…, mais j’y travaille.

* Adèle Blanc-Sec, dont Jacques Tardi conte et illustre avec talent les Aventures Extraordinaires.

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VANINA

Vanina

Née en 1964 à Paris, dans un milieu artistique,
je suis la « petite dernière » d’une famille de 6 enfants.
« On » me dit collectionneuse de collections…
J’ai un fils, né en 1987, dont le père est décédé en 1995.
J’ai retrouvé en 2005 mon premier Amour ; il est l’homme de ma vie !

Deux aphorismes qui accompagnent ma vie :

- « Il ne faut jamais oublier ses rêves.»
- « Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence. »

Sourire

BLOG: Art'moureusement vôtre

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Courrier des lecteurs de septembre

Septembre, c'est pour nous le moment de clore la deuxième année et de vous annoncer quelques changements.

Les carottes sont cuites !
Hop! à la casserole !
Pour célébrer cet événement, nous avons ouvert quelques bouteilles avec Vanina (Dyschromatopsie ovine ou ... lorsque les moutons bleus voient des éléphants roses...) avant de préparer le futur décollage des fanes vers d'autres lieux avec MAP (Lancement).

Le dernier article mêlant science  et science-fiction sur le thème des robots a été publié (Quand les hommes traitent les robots comme des objets - InFolio - Llo - StellaSabbat) et ce thème a reçu une conclusion de la part de Sébastien. 

Et pour marquer la fin de ce cycle, l'appel du mois était "Robots, trop humains". MAP nous a fait alors découvrir plusieurs sculptures de Jean No et les a fait vivre en tant que Robot Tro Pu Ming, Robot en folie et Robot rouillé. Shi May Mouty nous a fait découvrir un sensuel robot Non Homologué, et Pandora un homodroïde dépassant les espoirs de son créateur.

Nous vous avons également proposé le dernier Fan-Art d'InFolio, inspiré d'Elvgren, sur le thème du bricolage.

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Un dernier merci aux auteurs du mois, et on passe à la suite !

Ce numéro a été réalisé par
Ekwerkwe, InFolio, Rose et Sébastien.

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28 septembre 2009

Les carottes sont cuites - 2

Lancement

MAP


Lancement


***
MAP a envoyé les carottes en l'air
pour un long voyage en réponse à l'adieu aux carottes

26 septembre 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Robot, trop humain

Sébastien


«La « loi de la nature » une superstition. — Si vous parlez avec tant d’enthousiasme de la conformité aux lois qui existent dans la nature, il faut que vous admettiez soit que, par une obéissance librement consentie et soumise à elle-même, les choses naturelles suivent leurs lois — en quel cas vous admirez donc la moralité de la nature — ; soit que vous évoquiez l’idée d’un mécanicien créateur qui a fabriqué la pendule la plus ingénieuse en y plaçant, en guise d’ornements, les êtres vivants. — La nécessité dans la nature devient plus humaine par l’expression « conformité aux lois », c’est le dernier refuge de la rêverie mythologique.»

Humain, trop humain, F. Nietzsche

 

Les robots, mais d’une manière générale les machines, prennent, au fil du temps, une part de plus en plus importante dans notre société : du simple iPod à la sonde Phoenix explorant Mars, les liens que nous tissons avec eux sont, chaque jour, plus complexes et plus étroits. Ce changement culturel, comme toute révolution liée au progrès technologique (comme ce fut le cas, par exemple avec l’avènement de l’imprimerie), se doit d’être accompagné par une réflexion interdisciplinaire sur les tenants et aboutissants de tels bouleversements. L’art en général et la science-fiction en particulier ont déjà entamé, depuis la moitié du siècle dernier, cette réflexion. A nous, simples citoyens, de la faire rebondir.

