03 janvier 2010

Le feuilleton du dimanche

Chroniques d'Octavie

Après quelques mois d'absence, il est temps de retrouver le feuilleton du dimanche. Pas aujourd'hui toutefois, pas encore. Non, aujourd'hui, je me contenterai de vous présenter notre nouveau projet: ses origines, sa genèse, ses ambitions. Je me contenterai de vous faire espérer en attendant dimanche... prochain.

Projet d'écriture collective et partageuse, ce nouveau feuilleton a pour point de départ le bijou atypique et inclassable de Calvino, Les villes invisibles. Ce livre n'est pas un roman: c'est un atlas imaginaire1 des villes visitées par Marco Polo et racontées à Kublai Khan. Villes aux noms de femmes, elles sont rêvées, idéales (et parfois dystopiques), et combinent en récits ultra courts critique sociale et merveilleux.

Cependant, cette immense géographie impossible était bien trop vaste pour pouvoir complètement se l'approprier. Il fallait n'en garder qu'une ville: ce fut Octavie.

Si vous voulez me croire, très bien. Je dirai maintenant comment est faite Octavie, ville-toile d'araignée. Il y a un précipice entre deux montagnes escarpées: la ville est au-dessus du vide, attachée aux deux crêtes par des cordes, des chaînes et des passerelles. On marche sur des traverses de bois, en faisant attention à ne pas mettre les pieds dans les intervalles, ou encore on s'agrippe aux mailles d'un filet de chanvre. En-dessous, il n'y a rien pendant des centaines et des centaines de mètres: un nuage circule; plus bas on aperçoit le fond du ravin.

Telle est la base de la ville: un filet qui sert de lieu de passage et de support. Tout le reste, au lieu de s'élever par dessus, est pendu en dessous: échelles de cordes, hamacs, maisons en forme de sacs, porte-manteaux, terrasses semblables à des nacelles, outres pour l'eau, becs de gaz, tournebroches, paniers suspendus à des ficelles, monte-charges, douches, pour les jeux trapèzes et anneaux, téléphériques, lampadaires, vases de plantes aux feuillages qui pendent.

Suspendue au-dessus de l'abîme, la vie des habitants d'Octavie est moins incertaine que dans d'autres villes. Ils savent que la résistance de leur filet a une limite.

Utopie incertaine qui explore les possibilités d'une vie suspendue au-dessus du vide, Octavie transcende la banalité du quotidien. Quatre auteurs et une photographe-illustratrice ont investi la topographie fantastique de la ville, et son double corollaire: la certitude de la chute, la tension de l'attente. Chacune s'est faite le porte-parole d'un Octavien, d'une de ces vies en équilibre.

Feuilleton choral, ces Chroniques tissent des liens et des ponts d'un épisode à l'autre, croisant personnages, trajectoires et points de vue pour, au final, mêler à la trame rouge du filet les rêves d'un enfant perdu dans ses désirs, les astuces d'un facteur bricoleur et justicier à ses heures perdues, les doutes d'une prophétesse rebelle et les peurs d' un jongleur mystérieux et inspiré.

Ainsi, que vous ayez le pied sûr ou que vous connaissiez tous les délices du vertige, nous vous donnons rendez-vous... dimanche prochain, 8 heures, au-dessus de l'abîme.

01___z_544___Ouverture

Illustration: Tilu

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1 Authologies: Italo Calvino

Posté par ekwerkwe à 08:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le feuilleton du dimanche

    J'ai bien noté le rendez-vous ! J'y serai !!! De pied ferme !!!

    Posté par MAP, 03 janvier 2010 à 22:08 | | Répondre
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