05 mai 2008
Le défi aux Fanes - 2
Lorsque Papistache a proposé aux Fanes son feuilleton, il leur a aussi lancé un défi : réécrire chaque épisode en adoptant un autre point de vue...
Les Fanes ne se sont pas dérobées et cette semaine Ekwerkwe s'est penché sur le deuxième épisode du feuilleton "Joyeux anniversaire, Georges !" en imaginant la version de mademoiselle Julie :
Tout en repassant sa jupe pour le lendemain, mademoiselle Julie repensait à la journée écoulée, et elle était perplexe. La veille, Georges était si pâle quand il était entré dans la salle des professeurs, à la récréation du matin, qu’elle avait cru qu’il allait s’évanouir. Elle s’était précipitée vers lui et elle l’avait vu reculer, oui, reculer de plusieurs centimètres lorsqu'elle s’était penchée vers lui et avait posé la main sur son front. Il avait peut-être une légère fièvre mais, qu’elle sache, elle n’avait pas une haleine de troll. Elle qui croyait qu’il lui suffisait d’un battement de cils pour faire rougir Georges plus qu’un soleil couchant, elle en avait été profondément vexée. Il est vrai qu’il avait l’air malade : rien de tel qu’une gastroentérite pour anéantir un grand gaillard.
Et voilà qu’aujourd’hui, Georges l’évitait ! Il avait les yeux fuyants quand elle lui parlait, et ce midi il avait déjeuné dans sa classe – l’équivalent, dans le petit monde clos de l’école, d’une déclaration de guerre. Et pour finir, il avait tout simplement disparu, abandonnant ses élèves au professeur de musique et perturbant le fonctionnement de l’école toute entière. Que lui arrivait-il donc ?
Dans d’autres circonstances, mademoiselle Julie aurait mené l’enquête à domicile, après l'école, et aurait éventuellement joué les infirmières avec beaucoup de dévouement. Mais mademoiselle Julie était fiancée, et elle n’avait nullement l’intention de faire des infidélités à son taciturne et bientôt cossu sous-directeur de banque – du moins, pas pour l’instant. Simplement, elle était aussi terriblement coquette, et jouer les ingénues aux joues roses avec ce grand benêt de Georges mettait dans ses pauses cantine un piquant auquel elle n’avait pas l’intention de renoncer.
Au fond, elle était plutôt brave fille… et puis, elle le préférait en amoureux transi : elle sauverait Georges malgré lui ! Et on verrait bien alors s’il osait ne pas se transformer en coquelicot quand elle le frôlait dans un couloir !
Les plis de la jupe éliminés à grandes presses de vapeur rageuse, sa décision prise, mademoiselle Julie se sentait mieux. Elle s’empara du téléphone.
Commentaires
Un brin coquine la miss Julie...
Allumeuse ou simplement candide?... un subtil mélange des deux il me semble...
J'aime bien ces réécritures. On croit tout connaître d'un personnage et une part de sa vie vous échappe.
Je suis sûr que Georges ignore tout du banquier.
Oh! Mince! J'suis un peu déçue. Je ne l'imaginais pas comme ça, Julie!
;)
A dire vrai, moi non plus je ne l'imaginais pas comme ça! C'est pour ça que j'ai voulu creuser un peu les à-côtés, ne pas en proposer la même image éblouie que Georges, qui ignore tout du banquier, bien sûr...
;)
j'aime beaucoup ce feuilleton défié !
Une chipie!
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