La relation étroite et ambiguë qui unit l'homme et le robot ne date pas du siècle dernier. Ni du siècle d'avant. Le désir de concevoir un outil comme extension de soi-, comme suppléant amélioré, remonte en effet à ce temps très ancien où, pour la première fois, un homme s'est saisi d'une perche pour attraper un fruit inaccessible. L'image de la perche est, à mon avis, la meilleure illustration de ce fantasme qui nous envahit quand nous songeons au robot : le prolongement de nous-mêmes (cf. les nombreux exo- ou endosquelettes décrits et employés dans la science-fiction). En effet, l'humain, aussi humain soit-il, trop humain ou pas, fait face à ses propres limites (physiques mais aussi intellectuelles, émotives, etc.) qui l'entravent dans sa volonté de dominer le monde. Telle pomme est trop haute pour sa petite taille ? Qu'à cela ne tienne, son cerveau conçoit, deus ex machina, un engin capable de le prolonger, de compenser ses faiblesses, de suppléer à sa propre finitude, en un mot de perfectionner sa chair en projetant son être dans la matière, tout ceci dans le but programmé de dominer le réel (attraper une pomme, explorer des endroits inaccessibles ou dangereux, rendre possible ce que l'homme, de ses propres mains, ne peut réaliser).

Comme nous l'ont montré précédemment InFolio, Llo et StellaStabat, beaucoup d'améliorations ont été apportées au robot depuis la perche originelle et l'homme ne cesse de perfectionner sa création. Il tente d'injecter à la machine ce qui lui semble le mieux le définir dans son humanité : l'intelligence, l'acquisition des sens et de la mobilité, le langage, la cognition et l'apprentissage, la socialisation, l'anthropomorphisme, les capacités émotionnelles... Les différentes voies visant à perfectionner le robot vont souvent dans le même sens : faire le robot à l'image de l'homme. Mais en mieux...

Car là est le carrefour paradoxal : l'homme imparfait, incapable de répondre entièrement aux ambitions démesurées qu'il s'est fixé, crée une machine pour le prolonger, pour le rendre parfait, mais, ce faisant, il lui injecte ses propres attributs, il le calque sur lui-même en gommant certains de ses défauts et en accentuant certaines qualités. Mais peut-on rendre quelque chose de parfait si on le fait hériter de soi-même, être imparfait ?

On voit bien que c'est un rapport métaphysique qui s'insinue entre ce sujet, l'homme, et ce qui semble être l'objet, le robot. Un flux entre deux matières opposées, entre le vivant et l'inerte, le souffle organique instillé dans la matière métallique inanimée. Un rêve, on ne peut plus démiurgique bien sûr, alchimique pour le moins ! L'homme assis sur le trône divin donne vie à la matière, le fantasme n'est pas nouveau : le dieu chrétien façonne l'homme à même la terre glaise, le rabin donne vie au Golem en inscrivant EMETH (vérité en hébreu) sur son front, Frankenstein insuffle l'étincelle de vie à sa créature, Geppetto taille un morceau de bois qui s'anime pour devenir Pinocchio, etc.

Derrière cette relation métaphysique, il y a aussi comme un désir de filiation qui s'installe entre l'homme et sa créature. Une filiation patriarcale bien sûr où le père éduque le fils selon ses propres critères mais surtout une relation de servitude dans la mesure où le fils n'existe que pour servir le père. En ce sens la relation homme-robot semble utilitariste : cependant elle peut entrer dans un schéma affectif comme ces nouveaux robots qui servent de familiers et d'animaux de compagnie.

Comme dans tous processus de (pro-)création, il y a également une projection spéculaire, inconsciente ou non, de sa propre image dans le corps de l'autre, quelque chose qui inconsciemment dit : « Je donne la vie à ce robot pour qu'il me survive et je le fais à mon image pour qu'il me perpétue et m'immortalise après ma propre disparition. » Le robot, en ce sens, peut être une réponse à notre désir de descendance parfaite et rêvée : l'enfant prodigue qui réalise en mieux tout ce que les parents n'ont jamais réussi à faire, et qui le fait durablement, même après leur mort. Tima, dans le Métropolis d’Ozamu Tezuka est typiquement cette petite fille-robot : créée par le docteur Laughton à l’image de sa fille disparue, afin de dominer le monde.

Jean-François Lyotard [1] avance que notre obsession, notre fascination pour les voyages intergalactiques, notre désir de nous transposer ailleurs, de tout refaire depuis le début (le fantasme de la seconde chance en quelque sorte) serait en relation directe avec la disparition programmée de notre espèce. Les hommes savent, inconsciemment ou non, que, quoiqu'il advienne, l'humanité est absolument éphémère et vouée à disparaître. Tôt ou tard. Au mieux, notre soleil a encore entre 5 et 7 milliards d'années à vivre et finira par s'éteindre, inexorablement, nous entraînant dans sa mort. Cette lubie de l'expatriation planétaire serait donc intrinsèquement liée à notre instinct de survie (argument que l'on peut bien sûr réfuter quand on observe le peu d'intérêt que suscite réellement la préservation de notre écosystème). Les robots dans ce cadre là ont tout à fait leur place. Si nous-mêmes, pour des raisons physiques, économiques ou autres, nous ne pouvons pas migrer corporellement vers d'autres lieux alors nous enverrions nos copies mécaniques immortelles, capables de nous représenter dans notre humanité, dont la mission serait le témoignage culturel et intellectuel de notre existence, la preuve historique de notre place dans l'histoire cosmique.

Enfin le robot suscite également beaucoup d'inquiétudes : depuis Isaac Asimov et ses lois morales dictant la conduite du robot [2] jusqu'au très sérieux dossier d'Implications philosophiques [3] qui réfléchit à l'octroi de droits aux robots afin de garantir l'intégrité de notre propre humanité. Les robots inquiètent autant qu'ils fascinent, car ils peuvent aussi refléter nos imperfections (la haine, la violence, la convoitise, la folie, etc.), mais en pire...

Le fantasme d'une armée de robots indestructibles sans conscience (que l'on retrouve souvent dans la Science Fiction comme dans la nouvelle Nouveau modèle [4] de Philip K. Dick d'où sera tiré le film Planète Hurlante de Christian Duguay) n'est pas loin. L'autre inquiétude, que reflète bien la SF, est que le robot échappe totalement à notre contrôle, soit de manière technique (erreur de programmation, piratage) soit parce que nous lui aurions donné une conscience qui l'émancipe suffisamment pour qu'il échappe à notre contrôle (HAL dans 2001 l'Odyssée de l'Espace, de Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick par exemple)... Quelles qu'en soient les raisons, la coexistence avec des êtres, par définition supérieurs à nous (en force, en intelligence, en résistance), fussent-ils créés et contrôlés par nous, est une source d'inquiétudes légitimes qui alimente depuis longtemps notre imaginaire et ravive nos angoisses d'asservissement (à l'échelle de notre espèce, comme dans la Planète des Singes). Tout ceci n'est évidemment pas sans nous rappeler le mythe d'un certain docteur Faust : entre progrès scientifiques, soif de connaissances, ambitions aux limites sans cesse repoussées, un pacte avec le diable peut être contracté sans même que nous nous en rendions compte.

Quoiqu'on en dise et qu'on voudrait nous faire croire, la problématique concernant les robots n'est pas restreinte aux seuls champs technologiques et scientifiques. La promiscuité et la relation que nous entretenons et continuerons de tisser à l'avenir avec les robots posent également d'autres questions (abordées finalement par la science fiction avant tout le monde) d'ordre éthique, eschatologique, anthropologique, psychologique, social. Il serait parfaitement irraisonné de les occulter car répondre à ces questions revient à fixer et à définir les limites, les rôles et les relations entre le créateur et sa création.

Humain, trop robot, avez-vous dit ? Non ! Robot, trop humain.


[1]  La Condition Postmoderne, Jean-François Lyotard, Coll. Critique, Editions de Minuit, 1979

[2]  "Les Robots", Isaac Asimov, J’ai lu, 1967 

 « Première Loi : ‘Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.’ ;

 Deuxième Loi : ‘Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.’ ;

 Troisième Loi : ‘Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.’ » 

[3]  http://www.implications-philosophiques.org est un site d'expression philosophique et éthique qui regroupe des étudiants avancés issus de disciplines variées. Le dossier sur les robots est ici.

[4]  Second Variety, Philip K. Dick, 1953

23 septembre 2009

Robots trop humains - 4

Homodroïde


par Pandora

Premier jour
J’ai réinitialisé et reprogrammé l’homodroïde. Cette fois je lui ai adjoint un droïde B658 afin qu’il se sente moins seul et progresse plus rapidement. Pour que nous puissions comparer le développement des deux robots aussi. C’est la dernière tentative, la direction m’a prévenu qu’elle coupera les financements en cas de nouvel échec.
Je suis confiant, j’ai tiré les leçons des précédentes expériences. Je sais comment transformer un robot en humain. Kaéra dort déjà, mais moi je suis beaucoup trop excité.
J’appelle une dernière fois le laboratoire même si je sais qu’il ne se passera rien d’intéressant cette nuit. Alixaire décroche et me répond avec un sourire dans la voix : c’est la dixième fois que j’appelle ce soir. Cela me ramène dix années en arrière, à la naissance de notre fils, quand je saturais le standard de la maternité à force de coups de fil ! Les droïdes explorent les lieux de leur démarche lente et mécanique. Même avec une IA bourrée à craquer des programmes et processeurs les plus récents, ils ont besoin de temps pour apprendre à vivre dans leur nouvel environnement et se l’approprier.

Deuxième jour
Curieux, les droïdes se sont précipités vers moi à mon arrivée. Alixaire m’a dit qu’ils avaient visité le laboratoire toute la nuit. Ils ont ouvert et fermé les portes et les placards, se sont branchés sur chaque borne informatique et holographique, ont allumé les équipements et exploré les pièces dans les moindres recoins. Elle les a laissé faire, conformément au protocole d’expérimentation. Ils ne parlent pas encore mais c’est normal. Je les ai salués pour qu’ils connaissent ma voix et ils m’ont suivi quand j’ai rejoint mon bureau. Ils ont observé ce que je faisais jusqu’à ce que Garminaël les emmène en salle de projection. Je ne doute pas qu’ils reproduiront mes gestes dès qu’ils en auront l’occasion. Nous avons choisi de leur faire visionner les films de développement habituels et ils ont gardé leurs capteurs visuels rivés sur l’écran pendant toute la journée. Même si c’est plus long, je souhaitais que cet apprentissage se fasse à l’ancienne et non par rajout direct de ces programmes à leur IA. Inutile de submerger des processeurs déjà très occupés à intégrer les souvenirs humains que j’y ai ajoutés.
Kaéra était déjà couchée quand je suis rentré. J’ai mangé seul comme chaque soir ou presque, alors que j’aurais eu tellement de choses à lui raconter.

Troisième jour
Nous avons eu un petit incident à déplorer en fin de journée, quand l’homodroïde a voulu déshabiller Magwel. Mais je suis sûr qu’il a compris que ça ne se faisait pas et les médecins nous ont garanti qu’elle pourrait sortir de l’hôpital avant la fin de la semaine. Nous allons retirer « Emmanuelle » des films qu’on leur passe, c’est un genre inutile pour un robot. Sinon les deux droïdes se sont comportés quasiment de la même façon.
Nous les laisserons en veille demain pour qu’ils assimilent toutes les nouvelles  informations reçues. Cela permettra aussi que les esprits échauffés se calment ; certains de mes collaborateurs veulent réinitialiser mes droïdes. Comme si on pouvait accuser une machine d’avoir de mauvaises intentions !
Cela m’arrange puisque je dois accompagner Kaéra pour son rendez-vous à l’hôpital. Si le psychiatre me répète encore qu’il la trouve mieux, alors que depuis un an, elle n’en finit pas de sombrer et dépérir, je lui balance mon poing dans la figure. Au moins, moi, je me sentirai mieux.

Cinquième jour
En tant que responsable de l’expérimentation – mais aussi chef du laboratoire - c’est moi qui ai réactivé les IA. L’homodroïde m’a regardé et a prononcé son premier mot : « Papa !» ; j’ai encore la chair de poule à ce souvenir. Il a un énorme besoin d’interaction avec le personnel humain du laboratoire et poursuit mes assistants partout pour qu’ils jouent avec lui. Même aux toilettes. J’ai finalement accepté de retirer le module « sport de combat » de son IA. Non que je craigne un nouvel accident mais je voulais rassurer mon équipe ; elle menaçait de tout arrêter et de me lâcher pour rejoindre le laboratoire de génétique agricole si je ne faisais pas quelque chose. B658, lui, ne parle pas encore et il est surtout attiré par les appareillages électroniques qu’il manipule avec une dextérité remarquable. Probablement grâce au processeur XC54 que nous lui avons rajouté.
J’ai prévu de passer la journée de demain avec eux.
J’aurais aimé partager toutes ces bonnes nouvelles avec Kaéra, mais les médecins ont préféré l’hospitaliser pour une narcothérapie. Je prie le ciel pour que cette expérience aboutisse enfin.

Sixième jour
Les deux droïdes m’ont attendu en guettant le sas ; mon équipe leur avait dit que nous allions jouer ensemble et ils n’ont encore que six jours. Ils parlent très bien maintenant et maitrisent parfaitement huit cent neuf langues. Nous ne retrouvons plus le programme d’apprentissage du thauréen ni celui de l’anglais, mais ce sont des langues mortes donc inutiles. J’ai noté les regards gênés de mes collaborateurs, quand l’homodroïde m’a demandé de l’appeler Drewan au milieu de deux longues phrases d’un babillage incessant : « C’est lui qui voulait absolument ce prénom : impossible de lui en faire choisir un autre ! ». S’ils savaient combien cela me réjouit ! Bien que disposant désormais de la même quantité de vocabulaire, B658 ne parle lui qu’en réponse à une question. Le contraste est d’autant plus saisissant que les deux droïdes sont d’apparence rigoureusement identique.
Nous avons passé l’après-midi à jouer. Si B658 s’amuse et prend du plaisir au jeu, Drewan veut gagner et se montre très mauvais perdant. Il m’a presque semblé qu’il trichait alors que c’est impossible puisque je ne lui ai pas installé ce module. Cela va pourtant dans le sens de ce que m’a rapporté Garminaël et que je n’arrivais pas à croire : l’homodroïde mentirait. Je me repasserai les enregistrements demain matin pour vérifier tout cela.

Septième jour
C’était l’effervescence au laboratoire à mon arrivée, plus tardive qu’à l’habitude. Je suis passé voir Kaéra à l’hôpital. B658 était complètement désactivé. Les techniciens ont rapidement diagnostiqué la panne et son origine : un dysfonctionnement de l’IA. Les enregistrements de la nuit nous ont permis de comprendre ce qui s’était passé : Drewan a mis en veille B658 pour lui prendre certains processeurs et les intégrer à sa propre IA. Il a ensuite complètement détruit celle du droïde. J’ai vu bien des humains mentir avec aplomb, mais Drewan les surpassait tous. Il a nié farouchement jusqu’à ce qu’il soit confronté à l’hologramme de la nuit. Il a alors essayé de justifier son geste : je me serais trop occupé de B658 et pas assez de lui.
Mensonge, jalousie et même meurtre, le succès de l’expérience ne fait aucun doute : j’ai réussi à créer un droïde humain. Mes collaborateurs trouvent qu’il est trop humain. On n’est pourtant jamais trop vivant.
J’ai ramené Drewan avec moi, malgré l’opposition des membres de mon équipe. C’est moi le responsable du laboratoire. Il a été content de retrouver sa chambre. Il l’a parcourue en tous sens de ses petits pas grinçants, se réjouissant de reconnaître ses jouets. Dommage que sa maman n’ait pas été là pour l’accueillir dès ce soir. Nous irons la chercher demain et quoiqu’en disent les médecins, nous rentrerons tous à la maison. Elle sera tellement heureuse ! J’ai hâte de revoir son sourire.
Tant pis s’il ment, s’il triche et s’il est jaloux. Tant pis s’il tue.
Notre petit Drewan est revenu.

* * *

En réponse à l'appel des robots trop humains

21 septembre 2009

Fan de fanes

Fan-art

8Bricoler

Chez les fanes de carottes,

en plus de lire, écrire, photographier...

nous avons également tendance parfois à vous faire bricoler.

Qui est prêt à dégainer son marteau pour ce dernier fan-art ?

1- MAP

2- Cacoune

3- Pandora

4- Mc d'augé

5- Ekwerkwe

6- Vanina

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19 septembre 2009

Quand la science et la fiction se rejoignent

Quand les hommes traitent les robots comme des objets

InFolio - Llo - Stellasabbat


Comme nous l’avons vu, de nombreux travaux des chercheurs tendent à donner un aspect humain et des actes humanisés aux robots. Au Japon, un pays où la population âgée est importante, le but de nombreux robots est de tenir compagnie et de venir en aide aux personnes âgées. Par ailleurs, Repliee [1], qui peut être employée pour faire des conférences ou de l’accueil, semble tellement humaine que gens mettent un certain temps pour réaliser qu’il s’agit d’un robot qui s’exprime. De même, Aïbo [2] de Sony est programmé de manière à remplacer un chien dans une famille.

On peut alors s’interroger pour déterminer dans quelle mesure ils peuvent être considérés comme des objets. La Science-Fiction aborde d’ailleurs très souvent ce thème comme dans le film I, Robot (issu d’une nouvelle d’Isaac Asimov) qui porte une réflexion sur l’humanité du robot « Sony » qui a un libre-arbitre et est unique.


Ces interrogations se placent parfois du point de vue des robots, comme dans la nouvelle « L’Homme Bicentenaire » (1976), également d’Isaac Asimov et adaptée au cinéma par Chris Colombus (1999). Elle met en scène Andrew, un androïde qui suite à un disfonctionnement développe des émotions et veut être reconnu comme humain.

De même, dans le film « A.I. » de Steven Spielberg (2001), l’enfant robot, David, est programmé pour donner un amour sans limites à ses parents adoptifs et n’a pas conscience qu’il n’est pas un vrai enfant. Les parents, à l’opposé, malgré l’affection qu’ils lui portent conservent en tête le fait qu’il est une machine.

Mais il arrive également que cette question soit un fait de société. Ainsi, dans les nouvelles du cycle de la « Culture » d’Iain Banks, la société à tendance anarchique nommée « La Culture » possède un degré de tolérance extrêmement élevé. Elle se compose aussi bien d’humains, d’extra-terrestres, que de machines tels des robots dotés d’intelligence appelés drones et des supercalculateurs appelé mentaux. Les intelligences artificielles mécaniques ont exactement le même statut social que les êtres organiques. Ailleurs, dans l’univers d’autres civilisations plus rigides sont en général moins tolérantes envers les machines.

De même, dans « Blade Runner », le roman de P. K. Dick, ou le film éponyme, certaines personnes militent pour que les réplicants aient les mêmes droits que les êtres humains. Rick Deckard démissionne de la Police car il considère le nouveau modèle, le Nexus 3, trop humain pour être considéré comme un objet. Or, les robots étant bannis de la Terre, c’est le rôle des policiers de les démasquer et de les abattre. Sur d’autres planètes où ils sont autorisés, d’autres désapprouvent le fait que les robots soient traités comme des sortes d’esclaves de caste inférieure. A l’inverse, généralement, les notables (hommes politiques) et les journalistes les décrivent comme des objets.

La même idée du robot reclus dans certaines zones se retrouve dans la version d’Ozamu Tezuka de « Métropolis » : les robots qui quittent la zone sous-terraine vers laquelle ils sont attitrés sont abattus. Étonnant parallèle, dans le « Métropolis » de Fritz Lang, ce ne sont pas des robots mais des ouvriers humains qui sont parqués dans les zones inférieures de la ville.

C’est d’ailleurs sans doute par rapport à la question du travail que les robots interrogent le plus notre société. Le mot même robot, inventé par l’écrivain, journaliste et dramaturge Karel Capek à partir du mot tchèque "robota", signifie dur labeur ou corvée. Si la robotique s’est développée d’abord aux Etats-Unis, son essor y a été stoppé par l’action des syndicats, qui se sont opposés à l’automatisation des procédés de production. De même, dans « Blade Runner » dans certaines usines, les syndicats s’opposent au remplacement des humains par des machines. Au Japon, en revanche, la faiblesse des syndicats a permis le développement de la robotique ce, dans un contexte particulier : celui de la fin de la Seconde Guerre mondiale, où la relance de l’industrie japonaise était grevée par le manque de main-d’œuvre.

Les robots sont déjà très présents dans notre quotidien où ils effectuent les tâches les plus répétitives et les plus dangereuses, souvent sans que nous y prêtions attention (par exemple, l’ouverture automatique des portes). Ils devraient, d’ici une dizaine d’années, accomplir toute une série de « tâches plus mécaniques et plus laborieuses : le nettoyage des rues et des immeubles, l’assistance domestique, le soin aux personnes âgées. Ils seront également très présents dans les interventions à haut risque comme celles de lutte contre le bioterrorisme, la manipulation de substances toxiques, les tâches environnementales. Les robots iront surtout là où l’homme ne doit pas aller : dans les régions extrêmes, pour l’exploration spatiale et sous-marine. » [3]

En ce sens, l’automatisation de la société constitue une solution pour nous libérer de ces tâches répétitives, ingrates et faussement garantes de notre indépendance et de notre autonomie. Pour autant, en dotant les robots d'émotions humaines, ne risque-t-on pas de voir se réaliser le scénario imaginé en 1921 par Karel Capek, dans sa pièce « RUR (Rossum’s Universal Robots) » : les robots, fabriqués par l’homme pour accomplir les tâches les plus pénibles, ne finiront-ils pas se rebeller contre leur créateur ? A moins que le message de Capek ne soit adressé à nous, humains ?


Et traiter les robots comme des hommes a certaines limites. Mais comment statueraient des juges s’ils avaient à juger l’ordinateur HAL de « 2001, l’Odyssée de l’Espace » pour l'assassinat de l'astronaute Frank Poole ? Ils auraient à statuer sur l'aptitude d'une machine consciente à prendre des décisions, et devraient définir sa responsabilité pénale. Inversement, si HAL est jugé conscient de ses actes, Dave Bowman devrait-il être jugé pour l’avoir débranché ? Cela pourrait-il être considéré comme de la légitime défense ?


[1] http://www.sur-la-toile.com/article-758-Repliee-Q1-Un-andro%EFde-tres-realiste.html

[2] http://support.sony-europe.com/aibo/index.asp?language=fr

[3] Kazuhito Yokoi, co-directeur du laboratoire franco-japonais de robotique de Tsukuba, cité in « Hommes et machines doivent apprendre à se comprendre », Publico, Madrid,       article repris dans le supplément technologies de Courrier International, n° 941, 13-19 novembre 2008, p. III.    

17 septembre 2009

Robots trop humains - 3

Non homologué

Shi May Mouty


Il est beau. Cheveux dorés et bouclés. Grands yeux aux iris bleus semés de particules d’or. Nez droit et fin. Bouche aux lèvres savoureuses. Joues légèrement creuses, arcades légèrement marquées. Un visage viril sur lequel sommeille un je-ne-sais-quoi d’enfantin. Une barbe de trois jours, comme tous ces hommes qui savent mettre en valeur leur caractère à la fois farouche et appliqué. Un corps aux muscles dessinés et aux proportions parfaites, comme ces statues antiques qui exaltent la beauté du corps. Sa peau, fine et veloutée est une réussite esthétique totale. Quand on pose la main sur son corps, on sent comme une tendre chaleur, une inégalable douceur.

Il marche avec cette détermination qu’ont les hommes qui savent où ils vont. Tout en souplesse, les yeux levés, le visage inexpressif comme perdu dans des pensées. Mais vous le croisez et ses yeux soudain pétillent, deviennent rieurs, sa bouche esquisse un sourire avenant. Il court comme un athlète, et son corps en mouvement peut emprunter la grâce d’un danseur. Et son intelligence ? Extraordinaire. Il peut, avec la même rigueur, parler de philosophie, de littérature, de physique quantique, de biologie moléculaire ou tout simplement d’art culinaire. Il connaît de nombreux poèmes qu’il déclame avec beaucoup d’émotion.

En tous points, il était parfait. C’était D7R7bis, le dernier né de la série humanoïde construit par la FIN – Fédération Internationale de Nanorobotechnologie. Cette perfection, programmée dans les circuits positroniques de son cerveau, avait un objectif unique : rendre les humains heureux.

Il avait été initialement conçu en tant que simple robot ménager. Il savait effectuer toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement d’une maison. Il savait tout faire. Il était méticuleux et consciencieux.

Placé à titre d’essai dans différentes familles, D7R7bis avait d’abord ravi les enfants. Il leur chantait des berceuses ou leur racontait des histoires, le soir au moment du coucher, ce que leurs parents ne trouvaient plus le temps ou n’avaient plus le goût de faire. Il jouait avec eux, n’hésitant pas à prendre les rôles ingrats, sujets habituels de nombreuses disputes, comme compter pendant que les enfants se cachaient.  Il était également présent pour leur faire travailler leurs leçons, souvent de manière ludique, ce qui rendait l’apprentissage tellement plus intéressant.

Il avait également satisfait les parents. Les pères avaient l’esprit libéré en rentrant du travail de savoir que les enfants avaient bien joué, et bien appris leurs leçons. Ils étaient alors souvent déjà couchés et bordés. Ils trouvaient leur épouse reposée. R7D7bis n’était pas avare d’un coup de main sur quelques dossiers et pour prodiguer quelques conseils judicieux pour résoudre des situations professionnelles délicates. Il était également un agréable interlocuteur, s’adaptant discrètement à l’opinion exprimée par le maître de maison.
Les plus enthousiastes, sans conteste, étaient les épouses dont le travail se trouvait très allégé, car il lavait, repassait, cuisinait, nettoyait...

Cependant, progressivement, lorsque les enfants étaient partis à l’école, le mari à son travail, quand elles se retrouvaient seules à la maison, elles avaient fini par s’ennuyer ; Elles cafardaient en ruminant leur solitude. Alors, R7D7bis avait voulu les réconforter. Il savait se montrer compatissant, et même tendre s’il le fallait, pour les rendre heureuse à nouveau. Tendre en parole. Si le cerveau le lui ordonnait, aussi en gestes.
Ses mains étaient si douces, ses lèvres si suaves…
Comment aurait-on pu y résister ? Bien sûr, les protestations des époux ne tardèrent pas à affluer au siège de la FIN : R7D7bis prenait sa tâche trop à cœur, ça ne pouvait plus durer. Les lettres affluaient, toutes argumentées de motifs plus ou moins fallacieux, exagérant parfois la réalité, mais sans jamais exprimer la cause profonde de leur malaise, jamais de détail sur les causes réelles. Il y avait certainement dans ces réactions une part de jalousie. Cette frustration de l’homme qui se sent remis en cause dans sa virilité, ce robot mettant nettement en relief leur propre inaptitude à rendre leur femme heureuse. Une compétition qu’ils savent perdue d’avance.
En tout état de cause, leur conclusion était toujours la même, ce robot devait quitter leur domicile.

Bien sûr, on argua qu’un R7D7bis ne faisait qu’obéir aux impulsions de son cerveau positronique, qu’il remplissait avec beaucoup d’efficacité les fonctions pour lesquelles il avait été programmé : rendre les humains heureux.
Bien sûr, les essais furent interrompus. Les quelques modèles mis à disposition furent rapatriés. Enfants et épouses en furent bien attristés. Mais les époux, soulagés. R7D7bis ne fut pas homologué, on le mit, lui et son programme de développement, définitivement au rebut.
Et on l’y oublia.

L’ex-épouse du PDG poussa un soupir, au souvenir de toute cette affaire. Elle avait quitté son mari suite à ce scandale. Elle vivait désormais dans un loft confortable, financé par la location discrète à quelques amies d’un certain objet dont le nom ne doit plus être prononcé. C’est vrai qu’il est si beau, avec ses cheveux dorés et bouclés, ses grands yeux aux iris bleus semés de particules d’or, son nez droit et fin, et surtout sa bouche aux lèvres savoureuses… et tellement attentionné…



*   *   *

Ce magnifique robot a répondu l'appel irrésistible de "Robot Trop Humain"

14 septembre 2009

Robots trop humains - 2

La folie gagne

MAP



MAP_FolieGagne2

ATTENTION :

Si  votre ROBOT-IMPRIMEUR est en surchauffe, il est alors nécessaire de remplacer son circuit intégré « ORTHO-PLUSSE » par « ORTHO-LENT » !
Les résultats seront bien meilleurs même s’ils sont moins rapides !

(d’après une sculpture de Jean No)

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En réponse à l'appel des robots trop humains

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09 septembre 2009

Robots trop humains - 1

Robot Tro Pu Ming

MAP


MAP_ROBOT_TRO_PU_MING2

(d’après une sculpture de Jean No)

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En réponse à l'appel des robots trop humains.

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